Ce matin mercredi 08 avril 2026, le tocsin de la colère a retenti de nouveau devant la porte de la prison, Parce qu’hier, la réalité du terrain a violemment rattrapé les fables de notre administration.
Quatre de nos collègues ont payé le prix fort dans un quartier censé être spécialisé, dédié à la pris e en charge de détenus à risque !
A VLM on se gargarise de mots savants : « gestion des profils difficiles » « protocoles de sécurité » « ouvertures à deux agents plus un gradé » sur le papier, c’est du grand art. Dans la vraie vie, c’est du bricolage permanent ! !! On
déshabille pierre pour habiller Paul . On prend ces mêmes agents pour aller boucher les trous à l’étage parce qu’il manque du monde. On prétend gérer la dangerosité , mais on finit par ouvrir des cellules à risque avec des effectifs fantômes . On nous parle de normes de procédures et de projets mais la seule norme que l’on voit sur le terrain, c’est celle de la chienlit.
Alors arrêtons le bluff ! VLM ne peut pas prétendre garantir des quartiers sécurises ou spécialises quand il craque de toutes parts sous le poids du manque d’effectifs ! !!
Ce matin nous avons obtenu le transfert du détenu agresseur, arraché par un blocage, mais dans un passé pas si lointain : une agression = un transfert ! !!
Alors , il n y a pas à pavoiser.
FO VLM tient à remercier tous ceux et celles qui ont participé à cette belle mobilisation. Nous restons sur le pont, vigilant !
Ce Mercredi 08 Avril à Rodez ce sont plus de cinquante détenus qui ont refusé de réintégrer la détention après la promenade pendant près d’une heure bloquant l’ensemble des mouvements en détention.
Leur revendication ???? L’accès au terrain de sport et aux activités sportives.
Comme c’est bizarre….
Nous avions prévenu notre Chef d’établissement par un tract en date du 24 mars de la gravité de la situation.
Depuis rien n’a été fait. Attendons-nous des blessés parmi nos collègues voire pire ?
Il est temps que notre Direction ainsi que la Direction Interrégionale se réveillent et prennent en compte la gravité de la situation afin de nous fournir un Moniteur de sport car l’été approche et le danger encore plus.
Nous ne vous félicitons pas mais félicitons en revanche l’ensemble des agents qui de par leur sang-froid ont permis de gérer de manière exemplaire cet incident.
FO RODEZ exige que notre revendication soit prise en compte afin qu’aucun d’entre nous ne soit encore mis en danger !!!!
A la MA CHALONS EN CHAMPAGNE, on innove !! Pour cocher les cases dessinées par les cols blancs du site OLYMPE DE GOUGE, notre élite locale a su, une fois de plus, apporter sa petite touche, hors texte, à ces flagellations nationales.
Certains en ont rêvé, d’autres l’ont fait !!!
Après les CSA pour l’administration…Les CVS pour les personnes incarcérées
Ces Conseils de la Vie Sociale, nouvelle instance consultative locale chalonnaise, lieu d’expression qui permet aux usagers de communiquer et d’échanger sur l’ensemble de leurs conditions de vie, de soins et d’hébergement, que l’on retrouve normalement dans les établissements médicaux sociaux comme les EPHAD, viennent donc d’apparaître dans notre établissement sous couvert de l’article 29 de la loi pénitentiaire du n°2009-1436 du 24/11/2009.
Sous couvert ??? Nous aurions plutôt dû écrire… En détournant cet article de loi qui, sous l’obligation pour les personnes détenues d’exercer une activité, mentionne que, sous réserve du maintien du bon ordreet de la sécurité de l’établissement,les personnes détenues sont consultéespar l’administration pénitentiaire surles activitésqui leur sont proposées concernant le travail, la formation professionnelle, insertion par l’activité économique, enseignement, l’activité éducative, culturelle, socioculturelle, sportive et physique.
Nous avons donc parcouru l’ensemble des textes se rapportant à ces consultations et, malheureusement, nous n’en avons trouvé aucun se rapportant à l’ordre du jour, de cette réunion, constitué ainsi :
• Information sur la surpopulation pénale…Peut être pour leur expliquer les conséquences sur les conditions de détention dégradées, l’impact sur les droits, la santé et la réinsertion de nos usagers, les coûts élevés et la surcharge de travail pour les personnels, qui perdurent depuis des décennies mais qui, hormis de nombreux rapports qui accouchent généralement de souriceaux, n’a jamais été une priorité dans les orientations sécuritaires de nos gouvernants ?
• Règles d’affectation en cellule…Probablement pour expliquer pourquoi l’administration, dans sa grande humanité, a décidé de mettre des paillasses, entreposées par terre, ne permettant plus aux détenus de se mouvoir dans leur cellule suroccupée alors que, dans les cellules voisines, des lits sont inoccupés ?
• Bénéfices/risques…Nous cherchons toujours le sens de ce dernier point, hormis le bénéfice de pouvoir jouer au tarot à 5 plutôt qu’à la belotte dans une cellule équipée pour 3 et les risques accrus de conflit violent de cohabitation, les risques sanitaires, etc…
Tout ceci devant un auditoire composé de détenus classés qui auront, à charge, comme pour la commission restauration déjà hors sujet, de répercuter l’information auprès du reste de l’ensemble de nos pensionnaires…Juste à espérer que leur narratif ne créé pas plus de frustration, de contrariété, voire de mécontentement, apportant ainsi son lot d’insécurité pour les personnels et l’établissement !!!
Encore une fois, il semblerait donc que l’application, avec la plus grande rigueur, exigée par nos hiérarchies, de l’ensemble des règles et textes régissant notre institution, ne concerne que la base et que les « chefs du dessus du panier » peuvent accommoder ces ingrédients « à leur sauce » et les interpréter à leur convenance. Instaurant sans le citer et sans vergogne un conseil/comité, pour ne pas dire syndicat, avec ses représentants, usagers de notre service public, membre de la direction, et autres participants…A quand l’OIP ???
Le jeudi 2 avril 2026 la délégation FO Justice SPIP 62 a poursuivi ses visites, et s’est rendue sur les antennes de Longuenesse et de Saint-Omer afin de rencontrer les équipes et d’échanger sur leurs conditions de travail.
Antenne de Longuenesse
Dans le cadre de cette visite, nous avons rencontré une équipe dynamique, investie et soucieuse de la qualité du travail réalisé. Néanmoins, plusieurs éléments viennent aujourd’hui fragiliser cet équilibre.
Les agents font état d’un manque de cohérence dans l’organisation globale du SPIP, notamment au regard d’une note de service locale intervenant sans articulation claire avec les orientations départementales à venir, et sans attendre la validation de cette note en CSA. Cette situation semble nuire à l’appropriation des consignes par l’équipe, qui déplore ne pas avoir été consultée pour sa rédaction, du moins de manière implicative, puisqu’un échange très sommaire en réunion de service avait précédé la rédaction de celle-ci.
Par ailleurs, certaines trames et modalités de travail, notamment une trame LSC a pu être transmise aux agents, et a été perçue comme « infantilisante » selon leurs termes, puisqu’en décalage avec leur expertise professionnelle. Les agents ont également souligné l’importance d’une transmission anticipée du planning de service. Une telle mesure leur permettrait ainsi une meilleure organisation du travail en amont, notamment pour la gestion des convocations des personnes détenues et l’aménagement nécessaire des temps de rédaction.
S’agissant du fonctionnement hiérarchique, les équipes évoquent parfois un manque de soutien dans certaines situations, notamment dans des prises de position face aux autres services ; mais également des pratiques managériales pouvant exposer individuellement certains collègues, ce qui pourrait à terme fragiliser le collectif.
Le service RH traverse une période de fortes tensions ces derniers temps. Si le retour récent d’un agent à 50 % en mi-temps thérapeutique apporte un soutien, il ne saurait justifier l’attribution d’une charge de dossiers disproportionnée. Ainsi alors qu’un agent à temps plein gère en moyenne 85 dossiers, il est exigé de ce collègue en reprise, via une note de service, qu’il en assume 60 dossiers à lui seul. À cela s’ajoute une absence de durée indéterminée qui fragilise durablement le poste, et sans visu véritable sur le devenir du poste. L’équipe place désormais ses attentes dans le prochain mouvement de mobilité où un poste est à pourvoir.
Dans le cadre du projet de nouveaux locaux situés sur le domaine pénitentiaire de Longuenesse, et destinés à accueillir l’équipe du milieu ouvert, la possibilité d’une nouvelle organisation de l’antenne a été évoquée. Celle-ci consisterait à ce que l’ensemble des agents exerce des missions à la fois en milieu ouvert et en milieu fermé. Toutefois, ce mode de fonctionnement mixte ne fait pas l’unanimité au sein des équipes.
L’établissement ne dispose pas d’un accès réservé au personnel. Des interrogations subsistent donc quant à l’organisation quotidienne : accès en détention malgré les nombreux créneaux deparloirs, gestion des permanences de service, traitement des urgences, relevé du courrier. Cette organisation semble d’ores et déjà mettre en difficulté les CPIP intervenant sur le milieu fermé, comme les personnels administratifs amenés à effectuer des déplacements entre les services, ainsi que les DPIP. L’intégralité du SPIP sera donc mise à l’écart et la communication sera inévitablement beaucoup moins fluide.
Si ce projet de fonctionnement mixte peut, en théorie, apparaître attractif pour la direction au regard de la continuité de service, il soulève néanmoins des questions importantes du point de vue des conditions et du confort de travail, ainsi que sur le plan pratique.
Antenne de Saint-Omer
L’antenne de Saint-Omer se caractérise par des conditions de travail particulièrement contraintes, liées notamment au caractère transitoire des locaux actuels.
L’impossibilité de recevoir le public dans des conditions adaptées conduit à la mise en place de permanences délocalisées, particulièrement chronophages. Ces déplacements fréquents complexifient fortement l’organisation du travail, en limitant la présence des agents sur site et en générant des contraintes supplémentaires pour l’ensemble des tâches administratives (rédaction, impression, classement).
Cette organisation induit une surcharge administrative importante, à laquelle s’ajoute une charge de travail globale élevée, contribuant à une fatigue à la fois physique et émotionnelle des agents.
Si ces derniers soulignent le soutien de la direction, ils indiquent également que la cohésion d’équipe constitue aujourd’hui un levier essentiel pour maintenir le fonctionnement du service.
Par ailleurs, la multiplication des groupes de travail, réunions et dispositifs d’analyse des
pratiques interroge les agents. Si ces temps peuvent présenter un intérêt, ils apparaissent difficilement conciliables avec la charge de travail actuelle. La journée de cohésion et d’analyse des pratiques, en particulier, qui avait réuni les deux antennes, a été perçue comme contraignante, notamment en raison de son organisation et de l’absence de communication préalable sur son contenu.
Nous avons pu relever un soutien indéniable entre les agents de l’ALIP de Saint Omer, qui constitue la force du maintien de l’antenne.
Les agents, démotivés et résiliés par l’absence de projection, par l’incertitude de la construction d’un nouveau local qui leur permettra d’accueillir le public et contribuera à rétablir des conditions de travail dignes, continuent d’accomplir leur tâche avec un grand professionnalisme, ce qui a pu également être souligné par la DPIP qui apparait très soutenante et consciente de leurs difficultés.
Sur les deux antennes
S’agissant des entretiens professionnels, les agents expriment un sentiment de décalage entre les objectifs fixés et la réalité des conditions d’exercice, marquées par des contraintes RH et une activité soutenue. Les exigences apparaissent croissantes, sans prise en compte suffisante des difficultés rencontrées, renforçant un sentiment de manque de reconnaissance et de soutien.
Les éléments recueillis lors de cette visite mettent en évidence des équipes investies et attachées à la qualité du service public, mais confrontées à des contraintes organisationnelles et humaines importantes.
FO Justice restera particulièrement vigilant quant à l’évolution de ces situations, notamment en matière de charge de travail, de cohérence des organisations et de prise en compte des réalités de terrain dans les décisions locales et départementales.
Une attention particulière devra être portée à l’accompagnement des équipes, afin de garantir des conditions de travail soutenables et un exercice serein des missions.
L’attaque tragique d’Incarville, le 14 mai 2024, devait marquer un tournant dans la gestion des détenus liés à la criminalité organisée (CRIM ORG). Pourtant, le constat de FO Justice est sans appel : la note de la DGAP du 10 octobre 2024 relative à la cartographie des lieux d’incarcération et à la gestion de ces profils n’est pas respectée.
Cette doctrine prévoit une organisation précise des lieux d’incarcération, fondée sur une cartographie adaptée aux profils les plus sensibles. Cette répartition n’est pas une option : elle conditionne directement la sécurité des personnels et la bonne exécution des missions.
Or, sur le terrain, FO Justice constate que cette cartographie n’est pas respectée. Alors que l’administration prônait une orientation systématique vers des établissements adaptés, et un renforcement de la sécurité, notamment en quartiers d’isolement, la réalité du terrain est toute autre. La Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire (DGAP) faillit à sa mission de protection des personnels en ne respectant pas les critères d’affectation et de suivi de ces personnes détenues dans des affaires liées au crime organisé.
Le respect de la note du 10 octobre 2024 est la condition sine qua non pour que les Escortes à Sécurité Renforcée (ESR) soient opérationnelles. Sans cela, les missions d’extractions de niveau 3 deviennent ingérables, et le déploiement des ESR, pourtant indispensables face à ces profils, ne peut plus être assuré dans des conditions conformes.
► FO Justice le rappelle avec force :
–Le protocole d’Incarville, signé par l’ensemble des organisations syndicales, doit être strictement respecté ;
–Les niveaux d’escorte ne sont pas négociables, notamment les escortes 3 ;
–La sécurité des agents ne peut dépendre d’approximations ou de choix organisationnels incohérents.
► FO Justice refuse que les personnels servent de variable d’ajustement et exige que toute extraction judiciaire ne pouvant être réalisée dans le respect des niveaux d’escorte définis soit effectuée en VISIOCONFÉRENCE, ou à défaut, en IMPOSSIBILITÉ DE FAIRE
Devant l’incurie de la DGAP face à la criminalité organisée, FO Justice alerte : À compter du 14 mai, si les mesures concrètes et nécessaires ne sont pas prises pour respecter la note du 10 octobre 2024, et que la sécurité des escortes n’est pas garantie…
FO Justice prendra ses responsabilités et se préparera à des actions d’envergure !
L’augmentation constante des prix du pétrole et de l’énergie, conjuguée à une inflation persistante, impacte directement et durement le pouvoir d’achat des personnels de la PJJ.
Les déplacements domicile-travail deviennent une charge financière de plus en plus lourde, en particulier dans les territoires où aucune alternative à la voiture n’existe.
Face à des prix à la pompe qui ne cessent de grimper, les agents ne pourront pas supporter à moyen terme cette hausse sans mesures significatives.
Malheureusement, nous ne pourrons pas compter dans l’immédiat sur une aide gouvernementale et la crise risque de s’empirer.
Pour autant, FO Justice PJJ refuse la fatalité.
Des solutions existent et ont été éprouvées lors de la crise sanitaire.
En conséquence, FO Justice PJJréclame des mesures immédiates telles que:
► La réévaluation des indemnités de déplacement afin de compenser la hausse des coûts de transport.
► Le recours systématique au télétravail pour tous les agents dont les missions le permettent.
► L’organisation des services pour favoriser le covoiturage.
► La possibilité de participer aux réunions de service en visioconférence pour limiter les déplacements non essentiels.
Ces quelques mesures de bon sens devront fondamentalement s’additionner à des dispositions ministérielles afin de limiter les conséquences désastreuses du contexte international sur le pouvoir d’achat des agents.