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UISP PARIS : Le 14 MAI 2024 une date de mémoire et de commémoration

Le Mardi 14 mai 2024, un convoi pénitentiaire a été sauvagement attaqué par un commando lourdement armé dans l’Eure.

Cette attaque barbare et criminelle laissera un lourd bilan humain et marquera à jamais un épisode noir et tragique dans l’histoire de la pénitentiaire.

Deux agents du Ministère de la Justice sont morts, alors que trois autres sont grièvement blessés. Dès l’annonce de cette terrible attaque, Force Ouvrière Justice s’est indignée.

Notre première pensée émue a été à l’attention des familles dévastées et meurtries. Notre organisation a sollicité un accompagnement sans faille à la hauteur de leur épreuve.

Une intersyndicale s’est constituée et a appelé à un blocage des prisons.

Le Mercredi 15 mai 2024, dès 6h00 les mots d’ordre qui ont retenti au mégaphone de l’entente syndicale ont été largement suivi par les personnels :

  • Pas de parloirs
  • Pas d’activités
  • Pas d’extractions judiciaires

Ainsi, un mélange de tristesse et de colère a embrasé pendant trois jours de mobilisations intenses, les prisons de la République pour réclamer de meilleures conditions de sécurité.

Force Ouvrière Justice tient à renouveler ses profonds remerciements à l’ensemble des personnels tous corps et grades confondus, partenaires institutionnels, intervenants pour leur plein et entier solidarité et soutien dans nos actions. La grande dignité des participants pendant cette mobilisation a été exemplaire et remarquable.

Le vendredi 17 mai 2024, un relevé de décision prenant en compte les 3/4 des revendications de la plate-forme de l’intersyndicale est approuvé par notre organisation après consultation de sa base lors d’une assemblée générale qui s’est tenue en fin de journée.

Par conséquent l’Union régionale Force Ouvrière Justice Paris a appelé à lever les blocages sur l’ensemble des établissements de la DI de Paris et des PREJ sans sanctions, sans AB1 et sans la retenue du 1/30ème.

Le 21 mai 2024 l’intersyndicale signe ce relevé de conclusion. Force Ouvrière Justice restera vigilante sur la mise en œuvre de ses mesures essentiellement sécuritaires et notamment sur sa temporalité.

Force Ouvrière Justice pèsera de toute sa responsabilité pour que le ministère de la justice doit à être à la hauteur des exigences sécuritaires pour garantir l’intégrité physique de ses agents et de meilleures conditions de vie.

Par décret du 21 mai 2024, du Président de la République, Fabrice et Arnaud sont nommés chevaliers de la légion d’honneur. A titre posthume, ils sont promus respectivement directeur et capitaine pénitentiaire.

Le mercredi 22 mai 2024 un hommage national en présence du Premier Ministre a été rendu à Fabrice et Arnaud morts en service. La nation toute entière pleure ses enfants tombés pour la patrie.

Cet hommage national suivi en France métropolitaine et les territoires d’outre- mer a été un moment fort, de communion et de dignité. Le devoir de mémoire nous oblige et nous engage à ne jamais les oublier.

Enfin, la traque de ses criminels doit être impitoyable et sans relâche jusqu’à leurs interpellations. Le glaive de la Justice ne doit pas trembler et la République doit se montrer intraitable face à de telles atrocités où la vie pour ses criminels n’a aucune valeur.

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Prison de Vendin-le-Vieil : Incroyable mais vrai ! La centrale la plus sécuritaire de France (?) fait fort, très fort !

Notre profession traverse actuellement une crise, à la suite d’un événement particulièrement dramatique. La sécurité, notamment la sortie d’un détenu d’un établissement quel que soit le motif, est au cœur de nos préoccupations et pourtant…

Il semble que la légalité ait une nouvelle fois écrasé le bon sens et la prudence la plus élémentaire.

Comme si de rien n’était, en toute discrétion, ce jeudi 23 mai devait avoir lieu une sortie au Louvre Lens pour plusieurs détenus, dont un ayant un profil particulièrement chargé : DPS avec une date de libération prévue dans 20 ans ! Auteur d’une tentative d’évasion et d’une évasion réussie !!! Rien que ça. Sans parler d’un incident sécuritaire à l’entrée UVF de notre établissement, il y a quelques semaines seulement. Bref, du lourd.

Précisons que cette sortie était prévue sans aucune escorte armée ! On marche sur la tête, à croire qu’on ne tire jamais les leçons du passé.

Finalement, cette activité a été annulée : OUF ! On laisse imaginer le scandale et toutes les conséquences désastreuses en cascade, en cas d’évasion.

Tout est-il rentré dans l’ordre ? On est quand même en droit de se poser certaines questions.

Comment une sortie de cette nature a-t-elle pu être envisagée, traitée et accordée, comme une lettre à la poste ?

Comment se fait-il qu’il n’y ait aucune feuille de mouvement dans les postes périphériques, indiquant clairement la liste des détenus prévus pour une permission de sortie, avec les horaires de départ et de retour : tout cela dans la centrale la plus sécuritaire de France… ?

NOUS SOMMES DANS UN ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE PAS DANS UN CENTRE DE LOISIRS.

FO JUSTICE DENONCE UNE DECISION SANS PRISE EN COMPTE DES REALITES CONCRETES DU TERRAIN.

FO JUSTICE EXIGE QUE LA SÉCURITÉ SOIT A LA BASE DE TOUTE DECISION IMPORTANTE.

FO JUSTICE PRÉVIENT : NOUS N’ACCEPTERONS PAS QU’UN DRAME PUISSE ARRIVER DANS OU HORS DE NOS MURS.

A BON ENTENDEUR…

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USM / SM / AFMI l’alliance dangereuse pour les Personnels Pénitentiaires

C’est un sentiment mêlé de consternation et d’écœurement qui nous anime à la lecture du communiqué diffusé le 21 mai par le trio constitué de l’Association Française des Magistrats Instructeurs (AFMI), l’Union Syndicale des Magistrats (USM) et le Syndicat de la Magistrature (SM).

FO Justice s’indigne de tels propos et se doit d’y apporter une réponse.

Alors que nous pleurons encore Fabrice et Arnaud, nos camarades disparus tragiquement ce mardi 14 mai 2024, alors que Nicolas, Arnault et Damien, gravement blessés, pansent encore leurs plaies, alors que des familles sont endeuillées et que toute la pénitentiaire se recueille en ce lendemain d’un hommage national poignant, il est une caste d’individus qui, par corporatisme ou égocentrisme, voire les deux, n’a même pas eu la décence d’attendre les obsèques de nos camarades disparus pour s’arc-bouter et s’empresser de défendre leur pré carré.

L’indécence et l’indignité de ces représentants de magistrats n’auraient-elles donc aucune limite ?

Après avoir apporté à notre profession d’émouvants témoignages de soutien, dont nous pouvons aujourd’hui douter de la sincérité, voici que ces gens s’inquiètent des répercussions qu’ils pourraient subir. En l’espèce, ils craignent et réfutent déjà un possible accroissement du recours à la visioconférence, et la nécessité de se déplacer, plus souvent, sur les lieux de détention. Deux mesures fortes effectivement défendues par l’intersyndicale et inscrites dans le relevé de décisions signé le 21 mai avec le garde des Sceaux, pour précisément limiter les risques et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Le recours à la visioconférence connaitrait soudainement des « limites importantes fixées par la loi, la cour de cassation et la CEDH » et constituerait une « réelle entrave à l’accès du justiciable au juge ». Quand la CEDH condamne la France, à plusieurs reprises et encore très récemment le 6 juillet 2023, pour conditions de détention indignes et non-respect de l’encellulement individuel, ces gens sont bien moins loquaces. Il en va de même du recours accru à ce dispositif pendant la crise sanitaire de la COVID-19… la santé de ces représentants de magistrats se satisfaisait alors fort bien d’audiences dématérialisées sans qu’il soit question d’une entrave quelconque.

Enfin, le recours à la visioconférence constituerait un « mode de comparution dégradé nuisant à la qualité du travail judiciaire » dont ces gens ne sauraient se satisfaire. Quelle ironie ! En matière de « mode dégradé », les personnels pénitentiaires disposent d’une expérience inégalée. Ils le subissent depuis des années à un niveau que ces représentants de magistrats ne sont même pas en capacité d’imaginer.

Le possible déplacement des magistrats vers les établissements semble également les horrifier. Il ne s’agirait pas d’une « solution pertinente », car nos prisons ne seraient « pas adaptées à la tenue d’audiences ». Au-delà de l’inconsistance de leurs arguments, il serait sans doute pertinent de venir vérifier avant de tenir de tels propos. La triste et cruelle vérité est qu’après avoir massivement condamné ou délivré des mandats de dépôt ces dernières années (la courbe de la surpopulation carcérale en atteste), il leur apparaît insurmontable de quitter le douillet confort de leurs palais de justice pour venir voir de plus près les sombres geôles de l’État. Le confort y est certes plus spartiate et l’on y manque cruellement de places disponibles, mais c’est pourtant bien là que sont enfermées les personnes privées de liberté, et où exercent les personnels pénitentiaires, avec fierté et résilience.

Selon ces représentants de magistrats, nos prisons ne sont pas des « lieux de justice » et pourtant, in fine, on y prend en charge des personnes condamnées et/ou prévenues suite à leurs décisions de justice. Certes, ces lieux d’exécution de peines de Justice sont le réceptacle de toute la misère sociale que personne ne veut voir, pas même eux, alors qu’il s’agit pourtant du dernier rempart à l’exercice de la Justice.

Alors pourquoi cette Justice ne pourrait-elle y être rendue, à minima exercée ?

Les personnels pénitentiaires exercent eux aussi au sein du ministère de la Justice, et même si nous ne sommes à leurs yeux que le dernier maillon de la chaîne, leurs positions illustrent un manque de respect et de considération qui n’a que trop duré.

Ne mélangeons pas tout et ne nous méprenons pas sur nos revendications. En quoi serait-il nécessaire d’être sous les dorures d’un palais de Justice pour, par exemple, renouveler un

mandat de dépôt, notifier un document, auditionner un prévenu, etc. ?

Les magistrats de l’application des peines prononcent bien des aménagements de peine dans le cadre de débats contradictoires au sein de nos établissements ! De même que des audiences en vue de reconduites à la frontière sont effectuées dans les Centres de Rétention Administrative (CRA), des Hospitalisations d’Office (HO) sont prononcées dans les hôpitaux psychiatriques… les exemples sont nombreux, et le fonctionnement de la Justice ne s’en trouve pas altéré pour autant, en tout cas, ces gens ne s’en plaignent pas.

Pourquoi ne pas en profiter justement pour décloisonner un fonctionnement archaïque et s’enrichir d’une vraie approche pluridisciplinaire entre tous les différents acteurs de la Justice ? Pourquoi vouloir s’enfermer dans un carcan institutionnel, si ce n’est pour préserver le confort et le niveau d’exigence de certains au détriment de la sécurité des autres ?

Nous sommes convaincus que le « peuple français » au nom duquel la Justice est rendue ne s’offusquerait pas le moins du monde qu’un magistrat se déplace, un peu plus souvent, dans les prisons de la République, quitte à se confronter de plus près à la misère carcérale d’un établissement… là où nous, personnels pénitentiaires de tous corps et tous grades, effectuons nos missions avec abnégation et avec le peu de moyens qui nous sont concédés.

Alors, de grâce, messieurs les représentants de l’AFMI de l’USM et du SM, ayez la décence de nous laisser pleurer nos morts avant de solliciter des mesures allant à l’encontre de celles que nous proposons, à l’encontre de notre sécurité, quand bien même il faudrait alors sacrifier un tout petit peu de votre confort.

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UISP – Toulouse : Groupe de Travail ESP – PREJ

Monsieur, il nous faut travailler et nous organiser rapidement afin de palier à des manquements sécuritaires qui persistent et persisteront malgré la signature du relevé de conclusion par les organisations syndicales.

Certains points pourront être mis en place dans des délais courts, d’autres ne verront le jour que plus tardivement. Durant ce laps de temps, nous ne pouvons rester les bras croisés à attendre ou à espérer. Nous nous devons d’agir.

Pour l’UISP FO Justice, il est nécessaire et surtout vital que nous puissions échanger et travailler afin de mettre en place des solutions adaptées à la réalité du terrain avec les moyens humains et matériels d’aujourd’hui.

C’est pourquoi, l’UISP FO Justice vous demande la création d’un groupe de travail conjoint entre nos équipes.

Monsieur, nous nous devons d’agir immédiatement pour tous les agents qui sont déployés sur des missions à l’extérieur des établissements.

Forts de leur expérience, l’UISP FO Justice récolte une série de propositions concrètes émanant directement des agents visant à améliorer les conditions de travail, et de sécurité.

L’UISP FO Justice croit à un dialogue constructif et régulier qui permettra de répondre de manière optimale aux besoins et préoccupations de l’ensemble des agents de terrain. C’est pourquoi, l’UISP FO Justice vous demande d’acter la création d’un groupe de travail ou nous pourrons définir ensemble les modalités, les priorités et les échéances des actions à entreprendre.

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