Objet : Situation au Centre Pénitentiaire de Guyane
Monsieur le Directeur de l’Administration pénitentiaire,
Au centre pénitentiaire de Guyane, la réalité a désormais dépassé l’entendement. Face à une situation devenue critique, FO Justice lance aujourd’hui une alerte grave et solennelle : à tout moment l’irréparable peut se produire dans cet établissement.
Le centre pénitentiaire de Guyane a traversé une succession d’événements d’une gravité exceptionnelle. Quatre mutineries majeures s’y sont produites, révélant une perte manifeste de contrôle de la détention. À chaque fois, le rétablissement de l’ordre n’a pu être assuré qu’au prix de l’intervention des forces de gendarmerie, démontrant les limites structurelles et humaines du dispositif en place.
À ces épisodes s’ajoutent de nombreux meurtres entre personnes détenues, des tentatives de meurtre récurrentes, ainsi qu’une multiplication d’actes de violence d’une extrême brutalité. Ce climat de violence permanent affecte gravement les conditions de travail des personnels pénitentiaires, exposés quotidiennement à des scènes de violence, de mort et de chaos.
La dangerosité particulière d’un nombre significatif de personnes détenues, conjuguée à la concentration de profils à très haut risque – notamment des individus affiliés à des « factions armées issues du brésil » – dans un établissement isolé géographiquement, ainsi qu’une surpopulation pénale d’une ampleur sans précédent, constituent une situation objectivement explosive dont le risque ne peut plus être ignoré.
Sur le terrain, l’expertise revendiquée par la DSPOM peine à convaincre, faute de se traduire par des décisions concrètes, visibles et réellement efficaces. Les indispensables mises à niveau organisationnelles et infrastructurelles nécessaires pour garantir des standards nationaux de sécurité adaptés aux réalités locales demeurent largement insuffisantes, voire inexistantes.
Cette absence de mesures concrètes contribue directement au maintien d’un niveau de risque inacceptable et nourrit un sentiment d’abandon parmi les personnels.
Plus préoccupant encore, des organisations du travail profondément aberrantes, sans équivalent sur le territoire national, continuent d’être appliquées au centre pénitentiaire de Guyane, en total décalage avec l’évolution des exigences sécuritaires.
Ainsi, en unité de détention, un surveillant de coursive demeure simultanément l’unique agent responsable de la surveillance des promenades du secteur qui lui est affecté, dans un contexte concentrant des profils extrêmement dangereux et soumis à des mesures de séparation complexes.
De la même manière, sur le quartier mineurs, l’organisation de référence prévoit quotidiennement un seul agent affecté QM, chargé de la prise en charge et de la surveillance d’un effectif constant de plus de 25 mineurs.
Cette organisation, qui n’a jamais été réévaluée ni adaptée, constitue une rupture manifeste avec les normes nationales applicables en matière de sécurité, de protection et d’accompagnement de ce public particulièrement vulnérable.
Le constat est sans appel : le maintien d’organisations de travail inadaptées, conjugué à un déficit structurel de moyens humains, fragilise gravement la sécurité de l’établissement.
À ce jour, le manque de 30 surveillants par rapport à l’effectif de référence compromet immédiatement et durablement le fonctionnement normal et sécurisé d’une structure exigeante, vaste et complexe.
Cette situation est aggravée par de fortes carences au niveau de l’encadrement. Sur les quatre postes de direction théoriquement référencés, seuls deux directeurs ont assuré pendant plusieurs mois la gestion quotidienne. La directrice n°2 est absente depuis près d’un an et quittera ses fonctions le 26 janvier 2026, tandis que le directeur n°3 partira à la retraite le 27 janvier 2026.
À ces départs s’ajoutent l’absence du chef de détention adjoint, parti en mutation depuis plus de six mois, ainsi que l’indisponibilité du chef de détention en raison de son départ imminent à la retraite.
Le déficit global de cinq officiers laisse l’établissement sans l’encadrement supérieur nécessaire à son pilotage opérationnel.
Cette accumulation de manques critiques, tant en effectifs de surveillance qu’en encadrement, accroît considérablement les risques sécuritaires et confirme l’urgence d’une action immédiate de l’administration centrale.
Dans ces conditions, il devient impossible d’assurer un fonctionnement serein et sûr de l’établissement. Les personnels subissent directement les conséquences d’une gestion administrative défaillante, sans anticipation.
La situation exige des mesures immédiates et concrètes de remplacement et de réorganisation, pour garantir la continuité et la sécurité des services.
Devant cette réalité incontestable, le silence et l’inertie observés laissent craindre que la gestion de cette crise repose exclusivement sur le sacrifice quotidien des personnels de l’établissement.
Monsieur le Directeur,
Le centre pénitentiaire de Guyane est aujourd’hui confronté à des enjeux sécuritaires majeurs, auxquels les personnels placés sous votre autorité font face quotidiennement. Cette situation appelle de votre part des décisions responsables, concrètes, immédiates et à la hauteur des risques encourus.
FO Justice exige la mise en œuvre sans délai d’un plan de renfort et de stabilisation, tant pour le corps d’encadrement et d’application que pour le corps de commandement, ainsi que l’application effective des normes nationales de gestion et de sécurité, enfin adaptées aux spécificités de cette structure singulière.
Face à une situation de crise désormais avérée, le statu quo n’est plus acceptable : chaque jour d’inaction supplémentaire accroît le risque d’un incident grave, voire irréversible.
Dans l’attente de votre réponse et d’actes à la hauteur de la gravité de la situation, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée.
C’est avec stupeur que nous avons découvert vendredi, en fin de journée, la liste des postes de psychologues offerts à la mobilité de janvier 2026.
► Nous dénombrons 36 postes PJJ, 4 postes DSJ et aucun poste à la DAP.
L’absence totale de publication de postes pour la DAP n’est pas acceptable.
Pour rappel, 55 postes de psychologues étaient offerts à la mobilité en décembre 2025.
Mais ce sont bien davantage qui restent vacants à ce jour, situation que FO Justice Psychologue ne cesse de dénoncer.
La vigilance et la réactivité de FO Justice Psychologue ont permis de saisir, dès samedi, les services du secrétariat général.
► FO Justice Psychologue leur a rappelé que de nombreux postes sont vacants, dont certains en attente imminente de publication, mais aussi que des psychologues sont dans l’attente de pouvoir postuler.
► FO Justice Psychologue a donc exigé qu’une explication soit donnée sur cette situation, et qu’un additif soit publié avec les postes de psychologues offerts par la DAP.
Le SG reconnait, en effet, avoir bien du mal à justifier cette situation et s’est engagé à l’examiner, et à nous apporter des réponses dans les plus brefs délais.
► FO Justice Psychologue déplore cet incident et veille à ce que l’intérêt exprimé pour les psychologues lors des rencontres syndicales ne soit pas qu’artefact.
FO justice psychologue ne laissera pas le corps des psychologues être méprisé !
FO Justice tient à remercier l’ensemble des personnels pénitentiaires, tous corps, grades et statuts confondus, pour la mobilisation massive, digne et responsable qui s’est tenue ce jour dans l’ensemble des établissements pénitentiaires, à l’appel de FO Justice.
Cette mobilisation, très largement suivie, en métropole comme en outre-mer, démontre une fois encore la lucidité, le courage et la détermination des personnels, confrontés à une violence toujours plus extrême dans l’exercice de leurs missions.
Les actes atroces survenus ces derniers jours rappellent une réalité insoutenable, avec des personnels pris pour cibles de manière lâche et gratuite, des tentatives de meurtre, et des agressions d’une violence inouïe, avec des armes tranchantes.
FO Justice alerte depuis longtemps sur la dangerosité croissante de certains détenus, prêts à attenter à la vie des agents.
Cette situation est d’autant plus grave que, depuis l’instauration du gilet pare-lames, les détenus attaquent désormais directement au visage et à la gorge. C’est un constat récurrent depuis quelques années et le risque vital pour les personnels est aujourd’hui maximal.
Rappelons que ce gilet pare-lames a été imposé par l’UFAP lors du mouvement de 2018, mouvement qui s’est soldé par leur signature et leur trahison de l’ensemble des personnels.
Aujourd’hui, ce gilet pare-lames, au-delà de l’inconfort qu’il génère, réduit la mobilité des agents, et les mets en danger en focalisant les agresseurs sur les points vitaux.
Alors ils peuvent bien aujourd’hui critiquer la dotation de bombes incapacitantes, FO Justice l’affirme clairement : c’est un outil de défense indispensable et vital face aux tentatives de meurtre.
FO Justice refuse de laisser les agents sans défense, livrés à eux-mêmes face à des individus auteurs d’une violence décomplexée !
Les personnels doivent disposer de moyens réels et adaptés pour se défendre, et non de simples discours, de promesses et de bonnes d’intentions.
Mais, FO Justice l’affirme, ça n’est pas suffisant !
► D’autres mesures doivent impérativement suivre, et rapidement :
Le déploiement accéléré des pistolets à impulsion électrique (PIE)
La généralisation des caméras-piétons
► Ces deux revendications ont déjà été portées et obtenues par FO Justice, mais doivent désormais se concrétiser sans délai
L’ouverture urgente de travaux sur la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques, car la prison ne peut plus être le réceptacle des carences de la psychiatrie publique.
Ces demandes sont des impératifs de sécurité pour les personnels et il en va de la responsabilité de l’État.
LA BALLE EST DÉSORMAIS DANS LE CAMP DU MINISTRE !
Sans réponses concrètes, rapides et complètes, FO Justice prendra à nouveau ses responsabilités, et des mouvements beaucoup plus durs seront engagés.
FO Justice ne transigera jamais avec la sécurité des personnels !
Ce vendredi 9 janvier, nous avons eu droit à une nouvelle ébauche des postes de journée du QB.
FO JUSTICECONSTATE que rien ne va malgré nos remontées et celles des collègues.
Le Directeur s’obstine à faire selon ces envies au dépend de la sécurité des personnels.
A ce jour nous ne disposons plus de rotonde (PCC), en détention le matin à l’ouverture et à partir de 12h jusqu’au 12h45, décisions que vous avez pris en CODIR.
QUID de l’avis des personnes ayant travaillés sur ce nouveau service.
ENGAGEREZ-VOUS votre responsabilité si un incident grave se produit pendant ce laps de temps ?
Vous avez pris seul la décision de réduire l’équipe parloir du week-end faute d’effectif.
FO JUSTICE avait déjà dénoncé que ce manque cruel d’agents vous poussera à prendre des décisions illégales.
FO JUSTICE DIT STOP à cette gestion AUTOCRATIQUE.
Le fonctionnement actuel ne permet aucune marge de manœuvre en cas d’absence.
QUID de la mise en place des nouveaux protocoles en cas d’évènement imprévus tels que plusieurs départs en extraction médicale.
AUCUNE ANTICIPATION, que du vent de la part d’une personne régulièrement moralisatrice par messagerie. « Faite ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais », tel est votre adage.
La geôle du Port est EN DÉTRESSE. On navigue à vue sans boussole, sans Capitaine.
FO JUSTICE DIT STOP AUX RAPPELS INCESSANTS, les agents ne sont pas des paillassons sur lequel on s’essuie les pieds.
Les gradés n’ont pas à combler les postes au moment de l’appel, malheureusement ils le font déjà.
Le personnel ne fera pas éternellement fonctionner seul le CD du Port, à chacun son rôle, à chacun ses responsabilités et surtout nous n’avons pas le même salaire.
FO JUSTICE REMERCIE le personnel pour son professionnalisme.
FO JUSTICE DÉNONCE la souffrance au sein des services oubliés de l’établissement (PA, PT). Des CPIP suivis chaque semaine par un psychologue, des PT à qui vous demander d’effectuer des travaux sans moyens.
AUCUN AVANCEMENT possible pour ses personnels, et pourtant vous leur demandés toujours d’en faire plus avec moins.
QUID de la gestion financière catastrophique de notre établissement, des crédits perdus car cette personne n’effectue pas son travail, pire elle réprimande ceux qui travaillent réellement.
FO JUSTICE ne vous a pas signé un chèque en blanc avec ce nouveau planning, nous exigeons la révision de l’organigramme ainsi que le remplacement des 15 postes vacants.
BEUF DEVANT Y BOIR LO PROPE ET BEUF DERRIER Y BOIR LA BAVE.