
FO Justice a eu le plaisir de venir à votre rencontre dans vos bureaux ce vendredi 30 janvier 2026 sur les sites du tribunal judiciaire de Coutances et de l’annexe de ce dernier.
Nous avons pu venir à la rencontre de collègues greffiers, corps commun, magistrats et attachés de justice et nous vous remercions pour la qualité de nos échanges et votre franchise ainsi que du bel accueil que vous nous avez offert.
La profondeur de nos discussions est le témoin de votre confiance. Ainsi ont été abordés vos revendications, vos aspirations, vos craintes et votre ressenti concernant l’ambiance de travail.
Et il est rapidement apparu que côté greffe le compte n’y est pas !
En effet, l’ensemble des agents du greffe rencontrés nous ont fait part de leur profond mal-être, qu’on peut objectivement et facilement observer par le simple constat des agents qui tiennent sous médicaments, des arrêts maladies qui fleurissent, des burn-out qui se multiplient, des permanences avec la psychologue surchargée, d’une double intervention des services de pompiers voire d’une tentative de suicide sur site !
Qu’attendent les chefs de juridiction pour se saisir de la situation et réagir ?
Un mort comme à Argentan ? Un article 40 du code pénal !
Les échanges avec les agents du greffe sont sans appel sur l’origine de ce mal-être ambiant, déjà constaté aujourd’hui dans de nombreuses juridictions du fait d’une politique du chiffre devant une politique humaine, mais particulièrement exacerbé depuis l’arrivée de la nouvelle directrice de greffe.
Le crédo procédural est le chiffre, mon avancement, ma carrière.
Avant de venir, nous avions déjà été alertés de la situation par plusieurs collègues et nous avions tiqués en voyant certaines notes de service passer, provoquant une saisine de la DSJ de notre part.
Sur place il nous a été rapporté des postures professionnelles de cette directrice de greffe pour le moins problématiques, avec des commentaires désobligeants (« vous ne servez à rien », « vous êtes une erreur de casting »), un ton inapproprié (crier sur les agents pour s’exprimer), des changements d’humeur et d’attitude avec du « chaud-froid » permanent, insécurisant de ce fait les agents qui ne savent plus sur quel pied danser ni à quelle sauce ils vont être mangés, des consignes données au dernier moment, etc..
Nous ne ferons pas ici une liste à la Prévert de l’ensemble de ces comportements que nous jugeons particulièrement inquiétants et que traduisent les sentiments de mal-être et de souffrance de nos collègues du greffe.
► À Madame la directrice de greffe :
– NON ! Vos agents n’ont pas à vous expliquer de quelle manière ils occupent leur congé, ceci est clairement une atteinte à leur vie privée, laquelle ne vous regarde absolument pas !
– NON ! Vous n’avez pas à refuser l’évaluation d’agents sous prétexte qu’ils étaient une partie de l’année en congé maternité ou arrêt maladie, et nous vous rappelons que l’évaluation professionnelle est un droit, la refuser est discriminatoire
– NON ! Vous n’avez pas à vous adresser à vos agents en les rabaissant, les dégradant, les insultants ou les humiliants
– NON ! Les agents du greffe ne sont pas vos écoliers, vous n’êtes plus professeur d’anglais mais directrice de greffe
– NON ! Le fait de crier sur les personnes n’est pas un mode de communication souhaitable ni sain dans une équipe, particulièrement quand on occupe une position hiérarchique
– NON ! Au double discours qui insécurise les agents, avec des consignes sibyllines ou fluctuantes
– NON ! Au fait de ne pas assumer les directions et les décisions prises, ce n’est pas à vos adjoints d’assumer vos décisions et vos choix !
– NON ! Une réunion d’information n’a pas à se tenir sur le temps de pause méridienne mais doit se faire sur le temps de travail !
Au surplus, la présence régulière de ses enfants sur site alors que les stages sont refusés faute de moyens humains suffisants posent question quant à l’équité qui règne dans cette juridiction.
► FO dénonce une posture inadaptée et à la limite de la tyrannie de la directrice de greffe en poste, mettant à mal l’équilibre de travail ainsi que la santé mentale et physique des agents du greffe au sein de la juridiction de Coutances
► FO dénonce une absence de réaction du président du tribunal judiciaire de Coutances, pourtant alerté sur la situation par plusieurs collègues,
► FO rappelle le récent Flash Info du Ministère sur la QVCT et les risques psychosociaux
► FO encourage les agents en souffrance à parler et à se saisir de la possibilité de rencontrer la psychologue de la cour d’appel, laquelle effectue un travail indispensable et de grande qualité
► FO invite les agents du greffe à provoquer des écrits afin de se protéger, car « si les paroles s’envolent, les écrits restent »
Madame la directrice de greffe, la prochaine fois que vous voudrez rédiger une note de service, donner des consignes à vos agents ou même faire un entretien avec eux, n’hésitez pas à venir vers nous pour que nous vous expliquions comment faire, car visiblement vous avez dû manquer plusieurs cours à l’ENG.
Les agents n’ont pas à subir vos humeurs ni à pâtir de votre manque de confiance ou votre crise de légitimité !
Nous vous invitons à méditer la formule de Jean Marie Petitclerc (que vous avez due découvrir lors de votre formation à l’ENG) :
« le pouvoir se reçoit, l’autorité se construit, la légitimité se lit dans le regard de celles et ceux dont on porte le souci ».
Et ce qu’on peut lire actuellement dans le regard de vos agents ça n’est certainement pas de la légitimité.
Mais comme vous le dites si bien à vos agents, vous restez dans notre coeur !
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