Jour : 25 mars 2026
Prison de Châlons-en-Champagne : Halte aux agressions contre les Personnels et les intervenants de la MA
Le 25 Mars 2026, un surveillant et un professeur des écoles ont été victime d’une agression physique dans l’exercice de leur fonction.
Ces faits intolérables se sont produits lors d’une matinée « remarquable » ayant conduit à trois mises en prévention.
• Une bagarre entre personnes détenues en cellule,
• Une agression violente sur personnel par un MOS perturbé, en procédure criminelle pour meurtre, placé au quartier vulnérable et laissant apparaître de multiples observations négatives,
• Des violences sur un intervenant et plusieurs personnels par un détenu qui, à la vue des éléments de son dossier, semble présenter beaucoup de difficultés de gestion de par son état psychologique, son intégrisme et qui nécessita une intervention équipée avec usage d’une bombe incapacitante.
Encore une fois, nos personnels subissent les affres des regroupements de mesure d’ordre et de déséquilibrés dans un établissement dortoir, en manque de personnels, blasés et épuisés, désormais déontologiquement et sécuritairement dépourvus face à ces prises en charge compliquées.
Encore une fois, nous condamnons fermement ces agressions !
Aucune violence, qu’elle vienne d’un usager, d’un tiers ou de qui que ce soit, ne peut être tolérée contre les personnels et intervenants qui assurent des missions de service public.
Nous apportons tout notre soutien à nos collègues qui subissent les blessures physiques, les anxiétés et les inquiétudes d’un métier aux risques accrus par des décisions politiques hors sol.
Comme trop souvent maintenant, nous exigeons :
• L’octroi sans délai de la protection fonctionnelle : prise en charge des soins, soutien psychologique, assistance juridique, réparation du préjudice,
• Une enquête approfondie et des sanctions pénitentiaires et pénales contre les auteurs de ces agissements inacceptables.
Pour rappel, l’administration a l’obligation légale de protéger ses agents et les intervenants qui participent à l’action du service public !
Soutien total à nos collègues agressés !
Plateforme revendicative : Personnels Techniques
Prison de Nouméa : Situation au CP, lettre ouverte au Directeur Interrégional
Monsieur Vincent DUPEYRE
Directeur Interrégional
Direction des Services Pénitentiaires d’Outre-Mer
48, rue Denis PAPIN
94200 Ivry-sur-Seine
Objet : Conditions de travail, d’hygiène et de sécurité – Droit d’alerte
Non-respect à l’exercice du droit syndical
Attribution des récompenses aux personnels pénitentiaires
Réf. : Directive cadre n°89/391/CEE du 12 juin 1989 ;
Décret n°82-447 du 28 mai 1982 relatif à l’exercice du droit syndical dans la fonction publique
Loi n° 91-1414 du 31/12/1991 modifiant le code du travail et le code de la santé publique en vue de favoriser la prévention des risques professionnels et portant transposition de directives européennes relatives à la santé et à la sécurité du travail ;
Décret n° 82-453 du 28/05/1982 relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique ;
Décret n° 2001-1016 du 05/11/2001 portant la création d’un document relatif à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, prévue par l’article L. 230-2 du code du travail et modifiant le code du travail ;
Circulaire du 31/10/2013 relative à l’évaluation des risques professionnels pour la santé et la sécurité des personnels du ministère de la justice DUERP – NOR : JUST1327538C
Code du travail : art. L4121-1 à 5 et L4221-1, L4321-1 à 5, L3122-29 à 47 ; D4152-12 et D4153-39 et 40 ; R3122-8 à 22, R4121-1 à 5, R4212-1, R4213-1 à 4, R4215-1 à 17, R4216-17 à 20, R4222-1, R4224-14 à 15, R4226-1 à 21, R4227-
1 à 54, R4228-19 à 25, R4321-1 à 6, R4322-1 à 3, 4323-1 à 106, R4412-1 à 164, R4421-1 à R 4427-5, R4541-1 à 11 ;
Code de la sécurité sociale : art. L452-1 à L452-5 ;
Code de la santé publique : art. R1333-15 et 16 ;
Copie adressée à : Monsieur le Député et Monsieur le Sénateur de la Nouvelle Calédonie, autorités administratives territoriales concernées
Monsieur le Directeur Interrégional,
En date du 17 septembre 2025, à l’occasion de votre visite au centre pénitentiaire de Nouméa, FO Justice a officiellement saisi votre autorité sur deux problématiques majeures :
– D’une part, la gestion administrative des agents pénitentiaires ayant été directement impactés par les évènements insurrectionnels survenus à compter du 13 mai 2024 ;
– D’autre part, les irrégularités constatées dans l’élaboration du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Nous tenons une fois de plus, à rappeler que durant toute cette période de crise, les personnels pénitentiaires mobilisés ont poursuivi l’exercice de leurs missions de service public, dans un contexte particulièrement dégradé et dangereux.
En effet, nombre d’entre eux ont dû s’exposer à des risques avérés et parfaitement identifiés pour rejoindre leur lieu de travail : franchissement de barrages en feu, menaces directes, insultes, jets de projectiles, car-jackings et pour certains, l’impossibilité même de regagner leur domicile afin d’assurer la sécurité et la protection de leurs propres familles.
Beaucoup de personnels en portent encore aujourd’hui les stigmates. Force est de constater, que lors de ces évènements, la direction du CP de Nouméa n’a pas pleinement assumé ses obligations en matière de prise en charge et d’accompagnement d’agents exposés. À ce jour, les conséquences de cette période particulièrement éprouvante n’ont fait l’objet d’aucun recensement structuré, ni d’aucune évaluation ou analyse formalisée.
Le minimum attendu aurait pourtant été une reconnaissance claire et assumée de l’administration à l’égard de la valeur professionnelle, de l’engagement et du sens du devoir dont les personnels ont fait preuve durant cette période de trouble.
Or, près de 22 mois après les faits, nous ne pouvons que déplorer l’inertie persistante de l’administration face à une démarche pourtant élémentaire et de bon sens. Cette absence de considération nourrit aujourd’hui un profond sentiment de désarroi et de déception parmi les personnels. Elle fragilise leur engagement, altère leur motivation et traduit, de manière préoccupante, une rupture manifeste du dialogue social.
Deux ans bientôt, les personnels espèrent pouvoir compter sur un engagement de votre direction afin de matérialiser la reconnaissance de l’administration et de lever enfin les incompréhensions légitimes qui demeurent.
S’agissant de l’anomalie constatée dans l’établissement du DUERP, notre organisation syndicale tient à vous alerter solennellement sur les manquements persistants de la direction locale. En effet, il apparaît que durant cinq années consécutives, aucune action sérieuse n’a été engagée visant à évaluer, prévenir et améliorer les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité des agents. Une telle carence constitue une défaillance majeure au regard des obligations réglementaires qui incombent à l’autorité hiérarchique.
Nous rappelons que la législation, notamment les articles L4121-2 et R4121-1 du code du travail, impose au chef de service de mettre en œuvre les principes généraux de prévention, consistant à supprimer ou, à défaut, réduire les risques professionnels afin d’assurer la sécurité des agents et de protéger leur santé physique et mentale par des mesures de prévention adaptées et effectives.
Par ailleurs, nous constatons également l’absence récurrente de consultation des membres du CSA concernant les projets de construction, d’aménagement ou d’entretien des locaux professionnels et de leurs annexes. Or, les travaux réguliers et continus réalisés au sein de la détention impactent fortement le bon fonctionnement des services, tout en générant des répercussions concrètes sur l’organisation du travail, les conditions d’exercice des missions et la sécurité des personnels. Cette absence de concertation, pourtant obligatoire dans le cadre du dialogue social, expose les agents à des risques professionnels accrus et à des conditions de travail dégradées, incompatibles avec les exigences de sécurité et de protection qui doivent prévaloir dans l’exercice du service public pénitentiaire.
D’autre part, nous vous signalons que depuis le 31 décembre 2024, l’effectif de l’établissement, qui s’élève à 212 agents, a franchi le seuil réglementaire imposant la mise en place d’une Formation Spécialisée. Or, à ce jour cette instance n’a toujours pas été constituée. Cette carence constitue un manquement aux obligations réglementaires en matière de prévention des risques professionnels et de dialogue social. Dans le même temps, à la fin de l’année 2025, la direction du CP de Nouméa a procédé à une mise à jour précipitée du Document Unique, réalisée dans l’urgence et dans des conditions pour le moins contestables. La réalisation tardive, conduite à marche forcée, ne peut qu’interroger légitimement sur la fiabilité et la sincérité du contenu de ce document, ainsi que sur la prise en compte réelle des spécificités structurelles, organisationnelles et opérationnelles propres à l’établissement.
Plus largement, il est également constaté une rétention d’informations et de documents, des manquements répétés dans l’application des droits et prérogatives des organisations syndicales représentatives, ainsi que des entraves caractérisées à l’exercice du droit syndical, que nous détaillons comme suit :
- Absence de présentation des registres obligatoires ;
- Absence de présentation du RSU ;
- Absence des rapports du médecin de prévention ;
- Absence des rapports de la psychologue et de l’assistante sociale.
Dans ces conditions, les représentants du personnel n’ont pas été en mesure de procéder à une identification des risques professionnels dans des conditions sérieuses et complètes. Néanmoins, l’analyse du PAPRIPACT 2025 met en évidence un nombre particulièrement préoccupant de défaillances que nous estimons indispensables de porter à votre connaissance.
En effet, ce document recense 106 situations de défaillance, dont 86 classées au niveau de gravité maximal, tandis que 29% relèvent directement des risques psychosociaux, révélant une dégradation manifeste des conditions de travail.
À ce titre, nous vous présentons ci-après les principaux points critiques identifiés à l’analyse du PAPRIPACT :
- Risque incendie (absence d’exercice obligatoire, plan d’évacuation, gestion des PPSMJ) ;
- Risque électrique (identification, sécurisation, prévention des installations) ;
- Risques de chutes (moyen technique, prévention) ;
- Vérifications périodiques (absence de suivi) ;
- Organisation des secours (mise à jour du POI, information) ;
- Risques alimentaires (mise à jour du plan POI, information) ;
- Procédures non actualisées ;
- Conformités techniques à réaliser ;
- RPS (rappel des protocoles MIJ et QVCT) ;
- Zones à risques identifiées ;
- Conformité de la PEP ;
- Action de formations insuffisantes (nécessité de formation de terrain) ;
- Obligation en matière de médecine de prévention ;
- Absence d’assistant de prévention.
Le constat de la situation critique actuelle appelle une attention particulière de la part de vos services. À cet effet, nous rappelons que les obligations de l’employeur public en matière de protection de la santé, de la sécurité et des conditions de travail des agents s’inscrivent dans le cadre des dispositions applicables du code de travail, du code de la santé publique et du code de la sécurité sociale.
Lors de votre visite, vous avez pu constater par vous-même l’état préoccupant de vétusté et de dégradation avancée de la détention du CP de Nouméa.
Dans ce contexte, il est objectivement relevé une altération significative des conditions de travail, d’hygiène et de sécurité des agents. Cette situation fragilise durablement les personnels du corps d’encadrement et d’application (CEA), du corps de commandement ainsi que les personnels techniques, dans un établissement déjà fortement impacté par une surpopulation carcérale chronique et par un déficit manifeste de moyens humains et matériels.
Par ailleurs, nous constatons un déséquilibre dans la répartition des ressources humaines, marqué par un renforcement des services administratifs au détriment des services fondamentaux de sécurité et de gestion de la détention, pourtant au cœur du fonctionnement de l’établissement.
Les difficultés rencontrées dans l’exercice quotidien des missions sont régulièrement identifiées et signalées à l’encadrement fonctionnel. Toutefois, force est de constater des dysfonctionnements managériaux persistants, traduisant des pratiques inadaptées et un déficit d’encadrement intermédiaire et de proximité, bien en deçà des exigences du service public pénitentiaire et des attentes légitimes des agents.
Nous déplorons également le manque d’implication et de responsabilité des services compétents face à ces alertes répétées. À titre d’exemple, la mise à disposition d’un agent de prévention (ADP) bénéficiant d’une quotité de temps limitée à 20% illustre, une fois encore, l’insuffisance des moyens réellement engagés à la prévention des risques professionnels.
Par la présente alerte, nous réaffirmons notre attachement à l’amélioration concrète et immédiate des conditions de travail et de sécurité des agents. Néanmoins, nous le réitérons sans ambiguïté : la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire constitue, à ce jour, l’unique réponse structurelle réellement viable et sécuritaire face aux difficultés rencontrées. Ce projet demeure au cœur des revendications portées par FO Justice. Pour autant, nous restons pleinement disposés à nous inscrire dans un dialogue social constructif afin d’identifier et de mettre en œuvre, toute mesure susceptible d’apporter des améliorations tangibles à la situation actuelle, dans l’attente de la concrétisation de ce projet devenu indispensable.
En synthèse, au regard des éléments exposés, l’urgence d’agir ne fait désormais plus débat. L’absence de réponses concrètes renforce chez les personnels un profond sentiment d’exclusion, de lassitude et de manque de considération, provoquant une démotivation croissante ainsi qu’une perte de repères quant au sens et à la reconnaissance de leur engagement au sein d’une mission de service public pourtant essentielle.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Interrégional, l’expression de ma considération respectueuse.
Pouvoir d’achat et télétravail : Lettre ouverte
Objet : Pouvoir d’achat et télétravail
Madame la Secrétaire Générale,
Les fonctionnaires voient leur pouvoir d’achat s’éroder de manière continue avec une inflation de +35% sur les 20 dernières années quand le point d’indice a péniblement progressé de 9%. La conjoncture internationale actuelle est venue encore aggraver la situation.
Les conséquences de la guerre en Iran se sont faites clairement ressentir sur le prix de l’essence (+18% en 2 semaines). Ce surcoût vient impacter le pouvoir d’achat et grever significativement le budget des fonctionnaires qui utilisent quotidiennement une voiture thermique pour venir travailler.
A situation exceptionnelle, remède exceptionnel !
Pour cette raison nous sollicitons un assouplissement des conditions et des modalités de mise en œuvre du télétravail au sein du ministère de la justice fixées par la circulaire du 23 février 2024.
Comme le prévoit la circulaire elle-même, nous réclamons la mise en place des modalités exceptionnelles prévues en cas de « situation exceptionnelle » qui « s’entend comme une situation perturbant (…) le travail sur site ».
Nous réclamons la possibilité pour nos collègues de faire plus de 3 jours de télétravail par semaine (alors que dans la pratique nos collègues sont trop souvent limités à 1 jour de télétravail par semaine) et de s’affranchir de l’obligation de présence de 2 jours par semaine sur le lieu d’affectation.
Nous demandons que le Secrétariat Général prenne une note afin d’encourager la hiérarchie à favoriser le télétravail partout où cela est possible (et au-delà de la limite d’1 jour de télétravail par semaine), mais également le travail sur cycle hebdomadaire de 4 jours, et ce pendant toute la durée de cette crise.
Madame la Secrétaire Générale, il y a urgence à prendre les mesures qui s’imposent pour tenter d’endiguer le paupérisme des agents en leur permettant de limiter les frais de leurs déplacements professionnels.
Prison de Rouen : Une journée chargée à la MA
Entre découvertes inquiétantes et violences sur le personnel, ce mardi 24 mars 2026 a été une journée particulièrement éprouvante pour les agents en poste.
Lors de la mise en place des douches sur la division 2, les agents ont découvert plusieurs téléphones accompagnés de leurs accessoires.
Plus inquiétant encore, un ciseau à bois dont la lame mesure 15 cm était dissimulé avec ces objets.
Une question se pose : dans quel but un tel objet est-il détenu en détention ?
Dans le cadre d’une autre fouille, un sachet contenant 15 grammes de cocaïne a également été saisi.
En fin de matinée, la détenue P., au profil psychologique instable et coutumière des insultes et menaces envers le personnel, a violemment agressé une agente en lui mordant le doigt lors de son intervention.
En milieu d’après-midi, la personne détenue B. a sorti une lame artisanale afin de s’en prendre à un co-détenu.
Elle a été immédiatement mise en prévention au quartier disciplinaire, avant d’être sortie par le service médical quelques minutes plus tard.
Enfin, lors de la fouille sectorielle du soir, pas moins de 13 iPhones ont été découverts.
Un nombre aussi important de saisies interroge : comment de tels objets peuvent-ils entrer en détention ?
Le Bureau Local FO Justice tient à féliciter l’ensemble des personnels pour leur
professionnalisme et leur sang-froid face à ces situations toujours plus dégradées.
Le Bureau Local FO Justice apporte tout son soutien à notre collègue lâchement agressée, lui souhaite un prompt rétablissement et reste à sa disposition pour l’accompagner dans toutes les démarches qu’elle entreprendra.
Le Bureau Local FO Justice demande le transfert de la personne P. qui n’a pas sa place à la Maison d’Arrêt mais sur un établissement psychiatrique.
Le Bureau Local FO Justice demande que l’établissement soit doté d’un système anti-drones afin de limiter les trop nombreuses livraisons.
Déclaration liminaire : CSA-PJJ du 24 mars 2026

Monsieur le Président,
Le décret du 12 mars 2026 n’est pas une simple étape administrative, il scelle le destin des anciens CEF et UEHC. À l’aube de la rentrée de septembre 2026, la mise en œuvre des Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE) exige une réflexion globale afin d’adapter l’outil aux réalités de terrain. En effet, le passage aux UJPE est une refonte systémique qui engage, pour les années à venir, l’organisation du dispositif de placement et l’avenir des mineurs qui nous sont confiés.
Pour FO Justice-PJJ, le cahier des charges de ces unités est un point nodal non négligeable. Nos amendements bien en amont de CSA visent à répondre aux attentes légitimes des personnels.
Nous attendons de cette instance qu’elle consacre un cadre réglementaire qui ne soit pas un carcan, mais un bien bouclier protecteur pour les agents.
Toutefois, nous tenons à l’affirmer avec force, l’UJPE n’est pas la solution miracle à la problématique de la prise en charge des mineurs les plus en difficulté. Les questions organisationnelles telles que les rythmes de travail, les astreintes, les RPS, le management, la formation, le doublement des nuits, le pilotage, le rôle des directions territoriales, le lien avec les juridictions, la sécurisation des établissements, la mise en place des heures supplémentaires, le traitement des phénomènes de violence devront faire l’objet de débats constructifs et de prises de décisions adaptées en faveur des professionnels et des mineurs suivis.
Le cahier des charges bien qu’indispensable ne peut constituer le seul outil de référence pour la bonne déclinaison des UJPE.
Monsieur le Président,
Notre organisation syndicale a délaissé l’opposition de principe et stérile pour un accompagnement vigilant. Partout sur le territoire, nos représentants ont veillé à ce que la réforme ne se transforme pas en séisme pour les personnels. Nous avons proposé, nous avons contesté, nous avons bâti des alternatives là où le projet initial menaçait l’équilibre des services.
Monsieur le Président,
Cette réforme structurelle serait vouée à l’échec en l’absence d’une reconnaissance statutaire d’envergure notamment pour les CADEC et les Directeurs de service.
À la demande de notre organisation syndicale, deux délégations composées de CADEC et de Directeurs de service ont été reçues par la Chancellerie et la Direction de la PJJ.
Nous avons porté l’exigence d’une refonte des grilles indiciaires, du règlement d’emploi pour les CADEC et l’accès à la catégorie A + pour les Directeurs de service
Pour FO Justice-PJJ, la restructuration des établissements de placement dans un contexte de poursuite de la déclinaison du CJPM ne peut se faire sans une ambition statutaire à la hauteur des responsabilités démultipliées confiées aux cadres de la PJJ.
Monsieur le Président,
Les échanges récents furent « prometteurs ». Pour autant, nous savons que les promesses sont conditionnées à la validation de Bercy. Nous comptons donc sur votre détermination pour porter et défendre cette réforme.
À ce titre, la mise en place de multilatérales au cours du mois d’avril pour débattre de la réforme statutaire des CADEC et des Directeurs de service constitue un signe positif de l’administration.
Nous tenons à le saluer tout en rappelant que nous resterons vigilants jusqu’à l’obtention de cette réforme légitime et indispensable.
Monsieur le Président,
Concernant le rapport social unique, nous regrettons que nos demandes de chiffres ou de compléments d’information demeurent sans réponse et ceci en dépit de nombreuses relances.
Pour nourrir nos échanges, éviter les conjectures, les interprétations erronées ou les discours fantasmés, nous avons collectivement besoin de cartographies précises et de chiffres consolidés. Ces éléments complémentaires permettront d’objectiver nos positions respectives et sortir le cas échéant des représentations. Ne pas répondre favorablement à ces demandes laisse planer l’idée que l’administration refuse la transparence.
FO Justice-PJJ rappelle que le Rapport Social Unique (RSU) n’est pas uniquement un recueil de statistiques, c’est le miroir d’une réalité préoccupante.
Les chiffres de l’absentéisme y dessinent une géographie de la souffrance, particulièrement alarmante sur certains territoires. Certes, l’exigence de nos métiers est absolue, les difficultés quotidiennes et une charge mentale importante. Mais ne nous méprenons pas, ce niveau critique d’absentéisme est aussi le symptôme d’une administration en manque de bienveillance. Il se nourrit de la lourdeur des procédures, de la solitude des agents face à des choix d’experts discutables, et de services plongés dans une crise structurelle où le pilotage semble avoir perdu sa boussole. Pour restaurer le présentéisme, il ne suffit pas de comptabiliser les absences, il faut guérir la gouvernance.
Par ailleurs, un autre point saillant exige un constat de vérité et notamment la montée inexorable de la violence. Ignorer ces données, c’est condamner délibérément les agents à l’insécurité. Si le « protocole violence » a permis de tracer quelques sentiers d’accompagnement, nous sommes encore loin du compte. Les difficultés demeurent nombreuses, certaines directions territoriales s’enferment dans une insensibilité coupable face aux agressions graves, tandis que l’application de la « charte violence » reste tributaire de la bonne volonté des cadres créant une inadmissible inégalité de traitement.
FO Justice PJJ dénonce avec force un dispositif de formation déconnecté des réalités de terrain et, plus grave encore, un vide sidéral en matière de prévention des phénomènes de violence.
À ce manque d’anticipation s’ajoutent les failles de sécurisation de nos établissements et des décisions juridictionnelles dont l’incohérence fragilise un peu plus chaque jour l’autorité et la sécurité de ceux qui œuvrent en première ligne.
FO Justice PJJ invite l’administration a profité des débats autour du RSU pour tirer des enseignements et fixer des nouvelles orientations nationales correctives en faveur de l’amélioration des conditions de travail du personnel.
Prison de Casabianda : La recette pour démotiver les personnels !!!
Le bureau local FO JUSTICE du CD de CASABIANDA dénonce une situation incompréhensible et inacceptable !!!
En cette période de notation, 9 personnels de surveillance plus un major voit leur note à la baisse pour des motifs dérisoires et des appréciations non fondées pour certains.
Pour FO Justice et la majorité du personnel cette pratique est vécue comme une situation méprisante.
FO local de CASABIANDA relève également qu’un agent s’est vu baisser sa note de 3% par manque de disponibilité, serait ce A CAUSE DE SA MALADIE ???
FO Justice de CASABIANDA tient à rappeler au Directeur que l’ensemble du personnel de surveillance de notre établissement cumule entre 25 et 35 ans d’ancienneté dans l’administration !!!
Une carrière longue et remplie d’expérience, que ces notes pour l’année 2025 sont dignes des bancs d’école qu’ils ont quittés depuis fort longtemps !!!
FO Justice de CASABIANDA se demande aussi pourquoi un agent se voit refuser un jour de télétravail par semaine pourtant préconisé médicalement, sans même un échange avec l’agent concerné.
FO Justice rappelle à notre Directeur que le télétravail est un droit !!!
FO Justice du CD de CASABIANDA alerte sur la POLITIQUE DE MANAGEMENT de notre Directeur, qui après une ANNÉE d’exercice devrait revoir rapidement sa copie afin de rétablir au sein de notre établissement un climat plus acceptable pour que nous puissions avancer d’une manière sereine !!!!
Pour FO Justice cette gestion mérite un carton jaune.
FO Justice est en attente de sortir le carton ROUGE !!!
À force de tout porter sur les épaules on peut tomber !!!
A BON ENTENDEUR !!!
Prison de Béziers : Incendie au CD1, des agents livrés à eux-mêmes
Ce jour, le 24 mars 2026, vers 18h15, un incendie s’est déclenché au 1er étage du CD1.
Les agents présents se sont immédiatement rendus sur place afin de faire face à la situation. Sur les lieux, ils constatent un départ de feu dans une cellule, avec une personne détenue ne répondant pas aux injonctions.
Face à l’urgence, et sans encadrement sur place, les agents ont dû intervenir seuls, les centres de détention étant perpétuellement dépourvus de Brigadier-Chef Encadrement. Dans l’attente de l’arrivée d’un gradé en provenance de la maison d’arrêt, les collègues ont fait preuve d’un sang-froid remarquable en déployant le RIA afin de contenir le sinistre.
Mais une fois de plus, les conditions d’intervention sont inacceptables.
Les agents n’ont pas pu accéder aux équipements de protection indispensables, notamment aux tenues ARI, celles-ci étant stockées dans un bureau du gradé fermé dont ils ne disposaient pas des clés.
Résultat : les collègues ont dû intervenir sans protection adaptée, inhalant une quantité importante de fumée, au mépris de leur propre sécurité.
Malgré ces conditions dégradées, ils ont poursuivi leur intervention, permettant finalement la sortie de la personne détenue, sa maîtrise et sa mise en prévention.
FO Justice CP Béziers tient à féliciter l’ensemble des agents pour leur professionnalisme, leur sang-froid et leur cohésion, qui ont permis d’éviter un drame.
Car il faut le dire clairement : c’est grâce aux personnels que la situation ne s’est pas transformée en catastrophe.
Cependant, FO Justice CP Béziers dénonce avec fermeté :
➢ L’absence d’encadrement immédiat sur les centres de détention,
➢ L’impossibilité d’accéder aux équipements de sécurité essentiels,
➢ Le manque de moyens de contrainte lors de la prise en charge de la personne détenue,
➢ Et plus globalement, des conditions de travail mettant directement en danger les personnels.
Intervenir sur un incendie sans équipement adapté est inadmissible.
Gérer une situation critique sans moyens de contrainte ne l’est pas moins.
FO Justice CP Béziers exige qu’une solution immédiate soit mise en place :
➢ Accès permanent aux équipements de sécurité,
➢ Disponibilité des moyens de contrainte,
➢ Présence effective d’un encadrement,
➢ Et organisation garantissant la sécurité des personnels en toute circonstance.
Les agents ont fait leur travail.
Ils ont pris des risques.
Ils ont sauvé une vie.
Ils méritent une reconnaissance à la hauteur !
L’administration doit désormais assumer ses responsabilités.