Ce vendredi 26 juin se tenait un CSA Ministériel, avec à l’ordre du jour un point portant sur la création de la Direction des Victimes et des Usagers (DVU).
Sur la volonté du garde des Sceaux, cette direction, rattachée à l’administration centrale du ministère de la Justice, au même titre que le Secrétariat Général et les autres directions (DGAP, DSJ, DACS, DACG, DPJJ), se dote d’une double mission :
Recentrer et rendre plus efficientes la prise en charge et l’aide aux victimes
Améliorer la qualité du service public de la Justice à destination des usagers
Si FO Justicene peut que souscrire à cette volonté, en particulier en ce qu’elle donne une place centrale aux victimes, une barrière idéologique nous empêchait jusqu’alors d’apporter notre approbation aux textes présentés dans leur rédaction initiale.
En effet, l’administration a sciemment voulu inclure dans la notion d’usagers, les personnes détenues et les Personnes Placées Sous-Main de Justice (PPSMJ), allant même jusqu’à l’écrire noir sur blanc dans le décret.
Une Ligne Rouge pour FO Justice !
Mélanger au sein d’une même direction les victimes et les auteurs n’est tout simplement pas acceptable!
C’est pourquoi FO Justice a travaillé en amont, et déposé des amendements afin d’exclure les personnes détenues et les PPSMJ du champ de la DVU.
L’UNSA a également présenté des amendements, selon une rédaction et une approche différente. En revanche, la CGT, fidèle à son positionnement idéologique, a affirmé ne voir aucun problème à associer victimes et auteurs au sein d’une même direction.
Pour parvenir à une version acceptable, FO Justice a su peser de tout son poids pour faire entendre raison à l’Administration, laquelle a repris à son compte nos amendements, et cédé à nos exigences pour exclure complètement et définitivement du champ de la DVU les personnes détenues et les PPSMJ.
Dans ces circonstances, bien que ce décret soit imparfait dans son fondement, FO Justice ayant été entendu sur le point de blocage majeur, a pu se positionner en responsabilité en votant l’abstention sur ce texte. La CFDT a fait de même, alors que l’UNSA et la CGT s’y sont opposés.
Cette DVU verra donc bien le jour prochainement, mais dans une version qui, sous l’impulsion de FO Justice, est désormais rendue conforme à l’éthique et la morale.
FO Justice sera toujours du coté des victimes… pas des auteurs !
Au sein du ministère de la Justice, les assistantes et assistants de service social (ASS) accompagnent quotidiennement des agents, des familles et des publics confrontés à des situations parfois complexes :
➡️ DIFFICULTÉS SOCIALES,
➡️ PROBLÈMES DE LOGEMENT,
➡️ ACCIDENTS DE LA VIE,
➡️ SITUATIONS FAMILIALES DÉLICATES,
➡️ PRÉCARITÉ, ENDETTEMENT,
➡️ SOUFFRANCE AU TRAVAIL,
➡️ OU ENCORE PROBLÉMATIQUES DE SANTÉ.
Non, les ASS ne font ni du bénévolat ni des bonnes œuvres, Elles exercent un métier !
Un métier qui repose sur une formation spécifique, des compétences reconnues, une expertise professionnelle et le respect d’une déontologie exigeante. Pourtant, sur l’ensemble du territoire, les remontées des collègues se multiplient :
➡️ Des postes restent vacants pendant de longs mois.
➡️ Des recrutements tardent à aboutir.
➡️ Des secteurs sont redistribués entre professionnels déjà fortement sollicités.
➡️ Des continuités de service deviennent la règle alors qu’elles devraient rester exceptionnelles.
À chaque poste non remplacé, ce sont les ASS qui absorbent la charge supplémentaire afin de garantir la continuité de l’accompagnement social.
Par conscience professionnelle, les ASS répondent présents, mais chacun sait que cette situation a ses limites.
Chaque poste vacant reporte la charge sur les collègues en poste et fragilise l’accompagnement social proposé aux agents et aux publics.
À force de devoir compenser les manques, les professionnels s’épuisent et le temps consacré à l’accompagnement social se réduit. Dans le même temps, les ASS sont parfois sollicités pour intervenir bien au-delà de leur cœur de métier, au sein de la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP) comme de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), au risque de voir leur expertise se diluer et leur identité professionnelle s’effacer progressivement.
► FO Justice – ASSrefuse cette évolution, les ASS ne sont pas une variable d’ajustement destinée à combler les insuffisances de moyens. Les ASS sont des professionnels qualifiés dont l’expertise est indispensable au bon fonctionnement des services et à l’accompagnement des personnes qui leur sont confiées.
FO Justice – ASSdemande :
Une politique de recrutement permettant de pourvoir rapidement les postes vacants
Une visibilité claire sur les effectifs et leur évolution
Une reconnaissance équitable des surcharges de travail liées aux continuités de service
Le respect des missions propres aux assistantes et assistants de service social
Une meilleure prise en compte de la situation des collègues contractuels
Une véritable reconnaissance de l’expertise sociale au sein du ministère de la Justice
Préserver les ASS, ce n’est pas défendre une corporation, c’est préserver un accompagnement social de qualité pour l’ensemble des agents et des publics du ministère de la Justice.
Les ASS ne demandent ni privilèges ni traitement particulier…
Simplement les moyens d’exercer pleinement leur métier et de mettre leur expertise au service de celles et ceux qu’ils accompagnent !
ASS, ensemble demeurons vigilants pour défendre notre corps sans y laisser notre peau professionnelle
Le 26 juin 2026 se sont tenus le CSA et le CSA FS de notre établissement. FO Justice Val de Reuil y a porté la voix des personnels et vous rend compte, sans détour, des points abordés, des positions que nous avons défendues et des décisions actées.
Point sur le budget :
Comme chaque année, l’administration nous a présenté un budget en baisse. FO Justice le dénonce sans ambiguïté : ce sont la structure et, avec elle, les conditions de travail des agents qui en subissent de plein fouet les conséquences. Nous refusons que les personnels soient, une fois encore, la variable d’ajustement des restrictions budgétaires.
Point sur les ACT 2026 :
L’ensemble des projets présentés au titre des ACT 2026 a été accepté, à l’exception des stores et des volets, renvoyés à l’expression des besoins. Les climatisations, jugées trop nombreuses, ont quant à elles été retirées : le budget ayant explosé avec ces dernières, elles feront l’objet d’un plan climatisation dédié. FO Justiceexigera que ce plan se traduise par des actes concrets, et non par de simples intentions.
Point sur les élections professionnelle 2026 :
L’administration nous confirme que le vote se déroulera bien par voie électronique du 03 au 10 décembre 2026. L’établissement souhaitait que les agents votent depuis les salles de repos : FO Justices’y est fermement opposé. Nous avons exigé que l’ensemble des agents puissent voter dans une salle dédiée, garantissant la confidentialité du scrutin. Une salle de repos n’est pas un bureau de vote, et le secret du vote ne se négocie pas.
Origine 2.0 (Chrono time) :
Une nouvelle application, Origine 2.0 (Chrono Time), viendra prochainement remplacer Origine. Nous vous invitons à sauvegarder vos données par capture d’écran avant la mise en route de ce logiciel.
INCIDEO :
Ce nouveau logiciel de remontée d’incident, appelé à remplacer PRINCE, sera prochainement mis en test sur notre établissement. La direction nous a annoncé qu’il serait géré par les agents du BGD. FO Justice a immédiatement émis les plus vives réserves : ce service supporte déjà une surcharge de travail considérable, sans compter l’engorgement des procédures disciplinaires. Nous demandons à la direction de revoir son positionnement et de cesser de faire reposer toujours plus de charge sur des agents déjà sous tension.
Etat des RH de l’établissement :
Dès notre déclaration liminaire, FO Justice a dénoncé l’état catastrophique des RH de l’établissement.
On voudrait nous faire croire que notre établissement entre dans la « norme » avec ses 91% de couverture : comment un tel chiffre pourrait-il être acceptable ? Pour FO Justice, le seul taux decouverture acceptable, c’est 100%. Nous exigeons que l’administration relève ses schémas d’emplois et remplisse enfin les organigrammes de référence. Les agents ne doivent plus payer le prix des postes laissés vacants.
Point sur l’absentéisme :
L’administration nous a communiqué les chiffres de l’absentéisme, et notamment les statistiques liées aux décisions de trentièmes. Du 1er janvier au 31 mai 2026, 149 trentièmes ont été imputés pour absence injustifiée au planning et 78 pour rappel à l’affichage à 6 jours.
L’administration nous informe également qu’un plan de lutte contre l’absentéisme verra bientôt le jour sur la DI de Rennes, à l’image de la DI de Paris où 3 demandes d’explications pour absences injustifiées suffisent à déclencher un passage en commission de discipline interrégionale. FO Justicesera particulièrement vigilant sur les contours de ce dispositif.
Pour FO Justice Val de Reuil, la position est sans ambiguïté : aucune absence sur rappel RH ne peut être considérée comme une absence injustifiée, et aucun retournement de responsabilité ne sera toléré.
L’administration est la seule comptable des carences : dans un établissement correctement dimensionné, une absence reste un événement de gestion, et non un événement de crise comme c’est le cas aujourd’hui.
Nous le redisons clairement : le planning PGS n’est pas la cause de l’absentéisme, n’en déplaise à nos camarades de la CGT. Un retour en arrière n’est pas à l’ordre du jour, et ne le sera jamais.
Réorganisation des officiers :
La direction nous a exposé sa volonté de réorganiser le service des officiers en affectant un personnel du CDC sur chaque bâtiment. Officiellement, l’objectif est d’assurer davantage de présence d’encadrement sur les quartiers. FO Justice y voit pourtant un net recul : nous dénonçons la disparition du poste de Chef de division, qui dégrade la chaîne hiérarchique comme l’attractivité et la fonction de l’officier sur notre établissement. Hors postes profilés, l’officier de VDR se retrouve désormais condamné à stagner au poste de chef de bâtiment, sans aucune perspective d’évolution interne.
Résultat du vote :
⚪ FO Justice: Abstention
✅ UFAP: POUR
✅ CGT: POUR
Création des ELSP :
FO Justicedéplore que l’administration n’ait pas entendu nos revendications sur les ELSP. Une ouverture à 12 agents, assortie de créations de postes et permettant de monter des astreintes de nuit et de week-end, aurait constitué une véritable entrée en matière. La direction n’en retient que 7 agents, complétés par des référents ELSP en équipe, pour faire tourner une ELSP 24h/24 et 7j/7. Le compte n’y est pas. FO Justicedemande sans délai un entretien avec la direction : cette situation devient chaque jour plus préoccupante pour les conditions de travail comme pour la sécurité des agents ELSP, et nous n’attendrons pas le premier incident pour être entendus.
Questions diverses portée par FO Justice Val de Reuil :
Réorganisation des cantines :
FO Justice s’associe à un agent de la zone cantine-magasin qui a présenté un projet de réorganisation des distributions. Aujourd’hui, les cantines sont distribuées par catégorie de produit, une par jour, sur l’ensemble de la détention. Le projet propose au contraire de distribuer tous les produits, mais sur un seul quartier par jour. Cette inversion permettrait aux agents d’assurer les distributions en binôme et en sécurité. Nous avons obtenu l’ouverture prochaine d’un groupe de travail sur le sujet, et nous veillerons à ce qu’il aboutisse.
Indépendance du socioculturel et de l’US :
FO Justice a porté au vote du CSA la séparation claire de ces deux services.
Résultat du vote :
✅ Administration: POUR
✅ FO Justice: POUR
⚪ UFAP: Abstention
⚪ CGT⚪ : Abstention
Le résultat est sans appel : les agents du socioculturel ne remplaceront plus les agents de l’US sur les périodes d’absence.
Condamnation des bureaux de surveillant en unité et création d’un bureau unique de bâtiment :
À la suite des événements qui ont conduit des détenus du bâtiment H à exploser les kiosques surveillants d’une unité, FO Justice Val de Reuil a présenté un projet concret et ambitieux :
Nous demandons le déplacement des salles de musculation situées entre les unités 1 & 2, au rez-de-chaussée, vers les salles de ping-pong, afin de récupérer ces espaces et d’y créer de véritables bureaux uniques de bâtiment. Le surveillant retrouverait ainsi une place centrale dans la détention.
Les fenêtres donnant directement sur les bâtiments et la cour de promenade, les agents pourraient voir et intervenir bien plus rapidement en cas d’incident ou de projection.
Au-delà de la sécurité, ce sont l’espace, la discrétion et les conditions de travail des agents qui s’en trouveraient nettement améliorés. FO Justice travaille dès à présent à un projet concret et chiffré, que nous présenterons à la direction dans les meilleurs délais. Le principe a d’ores et déjà été validé sur le fond : nous veillerons à sa concrétisation.
Prime des personnels administratif (CIA) :
Les personnels administratifs se démènent chaque jour pour faire tourner l’établissement. Au même titre que les personnels de surveillance, ils sont une véritable pierre angulaire d’un établissement pénitentiaire : sans eux, les mouvements, les dossiers et la gestion quotidienne ne pourraient tout simplement pas fonctionner. Trop souvent invisibilisés, ces agents se voient pourtant privés de la seule reconnaissance qui leur est due. Le CIA n’est pas une faveur accordée au compte-gouttes : c’est la juste contrepartie d’un engagement réel, qui doit être attribuée avec équité et transparence.
Or, l’administration n’a pas été en mesure de nous communiquer les chiffres relatifs à cette prime. FO Justice exigera des précisions lors du prochain CSA Interrégional et ne manquera pas de revenir vers vous très rapidement. Sur ce dossier, notre ligne est claire : aucun personnel administratif ne doit être oublié ni lésé.
Greffe ( CSA FS) :
Depuis plusieurs mois, FO Justice dénonce la situation bâtimentaire du greffe. Nous demandons une extension de ses bureaux, indispensable pour absorber la surabondance des dossiers et offrir des conditions de travail décentes au personnel. La direction propose de déplacer le greffe dans l’actuel bureau des archives : une solution que FO Justice ne soutient pas et continuera de combattre tant qu’une véritable réponse ne sera pas apportée.
Effectif du service technique :
FO Justice dénonce avec force le sous-effectif criant du service technique : 4 agents seulement pour assurer la maintenance d’un établissement de cette taille. La situation est intenable. Cette équipe croule sous les demandes d’intervention d’une structure vieillissante, dont l’entretien exigerait des moyens humains bien supérieurs. Ce sont, jour après jour, l’état même de la structure et les conditions de travail de ces agents qui se dégradent. FO Justiceexige un renforcement immédiat des effectifs du service technique, à la hauteur des besoins réels de l’établissement.
Climatisation du mirador 3 + film occultant des miradors :
Face aux fortes chaleurs de ces derniers jours, FO Justice Val de Reuil est intervenu auprès de la direction pour obtenir le remplacement de la climatisation du mirador 3. Le coût des réparations s’élevant à 11 000 €, l’établissement a finalement opté pour l’achat d’une véritable climatisation portative, dans l’attente des travaux. Nous avons par ailleurs exigé la pose rapide des films occultants sur les miradors, pour des raisons évidentes de discrétion et de sécurité. La direction technique s’est saisie du dossier : nous resterons vigilants jusqu’à sa réalisation.
Projet d’un plan d’investissement d’outils ergonomique hors cadre médical
Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, FO Justice a proposé un plan de renouvellement du matériel bureautique pour l’ensemble des personnels travaillant en bureau.
L’idée : doter chaque agent d’un équipement ergonomique (souris, clavier, mobilier, etc.) chaque année, afin d’agir en amont contre les troubles musculosquelettiques et les maladies professionnelles.
Notre organisation prendra attache avec la médecine du travail et l’agent de prévention pour donner corps à ce plan d’envergure.
FO Justice Val de Reuilcontinuera de porter, sans relâche, la défense des personnels et l’amélioration de vos conditions de travail. Sur les effectifs comme sur la sécurité des agents, nous ne lâcherons rien.
Pour toute question, n’hésitez pas à vous rapprocher de vos représentants.
Près d’un an après notre dernier Comité Social d’Administration, une question demeure, toujours sans réponse concrète : combien de temps encore notre établissement pourra-t-il fonctionner avec un déficit d’effectifs aussi important à tous les niveaux ?
Depuis trop longtemps, le Centre de détention de Val-de-Reuil évolue avec un sous-effectif fluctuant d’environ vingt-cinq surveillants. Ce chiffre n’est pas une statistique. Il est devenu le quotidien des agents. Il est la réalité des plannings, des postes découverts, des heures supplémentaires, des rappels sur repos et de l’épuisement progressif des personnels.
Pourtant, trop souvent, le discours institutionnel inverse les responsabilités.
Les rappels sur repos seraient la conséquence de l’absentéisme. Cette présentation des faits est inexacte.
Les rappels sur repos ne sont pas la conséquence de l’absentéisme. Ils sont avant tout la conséquence d’un sous-effectif constant qui ne permet plus d’absorber le moindre aléa. Dans un établissement correctement dimensionné, une absence reste un événement de gestion. Dans un établissement déjà amputé de vingt-cinq agents, elle devient une crise !
La nuance est fondamentale.
Nous refusons que les personnels portent seuls la responsabilité d’une organisation devenue incapable d’encaisser les contraintes normales de fonctionnement.
Cette réalité dépasse aujourd’hui largement le seul corps de surveillance, le service technique en est l’exemple le plus frappant.
Comment avons-nous pu en arriver à laisser un établissement de cette importance reposer sur seulement trois agents techniques ?
Chaque jour, ces collègues assurent, avec un professionnalisme remarquable, la maintenance d’une structure vieillissante qui subit les effets du temps, du manque d’investissements et des restrictions budgétaires successives. Ils sont confrontés à une charge de travail devenue disproportionnée, à des urgences permanentes et à une pression constante.
Au-delà de la dégradation du patrimoine immobilier, c’est désormais leur santé physique et leur santé morale qui sont directement mises à l’épreuve.Nous ne pouvons accepter que la maintenance d’un établissement pénitentiaire repose uniquement sur le sens du devoir de quelques agents.
Nos personnels administratifs ne sont pas davantage épargnés.
Eux aussi accomplissent chaque jour un travail indispensable dans des conditions devenues particulièrement dégradées. Malgré une charge administrative toujours plus
importante, et une évolue des missions continue, ils continuent d’assurer le
fonctionnement de l’établissement avec un grand professionnalisme.
Et malgré cela, ils découvrent cette année une diminution de leur Complément Indemnitaire Annuel.
Quel message leur est envoyé ?
Alors même que chacun reconnaît leur investissement, leur disponibilité et leur engagement, ils voient leur reconnaissance financière diminuer.
Il est difficile d’y voir autre chose qu’un profond découragement adressé à des personnels qui tiennent pourtant l’administration à bout de bras.
Enfin, derrière ces situations particulières, un constat s’impose.
Qu’il s’agisse du corps de surveillance, des personnels techniques ou des personnels administratifs, le problème est toujours le même : les missions augmentent, les exigences augmentent, les contraintes augmentent, mais les moyens humains et financier ne suivent plus.
Les agents ne demandent pas des discours,Ils demandent simplement des effectifs suffisants, des organisations réalistes et une reconnaissance à la hauteur de leur engagement.
FO Justice Val de Reuil continuera à porter cette exigence avec constance, parce qu’il n’est plus possible de considérer comme normales des conditions de travail qui, depuis trop longtemps, ne le sont plus.
Avant d’aborder l’ordre du jour de cette instance, FO Justice PJJ souhaite s’arrêter sur un drame terrible qui secoue l’actualité et qui nous bouleverse tous. Nous tenons à exprimer notre émotion et notre pensée la plus profonde pour Louis, ce jeune de 17 ans lâchement roué de coups et mort pour rien.
Louis était un adolescent vulnérable, confié à l’aide sociale à l’enfance. Ce drame pose un problème de fond intolérable et notamment celui de la faillite de l’Etat dans son devoir d’assurer la protection des mineurs en danger. Ce secteur a besoin d’être renforcé. Faute de moyens, ce sont des enfants brisés qui se retrouvent exposés aux pires violences et nous savons à la PJJ que les carences de la protection de l’enfance conduisent nombre de ces jeunes dans nos services.
Monsieur le Président,
L’ordre du jour de cette instance nous amène à examiner les arrêtés portant création des Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE). Ce nouveau dispositif, qui acte la fermeture des Centres Éducatifs Fermés (CEF) et signe la fin des Unités Éducatives d’Hébergement Collectif (UEHC) au profit d’un modèle unique, représente un tournant pour notre institution et pour les personnels que nous représentons.
► FO Justice PJJtient à rappeler sa position initiale avec la plus grande franchise : nous n’étions pas favorables à la fermeture des CEF. Nous continuons de penser que cette décision risque d’engendrer une augmentation mécanique des incarcérations et de réduire l’offre éducative de prise en charge des mineurs délinquants.
Cependant, face à cette réforme imposée, FO Justice PJJ a fait le choix de la responsabilité et du dialogue constructif. Dans l’intérêt supérieur des agents de la PJJ que nous défendons au quotidien, nous avons refusé de pratiquer la politique de la chaise vide. Nous avons décidé de siéger, de négocier point par point, tant au niveau local qu’au niveau national, et ce pour arracher les dispositions les plus favorables possibles pour les personnels.
Monsieur le Président,
Ce dialogue social permanent a permis à notre organisation syndicale d’améliorer de manière très substantielle le cahier des charges des UJPE et d’obtenir des garanties majeures telles que :
Le Maintien du plafond d’emploi : Nous avons obtenu que les postes de professeur technique et d’infirmier, s’ils ne sont pas pourvus, soient immédiatement convertis pour recruter des éducateurs contractuels (de septembre à décembre, et au-delà si nécessaire). Ces moyens restent ainsi à la disposition directe des services.
La réforme statutaire CADEC et DS : Dans le cadre de l’accroissement de la charge de travail des Cadres de la PJJ, FO Justice PJJ a obtenu l’ouverture de négociation pour une refonte statutaire des corps de CADEC et DS. Les négociations sur les grilles indiciaires sont toujours en cours et nous nous en félicitons.
Le refus des spécialisations imposées : Nous avons travaillé avec l’administration pour éviter toute spécialisation rigide et uniforme. Aucune “étiquette” n’a été imposée d’en haut : nous avons obtenu que les équipes gardent la liberté d’apporter leur propre coloration au projet d’unité, en fonction de la réalité du terrain et des spécificités locales.
La baisse des collectifs : Le cahier des charges permet désormais aux services de réduire le nombre de jeunes en collectif à un minimum de 8, favorisant une organisation plus protectrice (8 en collectif / 4 en individuel). Cette organisation doit permettre aux équipes de consacrer plus de temps aux accompagnements éducatifs et de varier les modes de prise en charge. Il s’agit en l’espèce d’une prise en compte des états généraux du placement que nous saluons.
Une souplesse sur l’utilisation des téléphones portables : Nous avons également obtenu la garantie qu’aucune interdiction systématique du téléphone portable ne soit imposée aux mineurs comme aux professionnels. Il appartient donc aux équipes de définir les règles d’usage aux sein des services notamment lors de la rédaction des projets d’unité.
Renforts pour le diversifié : L’administration s’est engagée à octroyer un ETP supplémentaire dès le 6ème placement en diversifié. Il important de prendre en compte cette donnée et de réclamer systématiquement le renfort promis une fois la cible atteinte.
Autonomie des équipes : Ce sont les agents de terrain qui conservent la main sur les orientations de leur projet d’unité. Parallèlement, nous avons enjoint l’administration à engager des plans pour l’adaptation nécessaire de l’immobilier. Sur ce plan, des dispositions ont été prises afin d’identifier les besoins et d’accélérer les procédures pour engager les travaux.
Monsieur le Président,
Au-delà du pragmatisme de notre organisation syndicale et de notre approche constructive, notre participation aux discussions ne vaut pas blanc-seing. FO Justice PJJaborde l’échéance de septembre avec de très vives inquiétudes que l’administration ne peut pas balayer d’un revers de main.
Capacité opérationnelle et immobilier : Nous sommes extrêmement sceptiques sur la capacité de tous les Établissements de Placement Éducatif à ouvrir en même temps. Les conditions matérielles et immobilières actuelles ne garantissent en rien une rentrée sereine. Même si un effort a été entrepris pour répondre à cette problématique, nous sommes très loin d’atteindre les objectifs.
Le recrutement des infirmiers, la santé est un pilier fondamental de la prise en charge des mineurs dans le cadre des futurs UJPE. Or, nous doutons très fortement de la capacité réelle de l’administration à résorber le déficit d’ETP d’infirmiers. Le recrutement de ces professionnels s’annonce d’ores et déjà extrêmement compliqué sur le terrain.
Sécurité et violences : Avec l’augmentation prévisible du recours à l’incarcération et le profil des mineurs accueillis, nous redoutons légitimement le risque d’une explosion des violences au sein de ces nouvelles structures. Régulièrement, notre organisation syndicale communique pour dénoncer des dérives en matière de violence au sein des structure d’hébergement. L’objectif étant d’alerter sur la nécessité absolue de trouver des outils pour faire face à ces difficultés quotidiennes avant la survenue d’un drame.
Taille des collectifs : Il est urgent de clarifier la question du nombre de jeunes pris en charge. FO Justice PJJexige que les Directions Territoriales acceptent le principe de collectifs plus réduits.
Il est hors de question de “caser pour caser” et de surcharger les structures au détriment de la sécurité et de la qualité éducative. D’ores et déjà, l’interprétation du cahier des charges pose problème et nous réclamons une communication claire de la centrale.
Recrutement des professeurs techniques, Nous nous interrogeons sur l’intégration des prochaines promotions de professeurs techniques au sein des UJPE. La fiche de poste, les missions et la pluridisciplinarité sont au cœur des préoccupations. Il ne s’agit pas de positionner des agents sans réfléchir en amont à l’articulation avec l’ensemble des intervenants. De plus, nous doutons de la capacité à garantir le tutorat et l’accompagnement à la prise de poste eu égard au faible nombre de PT « culture et savoirs de base » à la PJJ.
Le travail isolé, sur ce point, nous vous avons alerté à plusieurs reprises. Nous regrettons profondément que la question cruciale du travail isolé n’ait pas été incluse dans la réflexion globale autour de ce nouveau dispositif. Il sera impératif de mettre en place des groupes de travail pour répondre à cet enjeu même si notre organisation syndicale considère que cela passe nécessairement par l’augmentation du nombre de postes en hébergement.
Monsieur le Président,
Par ailleurs, l’ordre du jour appelle également l’examen du guide portant sur la prise en charge des mineurs auteurs d’infractions sexuelles. FO Justice PJJ salue le fait que l’administration se penche enfin sur cette problématique centrale, thématique à laquelle notre organisation syndicale accorde une importance majeure. Les professionnels sur le terrain ont un besoin crucial d’accompagnement sur ces sujets complexes.
Cependant, nous tenons à alerter l’administration sur un point de forme. Ce document est particulièrement dense et volumineux. Le risque est grand qu’à l’instar de tant d’autres guides, il finisse par dormir au fond des tiroirs des services, faute de temps et d’appropriation. FO Justice PJJ refuse que ce travail sérieux reste lettre morte. Nous exigeons qu’une véritable pédagogie soit déployée autour de ce guide, avec des temps d’explicitation et de formation au plus près des agents dans les services. Ce document doit impérativement devenir un outil concret et vivant du quotidien, et non une simple validation de principe administrative.
Enfin, un autre point crucial de ce CSA PJJ concerne la lutte contre l’emprise du narcotrafic, un fléau qui prend au piège un nombre croissant de nos jeunes. Si l’administration a amorcé des actions notamment par le déploiement de référents « narcotrafic », FO Justice PJJconstate que leur rôle et leur efficacité restent profondément hétérogènes sur l’ensemble du territoire national. Le bilan qui avait été promis n’a jamais eu lieu, pire encore la multilatérale sur le sujet a été tout simplement annulée. Aujourd’hui, vous nous présentez le dispositif DASCO, mais pour notre organisation syndicale, ce document est beaucoup trop léger et manque cruellement de clarté au regard des enjeux. Mais nous y reviendrons au cours des échanges, nous demandons à l’administration de revoir sa copie, d’approfondir le sujet et de nous apporter des éclairages précis sur ses intentions réelles.
Monsieur le Président,
Le déploiement des UJPE, tout comme l’application des nouveaux guides, devra se faire de manière progressive, intelligible et dans le strict respect des conditions de travail des agents. Nous resterons d’une vigilance absolue lors de la mise en œuvre de ces arrêtés, corps par corps, structure par structure. Dès la rentrée, nous serons aux côtés des agents et nous ferons systématiquement remonter tous les dysfonctionnements pour éviter que les futurs UJPE deviennent les CEF d’hier.
À l’occasion de votre première présidence d’un CSA de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire, FO Justice tient avant tout à vous souhaiter la bienvenue au sein de cette belle et grande Administration.
Une belle et grande institution, qui, vous ne pouvez l’ignorer, est en proie à une crise majeure. Une crise qui doit demeurer votre priorité absolue et mobiliser l’ensemble du Ministère. C’est évidemment la surpopulation carcérale.
Depuis trop longtemps, les personnels pénitentiaires subissent les conséquences d’une saturation chronique qui désorganise l’ensemble des établissements. Les alertes se succèdent, les chiffres explosent, les tensions augmentent. Mais sur le terrain, ce sont toujours les mêmes agents qui doivent faire face : les personnels de surveillance, les gradés, les officiers, les personnels d’insertion et de probation, les psychologues, les personnels administratifs, techniques et l’ensemble des agents qui font tenir l’institution.
► FO Justice le dit avec gravité : les personnels ne peuvent plus se contenter de subir cette situation en attendant le prochain incident grave, la prochaine agression ou le prochain signal d’alarme. Dans les maisons d’arrêt, les cellules débordent, les matelas au sol s’entassent et se banalisent, les mouvements deviennent plus complexes, les tensions s’exacerbent dans les détentions, et les conditions de travail se dégradent chaque jour davantage.
La surpopulation carcérale n’est plus un phénomène ponctuel. Elle est devenue une réalité structurelle, dangereuse, qui impacte la sécurité, les activités, les parloirs, les soins, les extractions, le travail des SPIP, la prise en charge des publics fragiles et l’équilibre général de nos détentions.
► FO Justice considère qu’une maîtrise effective de cette surpopulation ne pourra être atteinte que par la voie législative. Les circulaires, les ajustements locaux et les réponses ponctuelles ne suffisent plus. Il faut désormais un acte politique fort. C’est pourquoi FO Justice demande instamment que soit diligentée, dans les plus brefs délais, la présentation d’un projet de loi à l’Assemblée nationale afin d’apporter une réponse structurelle, contraignante et durable à cette crise.
Il faut cesser de faire peser sur les seuls personnels pénitentiaires les conséquences d’un système saturé, lié à des années d’abandon institutionnel. Les agents ne peuvent plus être la variable d’ajustement permanente de décisions qui leur échappent. Ils ne peuvent pas être condamnés à gérer l’ingérable avec des moyens insuffisants.
Monsieur le Directeur Général,
► FO Justice vous alerte sur la situation explosive à laquelle les établissements seront confrontés dans les mois à venir. La combinaison de la surpopulation carcérale, des sous-effectifs, de la multiplication des missions, de la fatigue accumulée et des tensions constitue un cocktail extrêmement dangereux. Le ministère ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.
►Il est donc impératif de renforcer urgemment les effectifs et de les redéployer utilement !
À ce titre, FO Justice demande une réduction significative des extractions judiciaires, qui mobilisent trop fortement des personnels déjà indispensables en détention. Chaque extraction organisée dans des conditions contraintes fragilise davantage les coursives, les miradors, les mouvements, les quartiers sensibles et l’ensemble de la chaîne sécuritaire. La sécurité des établissements doit redevenir la priorité opérationnelle.
Dans cette logique, FO Justice exige la suspension immédiate de la note du 17 mars 2022 relative aux bonnes pratiques des ARPEJ. Cette note a progressivement éloigné les ELSP de leur vocation première, à savoir les missions de sécurité intérieures et la sécurisation périmétrique des établissements pénitentiaires. Les ELSP ne peuvent plus continuer à pallier les insuffisances structurelles des extractions judiciaires au détriment de la sécurité des détentions.
FO Justice demande également l’accélération du déploiement des bombes incapacitantes, des pistolets à impulsions électriques (PIE) et des caméras-piétons. Assez d’attentisme ! Ces avancées, obtenues par FO Justice, doivent désormais se concrétiser rapidement sur le terrain, afin que tous les personnels disposent des moyens de protection nécessaires pour assurer leur sécurité. Des moyens qui leur ont été promis et qu’ils sont aujourd’hui en droit d’exiger.
Enfin, FO Justice réclame que soit tenu l’engagement pris au sujet de la réécriture de la note sur les gilets pare-lames, afin de garantir une doctrine claire, cohérente, et adaptée aux réalités opérationnelles rencontrées quotidiennement par les personnels
Monsieur le Directeur Général,
Vos personnels sont également en quête, légitime, de reconnaissance. Mais cette dernière ne peut pas être uniquement verbale. Les personnels pénitentiaires entendent, depuis trop longtemps, des discours de soutien dont ils attendent désespérément la traduction concrète dans leur quotidien.
Aujourd’hui, un message fort de reconnaissance ne peut se concrétiser que par des mesures indemnitaires à la hauteur de leur engagement.
► FO Justicedemande donc l’augmentation de la prime de surencombrement et la révision de son mode de calcul, afin qu’elle corresponde réellement au niveau de saturation, à la présence de matelas au sol, aux tensions générées et à l’impact concret sur les conditions de travail. Cette prime doit également être étendue aux personnels qui en sont aujourd’hui exclus alors qu’ils subissent directement les effets de la surpopulation carcérale, notamment les personnels d’insertion et de probation, les officiers et les psychologues.
► FO Justice demande également l’augmentation significative des primes de nuit et de travail dominical. Le manque d’effectifs entraîne une sollicitation accrue des agents sur ces services particulièrement contraignants. Les nuits sont plus lourdes, les week-ends plus tendus, les rappels plus fréquents. Ces sujétions doivent être reconnues financièrement à leur juste niveau.
Enfin, FO Justicerappelle l’urgence de mettre en place la prime d’encadrement, sur laquelle des engagements ont été pris à plusieurs reprises. Ces gradés sont au cœur de l’organisation quotidienne des détentions. Ils encadrent, arbitrent, gèrent les urgences, accompagnent les équipes, assurent la continuité du service et portent une responsabilité opérationnelle majeure.
Cette prime doit être mise en œuvre sans nouveau report afin de valoriser pleinement leurs missions spécifiques et de finaliser le déploiement de la réforme historique obtenue par FO Justice.
Monsieur le Directeur Général,
► FO Justice souhaite également attirer l’attention de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire sur un facteur aggravant que nous vivons tous actuellement : la canicule.
Les fortes chaleurs ne sont pas un simple inconfort passager. En détention, elles deviennent un problème de sécurité, de santé publique et de conditions de travail. Dans des bâtiments parfois mal conçus, souvent anciens, mal isolés, insuffisamment ventilés, avec des coursives surchauffées, des cellules occupées à deux, trois, parfois davantage, et des mouvements permanents à gérer, la chaleur devient rapidement insoutenable.
Les agents travaillent en uniforme, avec des équipements lourds, dans des espaces confinés, sous tension, sans réelle possibilité de récupération. La canicule accentue la fatigue, les malaises,
l’irritabilité, les tensions entre personnes détenues, les incidents disciplinaires et les risques d’agression. Elle complique également la prise en charge des publics vulnérables, des personnes malades, âgées, sous traitement ou présentant des troubles psychiques.
► FO Justice demande donc que la gestion des épisodes de fortes chaleurs soit enfin considérée comme un véritable sujet de santé et de sécurité au travail dans l’Administration Pénitentiaire. L’accès à l’eau fraîche, la ventilation adaptée, la protection des postes les plus exposés, l’adaptation des rythmes lorsque cela est possible et l’anticipation des pics de chaleur doivent faire l’objet de mesures concrètes, et non de simples rappels de consignes générales.
Monsieur le Directeur Général,
► FO Justice ne vient pas aujourd’hui formuler une alerte de principe. FO Justice vient porter la parole de personnels fatigués, exposés, trop souvent oubliés, mais toujours présents pour faire fonctionner l’institution.
Ces personnels assurent une mission essentielle pour la République. Ils tiennent les établissements malgré la surpopulation, les sous-effectifs, les agressions, la chaleur, les rappels, les nuits difficiles, les dimanches travaillés et les engagements trop souvent repoussés.
► Ils attendent désormais autre chose que des constats. Ils attendent des actes !
► FO Justice attend de ce CSA des réponses concrètes, immédiates et à la hauteur de la crise traversée par notre administration. Sans personnels reconnus, protégés, renforcés et respectés, il n’y aura pas d’Administration Pénitentiaire capable de répondre aux défis qui l’attendent.
Les personnels pénitentiaires ne demandent pas des discours. Ils demandent des moyens, de la considération et des décisions.
FO Justice continuera, avec détermination, à porter leur voix et à exiger des réponses à la hauteur de leur engagement !!!
Vous n’êtes pas sans savoir, que la situation RH de l’ensemble du CPBG est depuis ce samedi 27 Juin 2026 arrivée à une situation inédite sur notre établissement.
En effet, le service des agents n’avait quasiment personne à mettre sur les feuilles de service.
Pas de surveillants aux : Promenades – Titulaire d’étage – Porte de détention – PC – PH – Double d’étages – QI – QD – liftier – Mouvements et même Mirador.
Le sous-effectif n’est plus une difficulté : c’est une mise en danger permanente des personnels !
A tel point que l’UHSI, l’UHSA et la SAS ont été appelé en renfort, tellement la situation est désespérée.
Il est à noter le travail remarquable des surveillants et brigadiers qui tiennent à bout de bras l’établissement.
Il est à noter le travail remarquable des Brigadiers-Chefs Encadrement, qui malgré des feuilles de service vide, font face et encadrent avec le plus grand professionnalisme le peu de personnels à leur disposition.
Il est à noter le travailremarquable des Officiers, présents dès 6h30 ce week-end et qui n’ont pas hésité à faire l’appel des détenus sur les étages où il manquait des surveillants titulaires.
Toute la chaîne hiérarchique a fait preuve de solidarité et de dévotion pour tenir le CPBG !
Vos personnels sont remarquables et ils méritent reconnaissance !
C’est pourquoi, je vous demande d’accorder à l’ensemble des personnels du CPBG qui ont maintenu le navire à flot du Samedi 27 Juin au 01 Juillet inclus, l’octroi de 3 AAE chacun (qui pourront être soit prises, soit substituées à 3 CA pour être déposés sur un CET).
C’est un minimum en attendant que vous preniez enfin Monsieur le Directeur, des décisions permettant à vos personnels de travailler en sécurité d’une part et dignement d’autre part !
Ce jour vendredi 26 juin 2026, aux alentours de midi, notre collègue Stéphane, affecté au quartier arrivants, a été contraint d’assurer la distribution des repas au 3e étage du bâtiment B afin de pallier le manque d’effectifs. Une fois encore, les nécessités de service ont conduit un agent à quitter son poste habituel pour répondre à une urgence organisationnelle.
Lors de l’ouverture de la cellule 731, un détenu est sorti avec son plateau-repas et a menacé l’auxiliaire d’étage de lui porter un coup de fourchette. Pour rétablir l’ordre , notre collègue est intervenu afin de faire regagner sa cellule au détenu.
Au cours de la maitrise , notre collègue a été blessé au coude lors de la chute au sol.
Evacué vers les urgences, Stéphane est en arrêt de travail jusqu’au 10 juillet, dans l’attente d’un scanner pour évaluer la gravité de ses blessures .Le détenu a, quant à lui, été placé au quartier disciplinaire.
Cet événement malheureux démontre une fois de plus que nous avons atteint les limites du supportable. Nous marchons au bord du gouffre. Aujourd hui, l’exception est devenue la règle ! VLM fonctionne continuellement en mode dégradé. A aucun moment il n’est possible d’avoir un planning complet ! Ce manque chronique d’effectif finit par épuiser et mettre de plus en plus en insécurité le personnel. Nous ne subissons plus seulement des lignes vides sur un papier, nous le payons de notre chair et de notre santé. Le poste découvert est devenu la norme … Nous ne pouvons plus fonctionner autrement . Cette gestion est un cataplasme sur une jambe de bois.
En fonctionnant ainsi, le quotidien des agents ne fait que s’enliser dans les sables mouvants de difficultés permanentes. Mais à force de tirer sur la corde, elle finira par casser .
La section FOtout entière se joint à moi pour apporter tout son soutien à notre collègue Stéphane , et lui souhaiter un prompt rétablissement
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du CSA, Avant d’entamer cette instance, Force Ouvrière Justicesouhaite rendre hommage à notre collègue Francis BALGUY, qui nous a quitté ce vendredi 26 juin 2026.
Militant syndical de longue date, Francis BALGUY a exercé durant de nombreuses années au sein du Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, mettant son expérience et son engagement au service de multiples services et bâtiments de l’établissement.
Au nom de Force Ouvrière Justice, nous adressons nos pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à l’ensemble de ceux qui ont eu l’occasion de travailler à ses côtés.
Force Ouvrière Justice demande qu’une minute de silence soit observée en sa mémoire avant l’ouverture des débats de cette séance.
Avant d’aborder les sujets inscrits à l’ordre du jour, Force Ouvrière Justice souhaite rappeler que ses derniers jours ont été marqués par une intense activité institutionnelle.
Notre organisation a été reçue par le cabinet du Garde des Sceaux, ministre de la Justice le 28 Mai 2026, avec le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) le 3 juin 2026.
Nous avons également échangé avec le cabinet de Madame la Préfète de l’Essonne et le Directeur Interrégional le 16 juin 2026, à l’issue du Conseil d’évaluation de notre établissement pénitentiaire, et enfin avec le Directeur Général Adjoint de l’Administration Pénitentiaire (DGAP) le 20 juin 2026.
Chacun de ces échanges a constitué un moment fort de dialogue, permettant à Force Ouvrière Justice de défendre les intérêts de la profession, de faire remonter les difficultés rencontrées quotidiennement par les personnels et de porter, au plus haut sommet de l’État, les revendications légitimes des agents pénitentiaires.
En revanche certains organisations professionnelles ont brillé par leur absence.
Ces rencontres témoignent de notre engagement constant à faire entendre la voix du terrain auprès de l’ensemble des autorités compétentes.
Nous continuerons à saisir chaque occasion de défendre les droits des personnels, d’améliorer leurs conditions de travail et de faire reconnaître leur engagement au service de la République.
Force Ouvrière Justice souhaite attirer votre attention sur plusieurs sujets majeurs qui préoccupent aujourd’hui les personnels du Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis.
Tout d’abord, nous ne pouvons débuter cette instance sans évoquer une nouvelle fois la dégradation constante des conditions de travail des agents.
Le manque chronique d’effectifs, les vacances de postes, les rappels sur repos, les modifications de planning et la charge de travail toujours plus importante pèsent lourdement sur des personnels déjà fortement sollicités.
Malgré leur professionnalisme et leur sens du service public, les agents exercent leurs missions dans un contexte de tension permanente. Cettesituation ne peut plus être considérée comme normale et nécessite des réponses concrètes et rapides de l’administration.
Force Ouvrière Justice souhaite également revenir sur le projet d’ouverture du futur Quartier Centre de Détention (QCD).
Le projet présenté aujourd’hui est très éloigné de celui qui avait été initialement porté à la connaissance des personnels.
Les agents qui se sont portés volontaires pour intégrer cette structure l’ont fait sur la base d’un projet clairement identifié comme un
Quartier Centre de Détention. Or, au fil des arbitrages, ce projet a été profondément modifié.
Nous constatons désormais que les premier et deuxième étage seront consacrés à des quartiers de maison d’arrêt tandis que seul le troisième étage accueillera le QCD. Dès lors, nous nous interrogeons légitimement sur l’appellation même de cette structure qui ne semble désormais porter le nom de QCD que sur le papier…
Par ailleurs, la capacité d’accueil prévue passe de 406 à 588 personnes détenues.
Cette augmentation significative de la population pénale soulève de nombreuses interrogations quant aux moyens humains qui seront alloués à cette structure et aux conséquences sur les conditions de travail des personnels ainsi que sur la sécurité de l’établissement.
Force Ouvrière Justice dénonce le manque de concertation ayant accompagné ces évolutions. Les agents volontaires se retrouvent
Aujourd’hui confrontés à un projet qui ne correspond plus à celui pour lequel ils avaient exprimé leur souhait d’affectation.
C’est pourquoi Force Ouvrière Justice demande une communication claire, transparente et régulière sur l’ensemble des évolutions du projet et sur ses modalités de fonctionnement :• Les effectifs
Le calendrier de mise en œuvre et les phases de montées en charges.
Conditions de travail et de sécurité
Les organisations de services et les cycles de travail
La formation des agents
Moyens matériels et budgétaires
Force Ouvrière Justice demande également que les situations des agents qui souhaiteraient renoncer à leur affectation au regard des modifications substantielles apportées au projet soient examinées avec bienveillance et au cas par cas.
Il serait inacceptable que des personnels soient pénalisés pour avoir adhéré à un projet qui a depuis été profondément transformé.
Concernant le projet de Quartier de Semi-Liberté (QSL), Force Ouvrière Justice réaffirme la nécessité d’une anticipation rigoureuse de son ouverture.
Les personnels doivent être pleinement associés aux réflexions et disposer d’informations précises sur l’organisation retenue, les effectifs dédiés, les modalités de fonctionnement ainsi que les impacts sur les services existants.
Force Ouvrière Justice sera particulièrement attentive à ce que cette nouvelle structure ne se construise pas au détriment d’effectifs déjà insuffisants dans les autres secteurs de l’établissement.
Enfin, Force Ouvrière Justice souhaite revenir sur l’épisode caniculaire qui a récemment touché notre établissement et qui vont vraisemblablement se poursuivre.
Alors que les températures ont atteint des niveaux particulièrement élevés, les personnels ont continué à assurer leurs missions dans des conditions parfois extrêmement difficiles. Cet épisode a mis en lumière les limites des dispositifs existants et les difficultés rencontrées sur de nombreux postes de travail exposés à des températures excessives.
Force Ouvrière Justice prend acte des mesures mises en œuvre par l’administration dans le cadre du plan canicule. Toutefois, au regard des conséquences sur les conditions de travail, la santé et la sécurité des agents, nous considérons qu’un retour d’expérience approfondi est indispensable.
À ce titre, Force Ouvrière Justice demande officiellement la convocation dans les meilleurs délais d’un Conseil d’Administration Sociale dans sa Formation Spécialisée consacré au plan caniculaire, à l’évaluation des risques professionnels qui en découlent et aux mesures à mettre en œuvre pour mieux protéger les personnels lors des prochains épisodes de fortes chaleurs.
Le manque d’anticipation reste un mal profond de notre administration.
Force Ouvrière Justicedemande également la communication intégrale des mesures, consignes, notes de service et dispositifs déployés durant cette période afin que les représentants du personnel disposent d’une vision exhaustive des actions engagées et puissent formuler les propositions nécessaires à l’amélioration des conditions de travail.
Les personnels du Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis démontrent chaque jour leur engagement, leur professionnalisme et leur sens des responsabilités malgré des conditions d’exercice toujours plus difficiles.
Force Ouvrière Justice continuera à porter leur voix avec détermination et restera particulièrement vigilante sur l’ensemble des dossiers évoqués aujourd’hui.
Des conditions de travail dignes ne sont pas un luxe, c’est un droit.
Depuis près de deux ans, les agents de l’ALIP des Abymes subissent des pannes récurrentes de la climatisation, parfois pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines (actuellement 3 semaines).
Nous savons que des interventions sont réalisées et que des démarches sont entreprises pour résoudre ces dysfonctionnements.
Nous ne remettons pas en cause les efforts engagés. Toutefois, force est de constater que les pannes se répètent et qu’à ce jour, aucune solution durable ne semble avoir permis de mettre un terme à cette situation.
L’ouverture des fenêtres ne constitue pas une solution acceptable. Les bureaux sont exposés à un trafic routier important, générant un niveau de bruit particulièrement élevé. Par ailleurs, l’absence de circulation d’air rend cette mesure inefficace pour faire baisser la température dans les locaux.
Ces conditions de travail déplorables ont des conséquences bien réelles :
Fatigue accrue
Maux de tête, malaises et risques liés aux fortes chaleurs
Difficultés de concentration
Dégradation des conditions d’accueil du public
Atteinte au bien-être et à la santé des agents.
Les agents ne peuvent plus continuer à travailler dans ces conditions.
FO Justice SPIP Guadeloupe demande :
La mise en œuvre d’une solution pérenne pour mettre fin à ces dysfonctionnements ;
Une communication régulière sur les actions engagées et leur calendrier ;
La mise en place, d’ici la fin de cette semaine, de mesures transitoires permettant d’améliorer concrètement les conditions de travail des agents.
Dans l’attente d’une solution définitive, FO Justice SPIP Guadelouperéclame la mise en place plusieurs mesures :
Mise à disposition de climatiseurs mobiles ou de ventilateurs performants ;
Adaptation de l’organisation du travail ou des horaires ;
Recours au télétravail lorsque les missions le permettent.
À défaut de mesures concrètes, nous nous réservons la possibilité de saisir les instances compétentes en matière de santé et sécurité au travail. Nous rappelons également que chaque agent qui estime être confronté à une situation présentant un danger grave et imminent pour sa santé peut faire valoir les droits que lui reconnaît la réglementation, notamment le droit de retrait, sous réserve que les conditions légales soient réunies.
Le respect de la santé et de la sécurité au travail est une obligation de l’employeur. Parce que travailler dans des conditions acceptables ne devrait jamais être une revendication, mais une évidence.