Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres du CSA Départemental,
Près de 2 ans après le dernier CSA-D de la Guadeloupe du 20 octobre 2023, nous nous retrouvons en ces lieux pour évoquer la situation et l’actualité des établissements pénitentiaires de Guadeloupe.
Tout d’abord, FO Justice Guadeloupe souhaite soulever un point qui a fait réagir une grande partie des médias nationaux et locaux, mais aussi qui va bousculer le quotidien du CP de Baie-Mahault. A l’heure où l’ancien ministre, Monsieur DARMANIN, mettait en place une politique carcérale du « tout sécuritaire » pour les détenus dangereux, pour FO Justice Guadeloupe, la venue dans nos murs du fameux serial killer
FORTUNE, est sans aucun doute une grosse erreur. Pour un individu qui sort d’une prison de haute sécurité aux Pays-Bas, le CP de Baie-Mahault n’est certes pas un endroit pour lui, sachant que la prison est déjà vieillissante, que les cellules sont pourries, et surtout que cet individu est aussi auteur d’une évasion.
Aujourd’hui, c’est chose faite, et on fera avec. Malgré notre mécontentement, FO Justice Guadeloupe fait totalement confiance à nos équipes de sécurité (Baie-Mahault et Basse-Terre) pour la bonne gestion de cette mission. Ses membres ont été formés et sont professionnels. Ce sera un nouveau et sérieux challenge pour qu’ils montrent leur valeur.
Près de 2 ans, après moult retards et des doléances qui n’ont jamais été prises en compte, ou en partie, pour enfin voir la fin de la phase 1 (le Quartier de semi-liberté et les locaux du personnel hors enceinte LPHE) du CP de Baie-Mahault et Basse-Terre 2.
Aujourd’hui, ces deux établissements continuent de faire couler de l’encre.
En ce qui concerne Baie-Mahault, des vestiaires sans climatisation. Soi-disant un système de ventilation qui prendrait l’air frais de la nuit pour le réinjecter à l’intérieur. Nous sommes en Guadeloupe, depuis quand il fait frais la nuit ?
Un Mess du personnel avec un seul sanitaire pour autant d’usagers.
Un parking toujours dans un état déplorable.
Mais, par-dessus tout, c’est la dégradation des conditions de travail du personnel qui est le plus intolérable et non négociable. Un manque criant de surveillants. Comment expliquez-vous, Mr le Directeur, que l’effectif des équipes postées soit passé de 23 agents à 14, 15 en près de 7 ans ? Comment expliquez-vous que les agents soient rappelés systématiquement sur le deuxième RH ? Comment expliquez-vous que les Matin/Soir soient devenus une norme ? Comment expliquez-vous que certains agents fassent 2 à 3 nuits en une semaine ?
Pour FO Justice Guadeloupe, une seule réponse possible : le manque d’effectif. L’Administration a pris pour habitude de nous dire que l’effectif et le taux de couverture de BM sont bons. Mais quid de l’Organigramme de Référence qui n’a pas été revu depuis l’ouverture du CP ? Un OR qui ne reflète en rien la réalité des postes sur le terrain. Tout le monde savait que l’ouverture précipitée du QSL allait impacterdéfavorablement le service posté. Cette ouverture du QSL a mis davantage en péril la condition des agents en service posté.
Par ailleurs, nous avons des soucis concernant la prise en charge de nos militants « action sociale » qui souhaitent valider le niveau 3 de leur formation. Pour de simples mesures comptables, les réunions en présentiel sont refusées. Proposition est faite de participer en visio, sans prendre en compte le décalage horaire et les mauvaises conditions du réseau lors d’une visioconférence. FO Justice Guadeloupe refuse cet état de fait et demande d’y remédier. Nous ne voyons jamais de visio pour les réunions de directeurs et autres.
Même pour les personnes détenues certaines corporations d’avocats ont refusé la visioconférence.
Pour couronner le tout, et là c’est le pompon, la Directrice, par mail aux agents, alerte sur des contraintes à venir, et prévoit différentes actions pour faire face à cette situation et permettre la continuité du service.
Monsieur le Président, Madame la Directrice, vous ne pouvez plus demander quoi que ce soit aux agents de
Baie-Mahault. Ils sont déjà à bout, surmenés par un rythme de travail trop intense, une surpopulation carcérale notoire, une population pénale difficile, des vacances de postes non pourvues et pas de renforts d’élèves ou de stagiaires comme dans l’Hexagone. Il faut comprendre que la coupe déborde, même pour les postes fixes.
2 agents se sont assoupis en route après leur service, et ont perdu le contrôle de leur véhicule ; un est parti à la retraite et l’autre est en arrêt (accident de trajet).
Le CP de Baie-Mahault vit actuellement un cauchemar, où, tous les jours, il faut jongler avec les agents, des personnels qui n’ont rien demandé et qui subissent le manque de réactivité et d’anticipation de nos dirigeants.
Quant à la Maison d’Arrêt de Basse-Terre, il a fallu la croix et la bannière pour instaurer un dialogue social rompu à cause de l’entêtement d’un Chef d’établissement, recroquevillé dans ses retranchements et qui ne voulait rien négocier sur l’ouverture de Basse-Terre 2.
A quelques semaines de l’ouverture de Basse-Terre 2, plusieurs dysfonctionnements sont toujours d’actualité.
Dans les vestiaires du personnel :
- Chaleur suffocante, rendant l’utilisation des vestiaires difficile
- Absence de bouton de réglage des douches, sauf pour la douche côté PMR.
Au niveau sécuritaire, FO Justice reste toujours positionné sur l’organisation d’un service en binômage aux étages. Nous souhaitons que ce service soit acté immédiatement afin d’assurer la sécurité et de garantir de bonnes conditions de travail.
Pour la mise en place de l’Équipe ELSP de Basse-Terre, nous nous rendons compte que le compte n’y est pas. L’ouverture s’est faite avec un manque criant d’équipements :
- 7 chaînes de conduite pour 10 agents.
- 7 téléphones SAGEO disponibles seulement.
- Dotation vestimentaire toujours en attente.
- Aucune date de formation n’a été communiquée pour ajuster et renforcer l’effectif des ELSP.
- Locaux trop exigus pour accueillir correctement les équipements et le matériel.
- Pas de caméra piéton disponible pour les ELSP, matériel indispensable pour la sécurité des agents.
FO Justice souhaite que tous ces paramètres soient pris en compte au plus vite pour un service optimal et pour la sécurité de tous.Monsieur le Président, lors de votre déplacement en Guadeloupe le 14 avril dernier, vous nous aviez assuré d’un dialogue social sérieux, respectueux et constructif. Pour notre organisation syndicale FO Justice, nous attendons de voir des actes forts derrière ces propos et espérons très bientôt vous entendre sur de nombreux sujets qui nous font griefs et que nous réclamons depuis bien longtemps, par exemple la construction de structures comme UHSI, UHSA ou encore d’un EPM, sur notre territoire, à l’instar de l’Hexagone.