Aujourd’hui, je ne parle plus seulement en tant que professionnel. Je parle en tant qu’être humain EPUISÉ, MALMENÉ, ABANDONNÉ, par un système, qui s’effondre sur celles et ceux qui le portent.
JE SUIS CPIP.
Je suis censé accompagner, protéger, prévenir la récidive.
Mais comment remplir ces missions essentielles quand les conditions de travail deviennent elles- mêmes un facteur de risque ?
Les chiffres augmentent, les injonctions pleuvent, les moyens stagnent ou disparaissent. On nous demande l’impossible, toujours, sans jamais reconnaitre que l’impossible ne s’accomplit pas par le dévouement seul.
Aujourd’hui, JE DIS STOP.
STOP à la surcharge de travail chronique qui met en danger la santé physique et mentale des CPIP.
STOP à la pression constante qui transforme chaque journée en course à la survie.
STOP à l’hypocrisie institutionnelle qui exige toujours plus en donnant moins.
STOP au silence imposé, à la culpabilisation, à l’idée qu’on « doit tenir » quoi qu’il en coûte.
JE REFUSE d’être un rouage sacrifiable.
JE REFUSE d’être responsable, seul, des conséquences d’un système sous-dimensionné.
JE REFUSE que notre profession soit réduite à de la gestion des flux humains, à du tri administratif, à une illusion de suivi.
JE DEMANDE :
- Des moyens immédiats et concrets
- Une baisse urgente de la charge de travail
- Une écoute réelle, pas une façade.
- Une prise en compte de la détresse des équipes.
- Une refonte structurelle, pas des rustines.
C’est un appel de DÉTRESSE, mais aussi un ACTE DE NAISSANCE.
Parce que protéger la société, c’est d’abord protéger celles et ceux qui travaillent pour elle.
Parce que notre engagement ne doit pas nous détruire.
Parce qu’il est temps que le silence cesse.
Un CPIP en détresse, mais déterminé à ne plus subir.