
► À mi-mandat, des zones d’ombres à éclaircir :
À mi-parcours du mandat de la nouvelle direction, FO Justice PJJ s’interroge. L’ ENPJJ censée être le pilier de la formation des agents du service public, semblerait traverser une période de désorganisation et d’opacité préoccupantes, touchant la plupart de ses services.
Notre organisation syndicale réclame des clarifications urgentes, des explications transparentes et la mise en place de procédures identifiées.
• Une gouvernance sans cap réel et l’existence de dérives :
Il semblerait qu’aucun projet stratégique d’école n’ait été formalisé depuis 2022. Or, comment une école pourrait-elle fonctionner sans vision définie et sans lignes directrices formalisées, travaillées et partagées ?
Le rapport d’audit de l’école aurait laissé apparaitre de nombreuses fragilités. Quelles sont en transparence les avancées sur ces défaillances à l’heure où un rapport intermédiaire devrait intervenir ?
Les instances de pilotage prévues par les textes auraient été suspendues, supprimées ou transformées en bilatérales (comité pédagogique, conseil pédagogique, comité d’établissement, cellule de veille en liens avec la DRHAS). Mais comment assurer transversalité, pluridisciplinarité et transmission sans ces espaces de dialogue ?
Des postes à enjeux seraient gérés par des professionnels non aguerris, des postes clés seraient occupés par des juniors en CDD. Des missions majeures seraient confiées à des agents sans compétences techniques. Cela générerait l’absence de gestion rigoureuse, des contrôles financiers internes et une grave insécurisation des pratiques professionnelles sur le plan SST et la maitrise des risques.
FO justice PJJ s’interroge sur la fiabilité des comptes, sur la santé et la sécurité des agents. Comment exercer sereinement dans ces conditions ?
La gestion serait dispendieuse alors que les moyens seraient très insuffisants pour le cœur de mission : à l’heure où les PTF sont exsangues, des dépenses non indispensables seraient récurrentes :
petits déjeuners institutionnels, festival du cinéma à plus de 3000 euros, financement de prestataires extérieurs pour des montants questionnant alors que l’ENPJJ est dotée de formateurs. Il semblerait également que de nouvelles dépenses soient à l’œuvre notamment pour un logement de fonction nouvellement créé spécifiquement pour la nouvelle direction en 2024. A cela s’ajouteraient des frais de décoration, la mobilisation d’un agent technique et d’un véhicule de service pour une mission de chauffeur également pour la direction alors que ce poste est normalement dédié à d’autres missions opérationnelles à l’école.
FO justice PJJ s’interroge sur les défraiements dans le cadre de déplacements personnels, sur l’utilisation de copieurs partagés pour certains et exclusifs pour d’autres, sur l’application des règles d’économie d’énergie avec le port de doudounes estampillées ENPJJ et la mise à disposition de radiateurs électriques pour quelques privilégiés … Quelle est la doctrine en matière de logement, de dépense et d’éco- responsabilité ?
• Des pratiques managériales ou organisationnelles très problématiques :
Des collectifs en souffrance et des agents isolés témoigneraient d’un climat de travail dégradé avec la montée en puissance du turn-over et des mi-temps thérapeutiques, ainsi que la recrudescence des consultations du médecin de prévention. Quelles mesures de prévention seraient réellement mises en œuvre pour endiguer ce phénomène ?
Des traitements différenciés selon les agents et des arbitrages qui interrogent : on observerait du télétravail à 3, 4 voire 5 jours selon les agents. Le télétravail serait même utilisé pour régler des litiges entre professionnels. Des ASA accordées de manière différenciée pour les agents sur des situations similaires, des absences injustifiées sans régularisations par des jours de congés etc…
Des modalités obscures de recrutement : il y a notamment plusieurs éléments convergents sur divers sujets notamment des informations annoncées par anticipation d’affectation d’agents sur des postes à l’ENPJJ alors que la campagne de recrutement est encore ouverte et qui n’apparaissent pas dans les comptes-rendus de réunions, des consignes de personnes à écarter des opportunités de missions de formations de manière officieuse, des candidats qui ne sont jamais recontactés suite à leur candidature. Il y aurait une opacité sur les modalités de choix des formateurs occasionnels issus du terrain. Ces derniers seraient choisis par affinités sans sélection, sans commission de recrutement et sans entretien.
Également du profilage par anticipation par la publication de fiches de poste sur mesure ou au contraire des fiches de poste ouvertes indistinctement à tous les corps ou rédigées de manière erronée et hors cadre normatif, recrutement de sept docteurs au service de la recherche là où les autres écoles de la justice ou le SEREV à la centrale en ont moitié moins, des postes non déclarés vacants pour pérenniser un CDD, une responsable qui bénéficierait d’un cumul d’activités extérieures non négligeable incompatible avec son niveau de responsabilité désorganisant le service, une directrice de la recherche sans doctorat ….
Une opacité sur l’organisation interne : contrairement à la centrale et aux DIR il n’y a aucun accès possible à l’organigramme, aux fonctions, aux noms et contacts des personnes composant les services de l’ENPJJ et des pôles territoriaux de formation. Pourquoi un tel manque de transparence ?
Une école potentiellement lourdement fragilisée : si ces éléments se confirmaient, ils traduiraient de graves dysfonctionnements et le début d’un effondrement institutionnel.
► FO Justice PJJ exige :
• Des clarifications officielles sur le pilotage et la gouvernance de l’école.
• Des explications précises sur les choix organisationnels et les recrutements.
• La mise en place de procédures claires et vérifiables pour garantir la transparence et la probité.
• Le rétablissement des instances de concertation et une transparence sur l’état d’avancement de mise en œuvre de l’audit.
• L’ouverture d’une évaluation indépendante du fonctionnement de l’ENPJJ par la Centrale.
FO Justice PJJ ne cherche pas à pointer des personnes, mais à questionner un système. Si l’école devait continuer à fonctionner sans cadre, sans vision et sans règles partagées, c’est toute la mission de formation de la PJJ qui risquerait d’en pâtir.
Nous demandons que la lumière soit faite, que les procédures soient clarifiées, et que cette école du service public retrouve sa cohérence, son éthique et sa fiabilité.
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