Lors du CSA de ce jour, FO Justice a demandé le report du projet de décret relatif au port et à la détention des armes lors des missions longues et à domicile, pour les Personnels des ERIS.
Alors que certaines Organisation Syndicales souhaitaient concentrer ce texte uniquement sur les ERIS en voulant à tout prix forcer son étude lors de ce CSA, FO Justice a porté une vision plus large et plus cohérente des réalités opérationnelles de l’administration pénitentiaire pour différencier le sujet missions longues et détention à domicile, en deux textes distincts.
Pour FO Justice, la problématique sécuritaire ne concerne pas exclusivement les Collègues ERIS !
Les Personnels des ESP dans le cadre des missions longues, des transfèrements sensibles, des éloignements géographiques ou des missions avec découchage, sont eux aussi exposés à des risques importants et à des contraintes opérationnelles particulières.
► FO Justice refuse donc qu’il existe des Personnels armés de “première” et de “seconde” catégorie au sein de l’administration pénitentiaire.
► C’est pourquoi FO Justice revendique :
Face à nos arguments, le Directeur général de l’administration pénitentiaire a accepté le principe d’étendre un certain nombre de ces mesures à l’ENSEMBLE DES ESP.
►Les textes modifiés seront présentés lors des prochains CSA de la DGAP.
FO Justice prend acte de cette avancée importante obtenue grâce à notre intervention.
FO Justice continuera à défendre TOUS les Personnels, sans distinction.
Même Mission. Même Exposition. Même Protection !
Vu notre population pénale, on va vite le devenir…
Rien ne va plus au Craquelin, la maison d’arrêt tourne avec 33 détenus en matelas au sol, tout cela avec un sous-effectif constant en détention !
Le sous-effectif à tous les niveaux ! Un manque cruel de capitaines, dont un est en renfort à la MC SAINT MAUR, pour compenser, 1 Major fait fonction d’adjoint de bâtiment, 1 surveillante passe faisant fonction brigadier-chef encadrement.
Résultat ? On enlève une surveillante de détention du craquelin pour renforcer les capitaines de la MC SAINT MAUR.
5 DPS à gérer dont 3 en maison d’arrêt, sans compter les profils criminalité organisée ! On nous ajoute 1 détenu de la mutinerie de la MC SAINT MAUR, profil non adapté à la configuration de notre établissement ! Les profils du quartier isolement se retrouvent en détention …
Les collègues se font agresser à la chaîne, la population pénale ne se limite plus aux surveillants d’étage, ce vendredi 15 mai, le chef de bâtiment C surprend un détenu avec un iPhone, mécontent ce dernier agresse physiquement le Chef de bâtiment.
Le 19 mai en commission de discipline, un détenu n’accepte pas la sentence de 20 jours de quartier disciplinaire et le fait que sa cocaïne qu’il venait d’apporter sur lui en commission lui soit retirée, il s’en prend physiquement au chef des détentions adjoint qui préside ladite commission, il a tenté de lui assener un coup de tête puis un coup de poing et a proféré des menaces envers un Major.
Nos agresseurs peinent à partir alors que l’on reçoit ceux d’autres structures.
Nous sommes épuisés tant mentalement que physiquement à cause d’un planning surchargé par les heures supplémentaires et d’un roulement de service ne permettant pas de repos efficace.
FO JUSTICE CP CHATEAUROUX :
Annie Cordie aurait pu la chanter cette chanson, et même si le refrain prête à sourire, il n’en est pas moins grave !
Aujourd’hui un de nos collègues a eu, d’après un détenu mécontent, l’audace d’appliquer le règlement en saisissant un yoyo situé dans la boîte collée à la porte et un drap déchiré.
Jusque-là rien de plus ordinaire, mais voilà notre usager contraint du service public qui, n’écoutant que sa frustration et voulant faire connaître sa désapprobation, a préféré tout bonnement donner un violent coup de poing à notre collègue « un peu trop professionnel et consciencieux à son goût ».
L’alarme fût déclenchée, et l’usager contraint mécontent fût escorté manu militari en première classe au relais château.
Bien entendu une paire de draps lui aura été fournie. Nous espérons que la première paire de draps quant à elle fera l’objet d’une retenue au profit du trésor public, et que cette personne détenue bénéficiera de nos infrastructures le plus longtemps possible (30 jours).
Le tout dans le but de calmer les ardeurs de notre apprenti « Expendable’s sexagénaire » !!
Il semblerait que la déesse « LAXATIVA » se soit vengée, et que sous l’émotion, un sur incident soit intervenu dans les fondements de ce détenu.
Nous espérons que notre collègue se remettra de ses émotions, et la section locale FO lui apportera tout son soutien dans les démarches qu’il souhaiterait entreprendre.
Nous souhaitons un prompt rétablissement à notre collègue blessé et félicitons les collègues pour leur professionnalisme.
► À mi-mandat, des zones d’ombres à éclaircir :
À mi-parcours du mandat de la nouvelle direction, FO Justice PJJ s’interroge. L’ ENPJJ censée être le pilier de la formation des agents du service public, semblerait traverser une période de désorganisation et d’opacité préoccupantes, touchant la plupart de ses services.
Notre organisation syndicale réclame des clarifications urgentes, des explications transparentes et la mise en place de procédures identifiées.
• Une gouvernance sans cap réel et l’existence de dérives :
Il semblerait qu’aucun projet stratégique d’école n’ait été formalisé depuis 2022. Or, comment une école pourrait-elle fonctionner sans vision définie et sans lignes directrices formalisées, travaillées et partagées ?
Le rapport d’audit de l’école aurait laissé apparaitre de nombreuses fragilités. Quelles sont en transparence les avancées sur ces défaillances à l’heure où un rapport intermédiaire devrait intervenir ?
Les instances de pilotage prévues par les textes auraient été suspendues, supprimées ou transformées en bilatérales (comité pédagogique, conseil pédagogique, comité d’établissement, cellule de veille en liens avec la DRHAS). Mais comment assurer transversalité, pluridisciplinarité et transmission sans ces espaces de dialogue ?
Des postes à enjeux seraient gérés par des professionnels non aguerris, des postes clés seraient occupés par des juniors en CDD. Des missions majeures seraient confiées à des agents sans compétences techniques. Cela générerait l’absence de gestion rigoureuse, des contrôles financiers internes et une grave insécurisation des pratiques professionnelles sur le plan SST et la maitrise des risques.
FO justice PJJ s’interroge sur la fiabilité des comptes, sur la santé et la sécurité des agents. Comment exercer sereinement dans ces conditions ?
La gestion serait dispendieuse alors que les moyens seraient très insuffisants pour le cœur de mission : à l’heure où les PTF sont exsangues, des dépenses non indispensables seraient récurrentes :
petits déjeuners institutionnels, festival du cinéma à plus de 3000 euros, financement de prestataires extérieurs pour des montants questionnant alors que l’ENPJJ est dotée de formateurs. Il semblerait également que de nouvelles dépenses soient à l’œuvre notamment pour un logement de fonction nouvellement créé spécifiquement pour la nouvelle direction en 2024. A cela s’ajouteraient des frais de décoration, la mobilisation d’un agent technique et d’un véhicule de service pour une mission de chauffeur également pour la direction alors que ce poste est normalement dédié à d’autres missions opérationnelles à l’école.
FO justice PJJ s’interroge sur les défraiements dans le cadre de déplacements personnels, sur l’utilisation de copieurs partagés pour certains et exclusifs pour d’autres, sur l’application des règles d’économie d’énergie avec le port de doudounes estampillées ENPJJ et la mise à disposition de radiateurs électriques pour quelques privilégiés … Quelle est la doctrine en matière de logement, de dépense et d’éco- responsabilité ?
• Des pratiques managériales ou organisationnelles très problématiques :
Des collectifs en souffrance et des agents isolés témoigneraient d’un climat de travail dégradé avec la montée en puissance du turn-over et des mi-temps thérapeutiques, ainsi que la recrudescence des consultations du médecin de prévention. Quelles mesures de prévention seraient réellement mises en œuvre pour endiguer ce phénomène ?
Des traitements différenciés selon les agents et des arbitrages qui interrogent : on observerait du télétravail à 3, 4 voire 5 jours selon les agents. Le télétravail serait même utilisé pour régler des litiges entre professionnels. Des ASA accordées de manière différenciée pour les agents sur des situations similaires, des absences injustifiées sans régularisations par des jours de congés etc…
Des modalités obscures de recrutement : il y a notamment plusieurs éléments convergents sur divers sujets notamment des informations annoncées par anticipation d’affectation d’agents sur des postes à l’ENPJJ alors que la campagne de recrutement est encore ouverte et qui n’apparaissent pas dans les comptes-rendus de réunions, des consignes de personnes à écarter des opportunités de missions de formations de manière officieuse, des candidats qui ne sont jamais recontactés suite à leur candidature. Il y aurait une opacité sur les modalités de choix des formateurs occasionnels issus du terrain. Ces derniers seraient choisis par affinités sans sélection, sans commission de recrutement et sans entretien.
Également du profilage par anticipation par la publication de fiches de poste sur mesure ou au contraire des fiches de poste ouvertes indistinctement à tous les corps ou rédigées de manière erronée et hors cadre normatif, recrutement de sept docteurs au service de la recherche là où les autres écoles de la justice ou le SEREV à la centrale en ont moitié moins, des postes non déclarés vacants pour pérenniser un CDD, une responsable qui bénéficierait d’un cumul d’activités extérieures non négligeable incompatible avec son niveau de responsabilité désorganisant le service, une directrice de la recherche sans doctorat ….
Une opacité sur l’organisation interne : contrairement à la centrale et aux DIR il n’y a aucun accès possible à l’organigramme, aux fonctions, aux noms et contacts des personnes composant les services de l’ENPJJ et des pôles territoriaux de formation. Pourquoi un tel manque de transparence ?
Une école potentiellement lourdement fragilisée : si ces éléments se confirmaient, ils traduiraient de graves dysfonctionnements et le début d’un effondrement institutionnel.
► FO Justice PJJ exige :
• Des clarifications officielles sur le pilotage et la gouvernance de l’école.
• Des explications précises sur les choix organisationnels et les recrutements.
• La mise en place de procédures claires et vérifiables pour garantir la transparence et la probité.
• Le rétablissement des instances de concertation et une transparence sur l’état d’avancement de mise en œuvre de l’audit.
• L’ouverture d’une évaluation indépendante du fonctionnement de l’ENPJJ par la Centrale.
FO Justice PJJ ne cherche pas à pointer des personnes, mais à questionner un système. Si l’école devait continuer à fonctionner sans cadre, sans vision et sans règles partagées, c’est toute la mission de formation de la PJJ qui risquerait d’en pâtir.
Nous demandons que la lumière soit faite, que les procédures soient clarifiées, et que cette école du service public retrouve sa cohérence, son éthique et sa fiabilité.
Dans la continuité des travaux engagés par FO Justice avec le ministère de la Justice, une délégation FO Justice a été reçue le 19 mai 2026 par le Directeur adjoint de cabinet du ministre de la Justice.
À cette occasion, FO Justice a une nouvelle fois porté avec fermeté plusieurs revendications majeures pour l’ensemble des Personnels de l’administration pénitentiaire.
► FO Justice a notamment revendiqué :
– La modification du mode de calcul et l’extension de la prime de surpopulation pénale à l’ensemble des Personnels ainsi que sa revalorisation significative ;
– L’instauration effective d’une prime d’encadrement, revendication historique portée par FO Justice dans le cadre de la réforme statutaire et indemnitaire dont nous exigeons la concrétisation définitive.
– Un traitement beaucoup plus rapide des promotions, via un traitement du stock des demandes de reprise d’ancienneté ainsi qu’une accélération de la publication des arrêtés de promotion afin de mettre fin aux délais inacceptables subis par les Personnels ;
– La mise en place d’un véritable mécanisme de paiement du stock d’heures supplémentaires dont le paiement doit être défiscalisé, permettant ainsi aux Personnels de percevoir justement le fruit de leur travail, sans impact pénalisant pour eux ;
– Une politique ambitieuse de comblement des vacances de postes au sein de l’administration pénitentiaire, nécessitant des recrutements supplémentaires massifs afin de répondre aux besoins des services et aux difficultés rencontrées sur le terrain, dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2027, ainsi que la mise en œuvre dès 2026, d’un mécanisme permettant d’engager rapidement le renforcement des effectifs via le report d’ouverture d’établissements et leur montée en charge.
– S’agissant de la surpopulation carcérale, une ouverture rapide des discussions avec les parlementaires de la proposition de Loi (PPL) déposée par le député Florent BOUDIÉ qui s’inspire de l’article 7 de la loi SURE, obtenu grâce à l’action de notre Organisation.
FO Justice a rappelé avec force que les Personnels attendent désormais des réponses concrètes, ambitieuses et fortes, dès 2026, sur l’ensemble de ces sujets.
FO Justice restera pleinement mobilisé afin que les engagements pris ne restent pas de simples annonces et que les Personnels obtiennent enfin la reconnaissance statutaire, indemnitaire et financière qu’ils méritent.
FO Justice attend des arbitrages rapides car il y a urgence à passer aux actes !
FO Justice : déterminé, engagé, combatif !!!