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PJJ : Déclaration Liminaire du CSA du 30 Juin 2026

Monsieur le Président,

Avant d’aborder l’ordre du jour de cette instance, FO Justice PJJ souhaite s’arrêter sur un drame terrible qui secoue l’actualité et qui nous bouleverse tous. Nous tenons à exprimer notre émotion et notre pensée la plus profonde pour Louis, ce jeune de 17 ans lâchement roué de coups et mort pour rien.

Louis était un adolescent vulnérable, confié à l’aide sociale à l’enfance. Ce drame pose un problème de fond intolérable et notamment celui de la faillite de l’Etat dans son devoir d’assurer la protection des mineurs en danger. Ce secteur a besoin d’être renforcé. Faute de moyens, ce sont des enfants brisés qui se retrouvent exposés aux pires violences et nous savons à la PJJ que les carences de la protection de l’enfance conduisent nombre de ces jeunes dans nos services.

Monsieur le Président,

L’ordre du jour de cette instance nous amène à examiner les arrêtés portant création des Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE). Ce nouveau dispositif, qui acte la fermeture des Centres Éducatifs Fermés (CEF) et signe la fin des Unités Éducatives d’Hébergement Collectif (UEHC) au profit d’un modèle unique, représente un tournant pour notre institution et pour les personnels que nous représentons.

FO Justice PJJ tient à rappeler sa position initiale avec la plus grande franchise : nous n’étions pas favorables à la fermeture des CEF. Nous continuons de penser que cette décision risque d’engendrer une augmentation mécanique des incarcérations et de réduire l’offre éducative de prise en charge des mineurs délinquants.

Cependant, face à cette réforme imposée, FO Justice PJJ a fait le choix de la responsabilité et du dialogue constructif. Dans l’intérêt supérieur des agents de la PJJ que nous défendons au quotidien, nous avons refusé de pratiquer la politique de la chaise vide. Nous avons décidé de siéger, de négocier point par point, tant au niveau local qu’au niveau national, et ce pour arracher les dispositions les plus favorables possibles pour les personnels.

Monsieur le Président,

Ce dialogue social permanent a permis à notre organisation syndicale d’améliorer de manière très substantielle le cahier des charges des UJPE et d’obtenir des garanties majeures telles que :

  • Le Maintien du plafond d’emploi : Nous avons obtenu que les postes de professeur technique et d’infirmier, s’ils ne sont pas pourvus, soient immédiatement convertis pour recruter des éducateurs contractuels (de septembre à décembre, et au-delà si nécessaire). Ces moyens restent ainsi à la disposition directe des services.
  • La réforme statutaire CADEC et DS : Dans le cadre de l’accroissement de la charge de travail des Cadres de la PJJ, FO Justice PJJ a obtenu l’ouverture de négociation pour une refonte statutaire des corps de CADEC et DS. Les négociations sur les grilles indiciaires sont toujours en cours et nous nous en félicitons.
  • Le refus des spécialisations imposées : Nous avons travaillé avec l’administration pour éviter toute spécialisation rigide et uniforme. Aucune “étiquette” n’a été imposée d’en haut : nous avons obtenu que les équipes gardent la liberté d’apporter leur propre coloration au projet d’unité, en fonction de la réalité du terrain et des spécificités locales.
  • La baisse des collectifs : Le cahier des charges permet désormais aux services de réduire le nombre de jeunes en collectif à un minimum de 8, favorisant une organisation plus protectrice (8 en collectif / 4 en individuel). Cette organisation doit permettre aux équipes de consacrer plus de temps aux accompagnements éducatifs et de varier les modes de prise en charge. Il s’agit en l’espèce d’une prise en compte des états généraux du placement que nous saluons.
  • Une souplesse sur l’utilisation des téléphones portables : Nous avons également obtenu la garantie qu’aucune interdiction systématique du téléphone portable ne soit imposée aux mineurs comme aux professionnels. Il appartient donc aux équipes de définir les règles d’usage aux sein des services notamment lors de la rédaction des projets d’unité.
  • Renforts pour le diversifié : L’administration s’est engagée à octroyer un ETP supplémentaire dès le 6ème placement en diversifié. Il important de prendre en compte cette donnée et de réclamer systématiquement le renfort promis une fois la cible atteinte.
  • Autonomie des équipes : Ce sont les agents de terrain qui conservent la main sur les orientations de leur projet d’unité. Parallèlement, nous avons enjoint l’administration à engager des plans pour l’adaptation nécessaire de l’immobilier. Sur ce plan, des dispositions ont été prises afin d’identifier les besoins et d’accélérer les procédures pour engager les travaux.

Monsieur le Président,

Au-delà du pragmatisme de notre organisation syndicale et de notre approche constructive, notre participation aux discussions ne vaut pas blanc-seing. FO Justice PJJ aborde l’échéance de septembre avec de très vives inquiétudes que l’administration ne peut pas balayer d’un revers de main.

  • Capacité opérationnelle et immobilier : Nous sommes extrêmement sceptiques sur la capacité de tous les Établissements de Placement Éducatif à ouvrir en même temps. Les conditions matérielles et immobilières actuelles ne garantissent en rien une rentrée sereine. Même si un effort a été entrepris pour répondre à cette problématique, nous sommes très loin d’atteindre les objectifs.
  • Le recrutement des infirmiers, la santé est un pilier fondamental de la prise en charge des mineurs dans le cadre des futurs UJPE. Or, nous doutons très fortement de la capacité réelle de l’administration à résorber le déficit d’ETP d’infirmiers. Le recrutement de ces professionnels s’annonce d’ores et déjà extrêmement compliqué sur le terrain.
  • Sécurité et violences : Avec l’augmentation prévisible du recours à l’incarcération et le profil des mineurs accueillis, nous redoutons légitimement le risque d’une explosion des violences au sein de ces nouvelles structures. Régulièrement, notre organisation syndicale communique pour dénoncer des dérives en matière de violence au sein des structure d’hébergement. L’objectif étant d’alerter sur la nécessité absolue de trouver des outils pour faire face à ces difficultés quotidiennes avant la survenue d’un drame.
  • Taille des collectifs : Il est urgent de clarifier la question du nombre de jeunes pris en charge. FO Justice PJJ exige que les Directions Territoriales acceptent le principe de collectifs plus réduits.

Il est hors de question de “caser pour caser” et de surcharger les structures au détriment de la sécurité et de la qualité éducative. D’ores et déjà, l’interprétation du cahier des charges pose problème et nous réclamons une communication claire de la centrale.

  • Recrutement des professeurs techniques, Nous nous interrogeons sur l’intégration des prochaines promotions de professeurs techniques au sein des UJPE. La fiche de poste, les missions et la pluridisciplinarité sont au cœur des préoccupations. Il ne s’agit pas de positionner des agents sans réfléchir en amont à l’articulation avec l’ensemble des intervenants. De plus, nous doutons de la capacité à garantir le tutorat et l’accompagnement à la prise de poste eu égard au faible nombre de PT « culture et savoirs de base » à la PJJ.
  • Le travail isolé, sur ce point, nous vous avons alerté à plusieurs reprises. Nous regrettons profondément que la question cruciale du travail isolé n’ait pas été incluse dans la réflexion globale autour de ce nouveau dispositif. Il sera impératif de mettre en place des groupes de travail pour répondre à cet enjeu même si notre organisation syndicale considère que cela passe nécessairement par l’augmentation du nombre de postes en hébergement.

Monsieur le Président,

Par ailleurs, l’ordre du jour appelle également l’examen du guide portant sur la prise en charge des mineurs auteurs d’infractions sexuelles. FO Justice PJJ salue le fait que l’administration se penche enfin sur cette problématique centrale, thématique à laquelle notre organisation syndicale accorde une importance majeure. Les professionnels sur le terrain ont un besoin crucial d’accompagnement sur ces sujets complexes.

Cependant, nous tenons à alerter l’administration sur un point de forme. Ce document est particulièrement dense et volumineux. Le risque est grand qu’à l’instar de tant d’autres guides, il finisse par dormir au fond des tiroirs des services, faute de temps et d’appropriation. FO Justice PJJ refuse que ce travail sérieux reste lettre morte. Nous exigeons qu’une véritable pédagogie soit déployée autour de ce guide, avec des temps d’explicitation et de formation au plus près des agents dans les services. Ce document doit impérativement devenir un outil concret et vivant du quotidien, et non une simple validation de principe administrative.

Enfin, un autre point crucial de ce CSA PJJ concerne la lutte contre l’emprise du narcotrafic, un fléau qui prend au piège un nombre croissant de nos jeunes. Si l’administration a amorcé des actions notamment par le déploiement de référents « narcotrafic », FO Justice PJJ constate que leur rôle et leur efficacité restent profondément hétérogènes sur l’ensemble du territoire national. Le bilan qui avait été promis n’a jamais eu lieu, pire encore la multilatérale sur le sujet a été tout simplement annulée. Aujourd’hui, vous nous présentez le dispositif DASCO, mais pour notre organisation syndicale, ce document est beaucoup trop léger et manque cruellement de clarté au regard des enjeux. Mais nous y reviendrons au cours des échanges, nous demandons à l’administration de revoir sa copie, d’approfondir le sujet et de nous apporter des éclairages précis sur ses intentions réelles.

Monsieur le Président,

Le déploiement des UJPE, tout comme l’application des nouveaux guides, devra se faire de manière progressive, intelligible et dans le strict respect des conditions de travail des agents. Nous resterons d’une vigilance absolue lors de la mise en œuvre de ces arrêtés, corps par corps, structure par structure. Dès la rentrée, nous serons aux côtés des agents et nous ferons systématiquement remonter tous les dysfonctionnements pour éviter que les futurs UJPE deviennent les CEF d’hier.

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Déclaration Liminaire du CSA – DGAP du 30 Juin 2026

Monsieur le Directeur Général,

À l’occasion de votre première présidence d’un CSA de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire, FO Justice tient avant tout à vous souhaiter la bienvenue au sein de cette belle et grande Administration.

Une belle et grande institution, qui, vous ne pouvez l’ignorer, est en proie à une crise majeure. Une crise qui doit demeurer votre priorité absolue et mobiliser l’ensemble du Ministère. C’est évidemment la surpopulation carcérale.

Depuis trop longtemps, les personnels pénitentiaires subissent les conséquences d’une saturation chronique qui désorganise l’ensemble des établissements. Les alertes se succèdent, les chiffres explosent, les tensions augmentent. Mais sur le terrain, ce sont toujours les mêmes agents qui doivent faire face : les personnels de surveillance, les gradés, les officiers, les personnels d’insertion et de probation, les psychologues, les personnels administratifs, techniques et l’ensemble des agents qui font tenir l’institution.

► FO Justice le dit avec gravité : les personnels ne peuvent plus se contenter de subir cette situation en attendant le prochain incident grave, la prochaine agression ou le prochain signal d’alarme. Dans les maisons d’arrêt, les cellules débordent, les matelas au sol s’entassent et se banalisent, les mouvements deviennent plus complexes, les tensions s’exacerbent dans les détentions, et les conditions de travail se dégradent chaque jour davantage.

La surpopulation carcérale n’est plus un phénomène ponctuel. Elle est devenue une réalité structurelle, dangereuse, qui impacte la sécurité, les activités, les parloirs, les soins, les extractions, le travail des SPIP, la prise en charge des publics fragiles et l’équilibre général de nos détentions.

► FO Justice considère qu’une maîtrise effective de cette surpopulation ne pourra être atteinte que par la voie législative. Les circulaires, les ajustements locaux et les réponses ponctuelles ne suffisent plus. Il faut désormais un acte politique fort. C’est pourquoi FO Justice demande instamment que soit diligentée, dans les plus brefs délais, la présentation d’un projet de loi à l’Assemblée nationale afin d’apporter une réponse structurelle, contraignante et durable à cette crise.

Il faut cesser de faire peser sur les seuls personnels pénitentiaires les conséquences d’un système saturé, lié à des années d’abandon institutionnel. Les agents ne peuvent plus être la variable d’ajustement permanente de décisions qui leur échappent. Ils ne peuvent pas être condamnés à gérer l’ingérable avec des moyens insuffisants.

Monsieur le Directeur Général,

► FO Justice vous alerte sur la situation explosive à laquelle les établissements seront confrontés dans les mois à venir. La combinaison de la surpopulation carcérale, des sous-effectifs, de la multiplication des missions, de la fatigue accumulée et des tensions constitue un cocktail extrêmement dangereux. Le ministère ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.

►Il est donc impératif de renforcer urgemment les effectifs et de les redéployer utilement !

À ce titre, FO Justice demande une réduction significative des extractions judiciaires, qui mobilisent trop fortement des personnels déjà indispensables en détention. Chaque extraction organisée dans des conditions contraintes fragilise davantage les coursives, les miradors, les mouvements, les quartiers sensibles et l’ensemble de la chaîne sécuritaire. La sécurité des établissements doit redevenir la priorité opérationnelle.

Dans cette logique, FO Justice exige la suspension immédiate de la note du 17 mars 2022 relative aux bonnes pratiques des ARPEJ. Cette note a progressivement éloigné les ELSP de leur vocation première, à savoir les missions de sécurité intérieures et la sécurisation périmétrique des établissements pénitentiaires. Les ELSP ne peuvent plus continuer à pallier les insuffisances structurelles des extractions judiciaires au détriment de la sécurité des détentions.

FO Justice demande également l’accélération du déploiement des bombes incapacitantes, des pistolets à impulsions électriques (PIE) et des caméras-piétons. Assez d’attentisme ! Ces avancées, obtenues par FO Justice, doivent désormais se concrétiser rapidement sur le terrain, afin que tous les personnels disposent des moyens de protection nécessaires pour assurer leur sécurité. Des moyens qui leur ont été promis et qu’ils sont aujourd’hui en droit d’exiger.

Enfin, FO Justice réclame que soit tenu l’engagement pris au sujet de la réécriture de la note sur les gilets pare-lames, afin de garantir une doctrine claire, cohérente, et adaptée aux réalités opérationnelles rencontrées quotidiennement par les personnels

Monsieur le Directeur Général,

Vos personnels sont également en quête, légitime, de reconnaissance. Mais cette dernière ne peut pas être uniquement verbale. Les personnels pénitentiaires entendent, depuis trop longtemps, des discours de soutien dont ils attendent désespérément la traduction concrète dans leur quotidien.

Aujourd’hui, un message fort de reconnaissance ne peut se concrétiser que par des mesures indemnitaires à la hauteur de leur engagement.

► FO Justice demande donc l’augmentation de la prime de surencombrement et la révision de son mode de calcul, afin qu’elle corresponde réellement au niveau de saturation, à la présence de matelas au sol, aux tensions générées et à l’impact concret sur les conditions de travail. Cette prime doit également être étendue aux personnels qui en sont aujourd’hui exclus alors qu’ils subissent directement les effets de la surpopulation carcérale, notamment les personnels d’insertion et de probation, les officiers et les psychologues.

► FO Justice demande également l’augmentation significative des primes de nuit et de travail dominical. Le manque d’effectifs entraîne une sollicitation accrue des agents sur ces services particulièrement contraignants. Les nuits sont plus lourdes, les week-ends plus tendus, les rappels plus fréquents. Ces sujétions doivent être reconnues financièrement à leur juste niveau.

Enfin, FO Justice rappelle l’urgence de mettre en place la prime d’encadrement, sur laquelle des engagements ont été pris à plusieurs reprises. Ces gradés sont au cœur de l’organisation quotidienne des détentions. Ils encadrent, arbitrent, gèrent les urgences, accompagnent les équipes, assurent la continuité du service et portent une responsabilité opérationnelle majeure.

Cette prime doit être mise en œuvre sans nouveau report afin de valoriser pleinement leurs missions spécifiques et de finaliser le déploiement de la réforme historique obtenue par FO Justice.

Monsieur le Directeur Général,

► FO Justice souhaite également attirer l’attention de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire sur un facteur aggravant que nous vivons tous actuellement : la canicule.

Les fortes chaleurs ne sont pas un simple inconfort passager. En détention, elles deviennent un problème de sécurité, de santé publique et de conditions de travail. Dans des bâtiments parfois mal conçus, souvent anciens, mal isolés, insuffisamment ventilés, avec des coursives surchauffées, des cellules occupées à deux, trois, parfois davantage, et des mouvements permanents à gérer, la chaleur devient rapidement insoutenable.

Les agents travaillent en uniforme, avec des équipements lourds, dans des espaces confinés, sous tension, sans réelle possibilité de récupération. La canicule accentue la fatigue, les malaises,

l’irritabilité, les tensions entre personnes détenues, les incidents disciplinaires et les risques d’agression. Elle complique également la prise en charge des publics vulnérables, des personnes malades, âgées, sous traitement ou présentant des troubles psychiques.

► FO Justice demande donc que la gestion des épisodes de fortes chaleurs soit enfin considérée comme un véritable sujet de santé et de sécurité au travail dans l’Administration Pénitentiaire. L’accès à l’eau fraîche, la ventilation adaptée, la protection des postes les plus exposés, l’adaptation des rythmes lorsque cela est possible et l’anticipation des pics de chaleur doivent faire l’objet de mesures concrètes, et non de simples rappels de consignes générales.

Monsieur le Directeur Général,

► FO Justice ne vient pas aujourd’hui formuler une alerte de principe. FO Justice vient porter la parole de personnels fatigués, exposés, trop souvent oubliés, mais toujours présents pour faire fonctionner l’institution.

Ces personnels assurent une mission essentielle pour la République. Ils tiennent les établissements malgré la surpopulation, les sous-effectifs, les agressions, la chaleur, les rappels, les nuits difficiles, les dimanches travaillés et les engagements trop souvent repoussés.

► Ils attendent désormais autre chose que des constats. Ils attendent des actes !

► FO Justice attend de ce CSA des réponses concrètes, immédiates et à la hauteur de la crise traversée par notre administration. Sans personnels reconnus, protégés, renforcés et respectés, il n’y aura pas d’Administration Pénitentiaire capable de répondre aux défis qui l’attendent.

Les personnels pénitentiaires ne demandent pas des discours. Ils demandent des moyens, de la considération et des décisions.

FO Justice continuera, avec détermination, à porter leur voix et à exiger des réponses à la hauteur de leur engagement !!!

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Prison de Bordeaux-Gradignan : Manque d’Effectif ! Lettre Ouverte au Chef d’Établissement

Monsieur le Directeur,

Vous n’êtes pas sans savoir, que la situation RH de l’ensemble du CPBG est depuis ce samedi 27 Juin 2026 arrivée à une situation inédite sur notre établissement.

En effet, le service des agents n’avait quasiment personne à mettre sur les feuilles de service.

Pas de surveillants aux : Promenades – Titulaire d’étage – Porte de détention – PC – PH – Double d’étages – QI – QD – liftier – Mouvements et même Mirador.

Le sous-effectif n’est plus une difficulté : c’est une mise en danger permanente des personnels !

A tel point que l’UHSI, l’UHSA et la SAS ont été appelé en renfort, tellement la situation est désespérée.

Il est à noter le travail remarquable des surveillants et brigadiers qui tiennent à bout de bras l’établissement.

Il est à noter le travail remarquable des Brigadiers-Chefs Encadrement, qui malgré des feuilles de service vide, font face et encadrent avec le plus grand professionnalisme le peu de personnels à leur disposition.

Il est à noter le travail remarquable des Officiers, présents dès 6h30 ce week-end et qui n’ont pas hésité à faire l’appel des détenus sur les étages où il manquait des surveillants titulaires.

Toute la chaîne hiérarchique a fait preuve de solidarité et de dévotion pour tenir le CPBG !

Vos personnels sont remarquables et ils méritent reconnaissance !

C’est pourquoi, je vous demande d’accorder à l’ensemble des personnels du CPBG qui ont maintenu le navire à flot du Samedi 27 Juin au 01 Juillet inclus, l’octroi de 3 AAE chacun (qui pourront être soit prises, soit substituées à 3 CA pour être déposés sur un CET).

C’est un minimum en attendant que vous preniez enfin Monsieur le Directeur, des décisions permettant à vos personnels de travailler en sécurité d’une part et dignement d’autre part !

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Prison de Villeneuve-les-Maguelone : Le Cout Humain du Sous-Effectif !

Ce jour vendredi 26 juin 2026, aux alentours de midi, notre collègue Stéphane, affecté au quartier arrivants, a été contraint d’assurer la distribution des repas au 3e étage du bâtiment B afin de pallier le manque d’effectifs. Une fois encore, les nécessités de service ont conduit un agent à quitter son poste habituel pour répondre à une urgence organisationnelle.

Lors de l’ouverture de la cellule 731, un détenu est sorti avec son plateau-repas et a menacé l’auxiliaire d’étage de lui porter un coup de fourchette. Pour rétablir l’ordre , notre collègue est intervenu afin de faire regagner sa cellule au détenu.

Au cours de la maitrise , notre collègue a été blessé au coude lors de la chute au sol.

Evacué vers les urgences, Stéphane est en arrêt de travail jusqu’au 10 juillet, dans l’attente d’un scanner pour évaluer la gravité de ses blessures .Le détenu a, quant à lui, été placé au quartier disciplinaire.

Cet événement malheureux démontre une fois de plus que nous avons atteint les limites du supportable. Nous marchons au bord du gouffre. Aujourd hui, l’exception est devenue la règle ! VLM fonctionne continuellement en mode dégradé. A aucun moment il n’est possible d’avoir un planning complet ! Ce manque chronique d’effectif finit par épuiser et mettre de plus en plus en insécurité le personnel. Nous ne subissons plus seulement des lignes vides sur un papier, nous le payons de notre chair et de notre santé. Le poste découvert est devenu la norme … Nous ne pouvons plus fonctionner autrement . Cette gestion est un cataplasme sur une jambe de bois.

En fonctionnant ainsi, le quotidien des agents ne fait que s’enliser dans les sables mouvants de difficultés permanentes. Mais à force de tirer sur la corde, elle finira par casser .

La section FO tout entière se joint à moi pour apporter tout son soutien à notre collègue Stéphane , et lui souhaiter un prompt rétablissement

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