
Le déficit d’effectifs, conjugué à une surpopulation pénale devenue critique et matérialisée notamment par la présence de matelas au sol, impose aujourd’hui un fonctionnement de l’établissement en mode dégradé.
La prison ne peut plus fonctionner comme en régime normal et doit impérativement s’adapter à cette réalité structurelle.
Les surveillants des unités de vie (UV) assurent les mouvements, les distributions, ainsi que la multiplication des sollicitations interservices, dans un contexte de sous-effectif permanent et de surpopulation massive.
Cette surcharge de travail n’est plus acceptable.
Cette situation ne résulte en aucun cas d’un manque d’engagement ou de professionnalisme des autres services de l’établissement, lesquels sont eux aussi confrontés à une surcharge de travail importante et à des conditions d’exercice dégradées. Les sollicitations adressées aux surveillants des unités de vie s’inscrivent dans un contexte global de sous-effectif et de surpopulation pénale qui impacte l’ensemble des personnels. La responsabilité de cette situation est structurelle et institutionnelle, et ne saurait être reportée sur les agents ni sur les services contraints de s’adapter au quotidien.
Dans l’attente d’un retour à l’équilibre des effectifs, des mesures immédiates doivent être mises en œuvre afin de permettre une réduction drastique des mouvements, lesquels doivent strictement limiter les flux d’entrées et de sorties des cellules, dans l’objectif clair de réduction des risques sécuritaires.
Les mouvements doivent être réorganisés et planifiés strictement en amont par l’ensemble des services sollicitant les surveillants des UV. Ces derniers ne pouvant plus pallier l’improvisation permanente, à l’exception des urgences réelles et avérées.
Concernant l’agent affecté à l’UV 0, la situation d’isolement doit stopper immédiatement. L’exercice des missions repose sur la présence collective, seule à même de garantir la sécurité, la crédibilité de l’encadrement et le respect dû aux agents.
Il est impératif de permettre à l’agent de l’UV 0 d’accéder au bureau du gradé sans avoir à attendre la disponibilité de son collègue de l’UV 1 et 2.
Nul ne peut ignorer l’existence de ce risque structurel, connu et durable sans engager sa responsabilité.
Reconnaissance officielle du risque psychosocial liée à la suroccupation pénale.
Aujourd’hui, les surveillants des UV sont sollicités par l’ensemble des services, en plus d’assurer l’ensemble des mouvements et des tâches récurrentes. Ils se trouvent ainsi en première ligne d’une gestion quotidienne sous tension permanente. Cette sollicitation constante s’accompagne d’une négociation individuelle continue avec les personnes détenues, devenue une source majeure d’épuisement professionnel et de risques accrus pour les personnels. L’objectif de ces mesures n’est en aucun cas le confort mais bien la réduction des risques, la sécurisation de l’établissement et la protection physique et psychologique des surveillants, lesquels ne peuvent plus être la variable d’ajustement d’un système à bout de souffle.
Le syndicat LOCAL Force Ouvrière Justice -Toujours aux côtés des agents, pour la défense de leurs droits.