Chers collègues,
Malgré les multiples alertes de notre organisation syndicale, la situation à la Maison d’Arrêt du Centre Pénitentiaire se dégrade de jour en jour et est de plus en plus intenable. Cela signifie :
- Des cellules surchargées (plus de 250% de surpopulation)
- Des conditions de détention plus que dégradées
- Une tension permanente dans les quartiers
- Une insécurité accrue pour tous
- Un manque d’effectif chronique
- Des heures supplémentaires répétées
- Pression constante
- Manque de reconnaissance
- Secteur laissé à l’abandon
- Pas assez d’encadrants pour gérer les mouvements
- Personnel et encadrants gèrent la MA à bout de bras avec peu de moyen
Comment travailler sereinement quand l’établissement déborde en permanence (presque 800 détenus) ?
Il ne manque que la petite étincelle pour que tout explose. Les personnels sont à bout (lassitude physique et épuisement moral). Le sentiment d’abandon et d’injustice grandit chaque jour. Malgré tout cela, les personnels continuent leurs missions avec professionnalisme… Mais à quel prix ?
Ce week-end encore, grâce à la vigilance des collègues, les agents ont découvert deux couteaux : le premier samedi 28, un opinel retrouvé sur un « détenu Arrivant » et un autre de type « cran d’arrêt » retrouvé le dimanche 1er mars sur un détenu en sortie de promenade.
Le week-end d’avant, une bagarre entre plusieurs personnes détenues sur la MA1 Nord et ce week-end, début d’altercation entre plusieurs personnes détenues en promenade quartier MA1 EST.
La situation est très grave, nous avons des drones indétectables qui survolent l’établissement et notre pseudo dispositif anti-drone ne permet pas leur désactivation. En attendant, le constat que nous redoutons tous laisse perplexe : projections par drones quasi quotidiennes, une quantité massive de téléphones, de produits stupéfiants, une recrudescence d’armes en détention et d’autres objets interdits (kit oreillette, cables usb, chargeur…). Chaque nuit devient un défi devant le bal des drones. Chaque service est une prise de risque supplémentaire.
La sécurité s’est énormément dégradée et c’est purement et simplement une mise en danger au quotidien des personnels. Nous ne pouvons qu’espérer que ces armes, qui traînent un peu partout, ne deviennent une norme et ne se retourneront jamais contre le personnel.
Que fait la direction ? Que fait l’administration ? Pourtant elles sont censées nous protéger ! Ne dites pas que nous ne vous avons pas prévenu.
Face à cette situation explosive :
- Quelles mesures concrètes ont été prises ? RIEN !
- Quels moyens supplémentaires ont été accordés ? RIEN !
- Quelle protection pour les agents ? LIVRÉS Á LEUR SORT.
- Quelle reconnaissance de la pénibilité réelle du travail accompli ? PAS BESOIN, ILS FONT.
Nous avons besoin d’ACTIONS FORTES ! Pas de promesses, pas de politique politicienne, pas de caresses dans le sens du poil !
FO Justice Bémao demande :
- Un plan d’urgence sérieux, fiable et immédiat contre la surpopulation à la MA
- Des effectifs adaptés à la réalité du terrain
- Un encadrement ferme des mouvements
- Des moyens technologiques efficaces contre les drones
- Une reconnaissance claire de la pénibilité et des risques
- Une écoute réelle et des engagements concrets de l’administration
- Une fouille générale de l’établissement ou, à défaut, plus de fouilles ciblées
Nous sommes les piliers du service public pénitentiaire et pas qu’un matricule.
Il est temps que la direction et l’administration se préoccupent réellement de nos conditions de travail.
Toutes nos demandes sont légitimes. Notre sécurité n’a pas de prix !
Parce que derrière les murs, il y a des femmes et des hommes qui tiennent l’institution à bout de bras.