Depuis quelque temps, les affiches et le matériel de FO JUSTICE font l’objet de dégradations rageuses, de tags et d’insultes anonymes (comme sur notre panneau syndical honteusement barbouillé). En parallèle, des tracts de caniveau circulent, colportant des mensonges grotesques sur de prétendus « avantages indécents » et des délires sur les représentants du personnel.
Que les choses soient claires : nous travaillons chaque jour dans une prison, et force est de constater que les voyous ne sont pas toujours derrière les barreaux. Certains portent le même uniforme que nous, mais partagent manifestement la même mentalité que la population pénale.
ARRÊTEZ DE RASER LES MURS, VENEZ NOUS VOIR !
À ces courageux de la nuit qui agissent en cachette quand les bureaux sont vides : si vous avez des choses à nous reprocher, ayez le courage de vos opinions et venez nous voir en face ! Nos délégués sont des agents de terrain, ils ne se cachent pas, eux.
Mais pour venir débattre à visage découvert, il faut des arguments. C’est tellement plus facile de cracher sa frustration sur un morceau de papier ou de fantasmer sur des « salaires à 5 chiffres » et des « voitures de fonction » pour masquer son propre néant syndical. Qui peut croire à de telles inepties ? Pendant que vous gribouillez, FO JUSTICE monte au créneau pour défendre les intérêts des camarades et les conditions de travail.
LA RÉCRÉATION EST TERMINÉE : DÉPÔT DE PLAINTE
Saccager le matériel d’une organisation syndicale n’est pas un jeu, c’est un délit. C’est une attaque directe contre la liberté de représentation de tous les agents.
Nous ne tolérerons plus aucun acte de vandalisme, aucune insulte, aucun comportement digne d’un détenu de maison d’arrêt. FO JUSTICE va systématiquement déposer plainte pour chaque dégradation et chaque diffamation. L’administration sera mise devant ses responsabilités pour visionner les caméras et identifier ces corbeaux de coursive.
Nous laissons la bave et la jalousie aux impuissants. FO JUSTICE reste droit dans ses bottes, au service exclusif des agents qui, eux, ont encore une conscience professionnelle et le sens de la camaraderie.
LA LÂCHETÉ NE NOUS FERA JAMAIS RECULER !FO JUSTICE : REGARD DROIT, VISAGE DÉCOUVERT ET POING LEVÉ !
L’UFAP Grand Est a choisi de publier un tract mettant en cause une délégation FO Justice lors d’une visite au Centre Pénitentiaire de Metz.
Face à ces allégations, il convient de rétablir plusieurs vérités.
Tout d’abord, nous rappelons que les représentants FO Justice ont respecté les dispositions en vigueur lors de leur entrée dans l’établissement. À notre connaissance, aucune note de service locale ne définissait précisément les modalités d’utilisation du Portique à Ondes Millimétriques (POM) et pour cause celle-ci est en discussion à la DGAP.
Une question se pose alors : pourquoi l’officier en civil à 15H45 qui était au milieu des familles ne nous a pas demandé d’explications et empêcher le portier de nous ouvrir ?
Si un problème de sécurité existait réellement, où était le gradé ou l’officier censé encadrer la mise en œuvre du dispositif ? Pourquoi avoir laissé un agent seul, gérer une situation qui nécessitait manifestement un arbitrage hiérarchique ?
Avant de distribuer les responsabilités, encore faudrait-il s’interroger sur l’organisation mise en place et sur les consignes réellement données aux personnels.
Nous constatons également que les responsables régionaux de l’UFAP semblent aujourd’hui davantage préoccupés à donner des leçons de syndicalisme qu’à défendre concrètement les intérêts des personnels, bizarrement cette publication est restée au niveau de la région car nationalement il serait bien étrange que la position de passer les agents sous le POM sans directives fassent l’unanimité ?
À FO Justice, nous ne faisons pas de populisme syndical. Nous sommes présents quotidiennement sur le terrain, au contact de l’ensemble des personnels, tous corps et grades confondus. Nous échangeons avec les collègues là où ils travaillent réellement, en détention comme dans les différents services.
Contrairement à certains, nos visites ne se limitent pas aux bureaux administratifs ou aux rencontres institutionnelles.
Nous nous souvenons notamment d’une publication de l’UFAP concernant une visite à Charleville-Mézières, affirmant avoir rencontré l’ensemble du personnel de détention.
Pourtant, plusieurs collègues présents ce jour-là indiquent n’avoir vu aucun représentant de votre organisation dans leurs secteurs et pourtant la structure et de petite taille.
La crédibilité syndicale ne se construit pas à coups de publications Facebook ou de polémiques stériles. Elle se construit par la présence, l’écoute, le travail de terrain et la défense quotidienne des agents d’où l’importance de nos délégations et des participants à nos réunions.
Avant de donner des leçons aux autres organisations syndicales, il serait peut-être opportun de commencer par balayer devant sa porte.
FO Justicerestera fidèle à ses valeurs : proximité, engagement et défense sans compromis des personnels et pas à la maison ou cacher dans un bureau.
À partir du 10 juillet, les six fontaines à eau des sites Leclerc et Péri du Tribunal Judiciaire de Toulon seront retirées.
Oui, en pleine période de fortes chaleurs.
Oui, alors même que de nombreux agents travaillent déjà dans des bureaux mal isolés, sans climatisation, parfois vétustes et difficilement ventilés.
Dans n’importe quelle administration normalement organisée, une telle situation apparaîtrait absurde. À la justice, elle devient presque banale.
Faute d’anticipation et à la suite de l’interruption d’un marché public, la solution trouvée consiste désormais à déposer des palettes de bouteilles d’eau dans un hall, quand les agents continueront, eux, à travailler dans des locaux parfois étouffants.
Pendant ce temps, les discours institutionnels sur la « modernisation », « l’attractivité » ou encore la “qualité de vie au travail” continuent tranquillement de circuler.
La réalité, elle, est beaucoup plus simple : quand il fait 35°, les personnels de justice aimeraient simplement pouvoir travailler dans des conditions dignes… et avoir accès à de l’eau fraîche.
Manifestement, c’est devenu trop demander !
Peut-être devrions nous aller travailler directement au SAIJ à Aix-en-Provence ??? Et, pour paraphraser Coluche : Dites-nous de quoi vous avez besoin, et le SAIJ vous expliquera comment vous en passez…
► FO Justicerappelle que la protection de la santé et des conditions de travail des agents ne relève ni du confort, ni du luxe, ni d’un détail logistique.
Les personnels de justice méritent mieux que des bâtiments surchauffés, des solutions improvisées et une gestion permanente dans l’urgence.
À force de faire des économies sur l’essentiel !
C’est le respect même des agents qui finit par s’évaporer.
Suite à la décision économique de notre administration de nous laisser sans lieu de restauration, par le non renouvellement du contrat de notre gérante contractuelle et/ou la non « rentabilité » à la vue de la faible fréquentation du lieu, notre syndicat a décidé de reprendre la main sur ce dossier en interpellant l’action sociale et en mettant tout en œuvre pour trouver une solution pérenne pour la restauration des personnels de la MA.
La date de fin du contrat de l’agent concerné étant connue depuis plusieurs mois, il paraît légitime de s’interroger sur les mesures d’anticipation qui auraient pu être mises en œuvre afin d’éviter une suppression de l’offre de restauration sans solution de remplacement identifiée.
L’accès à une solution de restauration constitue, en effet, un élément important des conditions de travail, du bien-être des agents et de leur pouvoir d’achat.
À ce titre, la préservation de l’offre existante ou, à défaut, la recherche d’une solution alternative apparaît comme un enjeu essentiel.
Madame la directrice, dans un contexte où les enjeux de qualité de vie au travail, de cohésion des équipes et de pouvoir d’achat sont régulièrement mis en avant par notre ministère, cette situation mérite, me semble-t-il, une attention particulière. Ainsi, notre syndicat a d’ores et déjà transmis un mail sur la situation à la DHRAS, au CRAS et au SGA FO justice.
Dans notre établissement, de nombreux agents accomplissent leurs missions avec sérieux, professionnalisme et sens du service public. Ils s’investissent chaque jour pour assurer le bon fonctionnement des services et cherchent, par leurs initiatives, à améliorer les pratiques.
Pourtant, un constat revient régulièrement : cet engagement est de moins en moins reconnu.
Les agents qui proposent des améliorations, signalent des difficultés ou formulent des remarques constructives ont parfois le sentiment de ne pas être entendus. Trop souvent, leurs propositions restent sans réponse, leurs remontées de terrain sont minimisées, voire écartées.
Cette situation interroge également certaines pratiques de management. Un management efficace ne se limite pas à donner des directives : il repose sur l’écoute, la confiance, le dialogue et la reconnaissance du travail accompli. Lorsque les échanges se réduisent, que les remontées de terrain sont ignorées ou que l’expression des difficultés est perçue comme une contestation, le climat de travail se dégrade et les équipes se démobilisent.
Depuis quand vouloir améliorer le fonctionnement d’un service serait-il un manque de loyauté ? Depuis quand faire remonter des difficultés professionnelles reviendrait-il à remettre en cause la hiérarchie ?
Les personnels de terrain ne sont pas des opposants. Ils connaissent la réalité quotidienne des services et leur expérience constitue une véritable richesse. Une organisation progresse lorsque la parole des agents est écoutée, respectée et prise en considération.
À l’inverse, lorsque les agents ont le sentiment que leur expression dérange, c’est la motivation, l’implication et la confiance qui s’affaiblissent.
FO Justice réaffirme son engagement pour :
Une véritable écoute des personnels ;
La reconnaissance de l’investissement des agents ;
Un management fondé sur le dialogue, la confiance et le respect ;
Le droit, pour chacun, de s’exprimer librement sans être soupçonné de déloyauté.
Les agents investis ne sont pas des problèmes à gérer. Ce sont des professionnels engagés, dont les compétences, l’expérience et les propositions méritent d’être entendues.
Jour après jour, nuit après nuit, les personnels pénitentiaires du CP Le Havre répondent présents. Malgré le nombre des mouvements et d’activités, malgré le manque d’effectifs, malgré un climat de plus en plus pesant, les agents tiennent la baraque !
Par pure conscience professionnelle et par dévouement pour le service public, ils accomplissent leurs missions de manière irréprochable. Sécurité, greffes, insertion, détention, services administratifs et techniques… Aucun maillon ne faiblit.
MAIS À QUEL PRIX ?
L’accomplissement ne se fait plus dans la sérénité, il se fait au détriment de notre santé. Le mal-être au travail s’enracine ! Fatigue physique intense ! Charge mentale saturée ! Équilibre entre vie professionnelle et vie privée ! Et la liste peut se prolonger.
UNE CORDE PLUS QUE TENDUE !
Les gestions quotidiennes de la détention et des plannings sont devenues un exercice de funambulisme et un véritable casse-tête pour pallier les postes vacants, et certains jours il est nécessaire d’avoir recours « à l’îlotage ».
Il ne faut pas que cela entre dans les mœurs. Ces routines ont créé un climat malsain, où beaucoup d’agents ne s’étonnent même plus du peu de considération qui leur est accordée
Les agents ne sont pas des machines ! Le dévouement a des limites : celles de leur dignité et de leur santé !
FO justice CP Le Havreexige :
Une réelle prise en compte du mal-être par des mesures concrètes
Que tous les agents expriment leurs ras-le-bol et problèmes à la direction dès qu’ils en ont l’occasion pour rapporter la réalité du terrain. La parole et les propositions ne doivent pas être bridées.
Un plan d’attractivité et de recrutement massif qui fera baisser les pressions qui pèsent sur les épaules de tous les personnels.
FO justice salue le professionnalisme hors norme de tous les agents qui, malgré la tempête, continuent d’honorer leurs missions avec fierté.
FO justice vous accompagne tous les jours dans la galère et vous soutiendra dans toutes les démarches.
Hier soir, à la suite d’une suspicion d’introduction d’armes au sein de l’établissement, une fouille d’urgence a été organisée.
L’ERIS de Rennes, accompagnée d’un chien spécialisé, sont venues en renfort de l’ELSP, des agents volontaires, des officiers ainsi que des membres de la direction afin de procéder à des fouilles ciblées.
Au total, cinq cellules ont été fouillées. Ces opérations ont permis la découverte de :
200 € en espèces.
7 téléphones : 5 de marque Apple et 2 mini smartphones et leurs accessoires.
6 IPTV
Environ 70 grammes de substances s’apparentant à de l’herbe de cannabis.
6 pastilles blanches non identifiées et 14 sachets roses.
Si aucune arme n’a finalement été découverte, les objets et produits saisis démontrent que les projections illicites constituent une menace permanente pour les personnels et l’établissement.
Le Bureau Local FO Justice remercie la direction pour sa réactivité et la mise en place rapide de cette opération, indispensable à la sécurisation des personnels et de l’établissement.
Le Bureau Local FO Justice tient également à saluer l’engagement exemplaire de l’ensemble des personnels, tous grades confondus.
Malgré les fortes chaleurs, le manque chronique de personnel, quel que soit le grade, les heures supplémentaires qui s’accumulent et les rappels de plus en plus fréquents, les agents répondent une nouvelle fois présents avec professionnalisme.
Le Bureau Local FO Justice remercie également les équipes ERIS de Rennes et Paris pour leur intervention aux côtés des personnels de l’établissement lors de cette opération de sécurisation.
Le Bureau Local FO Justice alerte depuis plusieurs mois sur la nécessité d’installer un système anti-drone performant autour de l’établissement. Les projections illicites se multiplient et représentent une menace grandissante pour la sécurité des personnels.
N’attendons pas qu’un drame survienne pour agir. Il est temps que l’administration donne aux établissements les moyens de lutter efficacement contre ce phénomène.
Objet : Note de mobilité des CPIP et mépris des CIMM
Monsieur le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire,
Lors des débats houleux sur la note de mobilité des CPIP, FO Justice avait tiré la sonnette d’alarme. Nous avions voté contre ce texte, car nous avions anticipé la dérive gravissime qu’il autorise à savoir permettre à l’administration de muter des agents sans CIMM avant ceux qui détiennent pourtant cette priorité légitime.
Pendant ce temps, d’autres organisations syndicales, à l’instar de la CGT IP/PÉNITENTIAIRE et du SNEPAP-FSU, préféraient valider cette régression en CSA SPIP et CSA AP.
Aujourd’hui, les faits nous donnent malheureusement raison, et le prix à payer est humainement inacceptable.
La situation de la Polynésie cette année en est l’illustration parfaite et révoltante : 3 postes étaient ouverts.
Deux de nos collègues CPIP, actuellement en métropole et détenteurs des CIMM avec raisons particulières (RC, RS) pour ce territoire, attendaient légitimement leur retour.
Résultat ? L’administration a choisi de muter 3 agents non-originaires, laissant nos 2 collègues sur le carreau. Comment l’administration peut-elle justifier un tel traitement RH ? Comment regarder en face des agents à qui la loi reconnaît un lien structurel avec leur territoire d’origine, et leur préférer des profils sans attaches prioritaires, au mépris des règles de transparence les plus élémentaires ?Face à cette injustice, FO Justice n’a pas attendu la publication de cette lettre ouverte pour agir. Nos équipes se sont immédiatement coordonnées pour mener la riposte à tous les échelons :
Au niveau national, en exigeant et en engageant le réexamen de la situation des collègues indûment bloqués
Au niveau régional, à travers une journée de mobilisation massive organisée le jeudi 18 juin 2026
La colère des personnels est profonde, légitime, et elle s’est exprimée. Le problème de fond reste entier et l’arbitraire ne peut devenir la règle. Notre organisation syndicale a été la seule à intervenir à tous les niveaux et a obtenu la mutation dans l’intérêt du service de nos 2 collègues CPIP pour la Polynésie.
Ce phénomène destructeur n’est malheureusement pas l’apanage des CPIP. FO Justice observe avec la même gravité cette gestion opaque et hors-sol de la mobilité avec CIMM au sein du Corps de
Commandement et des Personnels Techniques. C’est tout un système de gestion des ressources humaines qui dysfonctionne à l’échelle de votre direction et qui lèse les personnels ultramarins, tous corps confondus.
Ce passe-droit institutionnalisé détruit des projets de vie et bafoue les droits des agents ultramarins.
L’Administration Pénitentiaire ne peut se complaire dans une telle injustice sous prétexte que certaines organisations syndicales ont été signataires de ce recul social.
Pour ces raisons, FO Justice exige fermement et solennellement la révision immédiate et sans délai de la note de mobilité des CPIP sur la question des CIMM, afin de sanctuariser la priorité absolue due aux agents originaires, conformément aux dispositions de l’article L512-19 du Code Général de la Fonction Publique.
Il est temps que l’administration assume ses responsabilités, entende la contestation qui s’est exprimée dans les territoires et cesse de fragiliser ses personnels.
FO Justicecombattra sans relâche ces pratiques et exigera le rétablissement de l’équité pour tous les agents des outre-mer.
Ce mardi 30 juin 2026 se tenait le CSA le la DGAP, le tout premier présidé par notre nouveau Directeur Général.
► LE PORT DE L’ARME
► FO Justiceconstate des avancées… mais déplore un manque flagrant d’ambition !
Deux projets de décrets ont été présentés. Le premier autorise les personnels des ESP à conserver leur arme de service dans leur hébergement lors des missions avec découché. Le second permet aux agents des ERIS, sous autorisation du DISP, de conserver leur arme à leur domicile ainsi que durant leurs trajets domicile-travail.
Si ces dispositions constituent une première évolution,FO Justicerefuse de s’en satisfaire. Après les engagements pris à la suite des événements dramatiques où de nombreux collègues ont été menacés devant leur domicile, ces textes restent très en deçà des attentes des personnels. Ils ne répondent ni à la réalité des risques encourus ni à la nécessité de garantir une protection permanente des agents.
► FO Justicea donc défendu des amendements sur ces deux textes, visant à permettre :
À l’ensemble des ESP de conserver leur arme de poing sur eux lors des missions longues avec découché, et non dans « un contenant sécurisé, sous surveillance constante ».
Aux ERIS de bénéficier d’un port d’arme élargi pour les trajets domicile/travail et non avec des restrictions excluant « les transports en commun » et les « établissements recevant du public ».
L’administration s’est retranchée derrière les contraintes juridiques et la potentielle opposition du Conseil d’État pour refuser toute évolution.
En cohérence, FO Justice a donc voté contre ces deux décrets qui ne répondent en rien aux attentes, et se révèlent contre-productifs, voire dangereux pour les agents. FO Justice continuera d’exiger un véritable droit au port d’arme adapté aux missions des personnels pénitentiaires et conforme aux engagements pris par le Garde des Sceaux.
Nous ne pouvons laisser sous silence la posture de l’UFAP, de la CGT et du SPS. En effet, les deux premiers se sont abstenus, et le troisième a voté pour… alors même que certains ont présenté des amendements que l’administration a rejetés.
Au-delà du manque de cohérence flagrant d’une telle posture, ces syndicats permettent l’adoption d’un texte insatisfaisant, incomplet, et, FO Justice l’affirme, qui va mettre plus encore nos collègues en difficulté sur le terrain.
Mais, plus grave encore, ils permettent à l’administration de « cocher une case » en satisfaisant une commande du Ministre, avec un contenu pourtant très éloigné de ses engagements pris au lendemain des attaques « DDPF ». Ils nous privent, par la même occasion, de toute possibilité de rouvrir ce dossier dans un avenir proche. Les collègues apprécieront…
► LES CAMÉRAS EMBARQUÉES
Un projet de décret relatif au déploiement des caméras embarquées dans les véhicules pénitentiaires nous a été présenté. Près de 5000 équipements sont prévus afin de couvrir le parc automobile. Ce dispositif constitue une avancée importante pour renforcer la sécurité des missions et objectiver les incidents.
► FO Justice est intervenu afin que la protection de l’identité des personnels soit pleinement garantie. À notre demande, l’administration s’est engagée à ce que les agents soient identifiés par leur matricule et non par leur nom, dans la doctrine d’emploi des caméras.
Cette garantie constitue une victoire pour FO Justice, qui restera particulièrement vigilant sur les conditions de déploiement et d’utilisation de ces nouveaux équipements.
► L’EXPÉRIMENTATION DES ÉTABLISSEMENTS « INSERRE »
Les débats ont été particulièrement nourris et de nombreux amendements ont été discutés. Plusieurs propositions portées par FO Justice ont été retenues par l’administration.
► Voici les avancées obtenues par FO Justice :
•Trinôme : intégration de toute la filière expertise dans sa composition (proposition FO Justice adoptée).
•Transfert après incident grave : rétablissement du délai maximal de 48h, supprimé dans une version antérieure, adopté à l’unanimité.
•Entretien des locaux : suppression de la mention « en capacité physique de le faire », jugée inutile par FO Justice.
•Tabac :FO Justice demandait la suppression totale des dispositions incompatibles avec la loi Évin.
L’administration a proposé un compromis, avec des fumoirs dédiés et la possibilité de fumer dans les espaces extérieurs non couverts, hors lieux de travail.
•Restauration :FO Justice s’est fermement opposé au forfait monétisé (~6€/repas), dénonçant les risques de trafics, racket, monnaie interne et tensions. L’administration a cédé sur ce point et retenu un système de points non fongibles.
•Commissions de vie (art. 27 à 29)
Dans un premier temps, FO Justice a soutenu l’amendement de suppression totale porté par l’UFAP, finalement rejeté par l’administration, au nom du caractère expérimental de l’établissement.
Devant ce refus, FO Justice a porté un deuxième amendement visant à s’opposer, sur le principe, à toute forme de représentation des personnes détenues. Nous avons obtenu une modification sémantique importante en remplaçant les termes « instance représentative » par « comité de vie » et la suppression du terme « représentant » s’agissant des personnes détenues. Ces formulations beaucoup plus neutres sont plus en adéquation avec notre vision de la parole donnée à la population pénale, et plus sécurisantes pour le devenir du projet INSERRE.
Curieusement, nos amendements, visant à mieux encadrer le dispositif, n’ont pas été soutenus par l’UFAP et le SPS. Pourquoi n’ont-ils pas voulu essayer de contenir la portée de cet article ? FO Justicese pose toujours la question…Préféraient-ils laisser le texte dans son écriture initiale, avec les dérives que l’on pouvait craindre ?
► FO Justices’est donc abstenu sur l’ensemble du texte, reconnaissant les avancées obtenues sur plusieurs points tout en maintenant ses réserves sur les commissions de vie.
► Là encore, il est important de connaître les votes des autres OS : L’UFAP s’est abstenue alors que la plupart de ses amendements ont été rejetés… étrange autant qu’incohérent. Le SPS s’est abstenu… mais il s’était déjà abstenu de présenter des amendements… tout en soutenant ceux de l’UFAP… Allez comprendre.
Quant à la CGT… ils étaient tout simplement absents, partis au moment de la pause déjeuner, sans doute avaient-ils mieux à faire en cet après-midi ensoleillé.
► LA TRANSPOSITION DE LA DIRECTIVE 2003/88/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN
Trois textes (un décret, un arrêté et une note) nous étaient présentés « pour information » avant d’être soumis à l’avis du CSA-M le 8 juillet prochain. Ce sujet a déjà été longuement débattu lors de trois multilatérales au cours desquelles FO Justice a porté des amendements, et a fait part, sans détour, de ses doutes et de ses inquiétudes.
Après plus de 20 ans d’allègres dérogations à cette directive, censée encadrer le temps de travail des personnels et apporter des garanties strictes, l’administration se décide soudainement et sans doute un peu précipitamment, à rentrer dans le rang.
► La directive européenne impose deux nouvelles règles majeures en matière de garanties sur le temps de travail :
• La moyenne des heures (heures supplémentaires comprises) ne peut pas dépasser 48 heures hebdomadaires sur une période glissante de 6 mois.
Il sera toutefois possible, pour les agents volontaires, de déroger à cette limite par une procédure dite « opt-out ».
C’est un engagement individuel, qui ne peut pas être imposé par l’administration et qui ne peut porter grief à l’agent s’il ne consent pas à déroger.
• Le repos quotidien de 11 heures devient une règle absolue, sans possible dérogation. L’administration sera tenue de faire récupérer à chaque agent le temps de repos dû et non pris, et ce, dans les plus brefs délais, et quoi qu’il en soit dans la limite de 14 jours.
Ces mesures sont, à priori, destinées à préserver les temps de repos des agents et leur apporter des garanties supplémentaires.
Toutefois, conscient de l’état de nos effectifs, et de la difficulté d’appliquer strictement ces règles nouvelles, mais aussi de la propension de certains chefs de service à interpréter, voire à détourner une règle protectrice pour en faire un dispositif en défaveur des personnels, FO Justicea martelé son exigence de fermeté et de transparence sur les consignes qui seront données pour l’application de ces textes. C’est également en ce sens que nous avons largement fait amender la note qui accompagnera la diffusion de ces textes, afin de verrouiller, autant que faire se peut, la stricte application du texte dans l’esprit de la directive européenne.
► Mais une autre inquiétude demeure : en l’état, l’applicatif ORIGINE n’est pas en mesure d’automatiser les calculs et d’émettre des alertes aux planificateurs, que ce soit pour le dépassement de la moyenne sur les 6 mois ou la récupération des 11 heures de repos sur 14 jours. Même la « v2 de ORIGINE », dont le déploiement est déjà bien laborieux, n’intègrera pas non plus ce calcul.
► FO Justice a insisté pour qu’une demande de modification soit faite, en urgence, auprès du prestataire, afin d’implémenter cette disposition dans le logiciel. Dans l’attente, il est hors de question que pèsent sur les BIOS ou les planificateurs la charge et la responsabilité de procéder à des calculs alambiqués à la main ou sous forme de tableurs.
C’est pourquoiFO Justice insiste pour que ces textes ne rentrent en application que lorsque ORIGINE permettra, d’un point de vue pratique et technique, de s’assurer de leur stricte application. Dans le cas contraire, et dans l’hypothèse malheureuse où un agent serait victime d’un quelconque accident ou incident alors que son temps de repos n’a pas été respecté, FO Justicesaura rappeler à l’administration qu’elle est seule responsable.
► FO Justice vous apportera plus d’éléments à ce sujet après présentation des textes en CSA-M.
Certaines organisations promettent monts et merveilles en déclaration, puis s’effacent au moment du vote.
FO Justice ne joue pas à faire semblant !
Nous restons dans le vrai, dans les faits, dans les actes !