Prison de Bourges : La structure et les agents vont bien. Aveuglement ? Sûrement

« La structure et les agents vont bien » : vraiment ?

Dans son dernier communiqué, l’UFAP UNSa Justice de la MA de Bourges tente de donner des leçons tout en affirmant avec aplomb que « la structure et les agents vont bien ». Une affirmation aussi péremptoire qu’étonnante. Pendant que certains rédigent des communiqués satisfaits de leur utopisme syndical, les personnels, eux, vivent une réalité bien différente sur le terrain.

Chaque semaine ou presque, des téléphones portables et des produits stupéfiants sont découverts après des livraisons par drones.

La surpopulation carcérale continue d’étouffer la structure et d’alourdir la charge de travail des agents.

Au quartier d’isolement, l’interphonie est en panne depuis plusieurs semaines, obligeant les agents à effectuer des rondes horaires jour et nuit pour compenser une défaillance technique qui aurait dû être traitée en urgence.

Au quartier femmes, le problème récurrent d’eau chaude perdure.

Les surveillantes doivent désormais composer avec l’aléatoire du système et négocier les douches avec les personnes détenues selon les moments où l’eau chaude daigne fonctionner.

Dans le même temps, le système de pause méridienne pose toujours problème, avec un fonctionnement qui s’éloigne dangereusement du respect de la réglementation.

Et pendant ce temps, la chambre de repos de nuit des premiers surveillants attend toujours sa réfection.

Mais selon l’UFAP, tout va bien ! À ce niveau, ce n’est plus de l’optimisme. C’est de l’aveuglement volontaire.

Il est vrai que le rôle de syndicaliste devient particulièrement confortable lorsque l’on choisit de se bander les yeux sur les difficultés du terrain.

Fermer les yeux sur les problèmes et répéter que tout va bien permet effectivement de chiller paisiblement pendant que les agents, eux, continuent de gérer les difficultés du quotidien.

Mais ce qui frappe surtout dans la communication de nos homologue syndicaux, c’est l’extraordinaire contradiction dont ils font preuve.

Ceux qui prétendent dénoncer les manipulations et donner des leçons de morale n’hésitent pas, dans le même pamphlet, à se livrer à des attaques ad personam particulièrement déplacées fleurtant voir dépassant les limites légales, visant directement des personnes plutôt que de débattre des faits. Curieuse conception du débat syndical… Accuser les autres de manipulation tout en menant soi-même des attaques personnelles n’est pas seulement incohérent. C’est surtout révélateur à minima d’un manque d’arguments sur le fond. Quand on ne peut pas répondre aux problèmes, on attaque les personnes.

Pourtant, le rôle d’un syndicat n’est pas de régler des comptes personnels, ni d’alimenter des polémiques stériles. Le rôle d’un syndicat est de défendre les personnels et d’affronter la réalité, même lorsqu’elle dérange. Et la réalité, c’est que les difficultés existent. Affirmer que « la structure et les agents vont bien » alors que les agents doivent composer avec des dysfonctionnements, des problèmes de sécurité, une surpopulation persistante et une charge de travail toujours plus lourde, relève soit d’une méconnaissance du terrain, soit d’une volonté assumée de dissimuler les problèmes. Dans les deux cas, les personnels apprécieront.

Si tout va réellement aussi bien que certains l’affirment, nous supposons qu’il n’y a donc aucune raison de s’inquiéter des risques psychosociaux ? Aucune raison de parler de surcharge de travail, de pression professionnelle ou de fatigue des agents ? Aucune impression de ne pas voir le bout du tunnel ? La réalité est évidemment toute autre.

Mais reconnaître les problèmes impose de travailler pour les résoudre.

Cela demande sans doute un peu plus d’engagement que de simples déclarations autosatisfaites.

À force de vouloir présenter une version idéalisée de la situation, l’UFAP donne l’image d’un syndicat utopiste, qui préfère modeler la réalité pour qu’elle corresponde à son discours et aux intérêts personnels de la direction plutôt que de défendre concrètement les agents.

Pour notre part, nous faisons un autre choix ! Celui de regarder la réalité en face, de faire remonter les difficultés et de travailler à des solutions concrètes pour améliorer les conditions de travail des personnels.

Les agents, eux, savent faire la différence entre ceux qui parlent et ceux qui agissent. Le moment venu, nous en avons la conviction, ils sauront également quel syndicat défend réellement leurs intérêts.

Le SLP FO Justice Bourges continuera, pour sa part, à porter la parole des personnels et à défendre leurs conditions de travail sans détour, sans faux-semblants et sans fermer les yeux sur les réalités du terrain.

Lire le communiqué

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