Une nouvelle fois, le centre pénitentiaire de Saint-Denis franchit un cap inacceptable.
Ce week-end encore, les incarcérations se sont enchaînées à un rythme effréné, sur fond d’explosion des affaires de narcotrafic dans le département. Résultat : une situation extrêmes tendue.
990 détenus pour 576 places.
Ce chiffre, à lui seul, suffit à illustrer la faillite du système.
À la Maison d’Arrêt des Femmes, la situation est tout simplement scandaleuse : 79 détenues pour 28 places. Des cellules à 7, 33 matelas au sol, des conditions indignes d’un État de droit.
Les personnels, eux, encaissent. Mais jusqu’à quand ?
Ils sont épuisés, en souffrance, abandonnés face à un manque d’effectifs chronique.
Côté quartier hommes, le constat est tout aussi alarmant : malgré l’ajout de 370 lits, la surpopulation explose. Le quadruplement en cellule est devenu la norme, et 90 matelas au sol sont encore recensés. Une gestion à flux tendu permanente, au mépris total de la sécurité des personnels comme des détenus.
23 postes vacants.
Et toujours aucun engagement clair sur les renforts à venir lors de la prochaine CAP.
Une fois de plus, l’administration regarde ailleurs.
Depuis des mois, les visites officielles s’enchaînent : ministre de la Justice, DGAP, parlementaires…
Des constats, encore des constats, toujours les mêmes.
Mais aucune décision, aucun moyen, aucune réponse concrète.
Le projet d’extension du quartier femmes ? Une rustine dérisoire de 10 cellules, totalement déconnectée de la réalité du terrain.
Pire encore, certains magistrats assument ne pas vouloir réguler la population carcérale. Dans ces conditions, la politique du “tout-incarcération” continue de produire ses effets dévastateurs.
FO Justice le dit clairement : nous allons droit dans le mur.
La catastrophe n’est plus une hypothèse, elle est imminente.
L’établissement est une bombe à retardement.
Sans mesures immédiates, fortes et durables, l’explosion est inévitable.
FO Justice refuse que les personnels servent de variable d’ajustement dans un système à bout de souffle.
Le bureau local FO Justice tient à saluer l’engagement exemplaire des personnels, qui maintiennent, l’établissement à flot.
Mais pour combien de temps encore ?