Madame la Directrice Inter Régionale Grand Est,
Monsieur le Directeur Territorial Lorraine Sud,
En mars 2024, notre organisation vous avait déjà interpelé lors d’un CSA sur la gestion des situations de violences répétées de la part de mineur confiés sur des agents des structures de placement de la PJJ. Une nouvelle fois, des agents sont exposés à une situation non maîtrisée qui a déjà mis en fragilité l’EPEI de Metz.
Cette situation a déjà été signalée à plusieurs reprises depuis plusieurs semaines. L’adolescente a agressé à minima à 8 reprises des agents de l’EPEI, sans que des mesures judiciaires et médicales suffisantes n’aient été prises. Visiblement, les répercussions psychologiques de la situation de violence chronique auxquelles les agents, et en particulier les agentes sont exposées n’ont pas été prises en compte.
Les renforts prévus sur l’EPEI de Metz n’ont pas suffis à faire cesser le climat de violence physique et psychologique instauré par les difficultés de l’adolescente. Lorsque nous reprenons le parcours de la mineure, nous observons qu’elle multiplie les violences spécifiquement à l’encontre des personnes chargées de mission de service publique, et ce depuis plus d’un an.
Si nous entendons la nécessité pour cette adolescente de bénéficier d’une prise en charge renforcée et structurante, nous nous interrogeons sur les moyens mis en place par l’administration pour accompagner les professionnels dans la prise en charge de cette jeune adolescente. Il apparait que la situation est uniquement gérée dans une dynamique de gestion de crise, malgré la problématique abandonnique de l’adolescente.
Est-ce les nombreux arrêts maladie au sein de l’UEHC de Metz qui motivent une énième réorientation de l’adolescente dans un contexte d’urgence et de flou total ?
En effet, à l’heure actuelle, l’équipe de l’UEHC de Laxou ne dispose pas d’informations suffisantes et fiables pour garantir un climat de travail adapté à l’accueil d’un tel profil, en plus des situations déjà complexes à gérer. Pour rappel, l’arrivée de cette adolescente constituera la 13e OPP confiée à l’établissement sur la période.
FO Justice PJJ s’interroge fortement sur le motif de la demande de la DIR de faire remonter deux fois par semaine des tableaux sur la présence réelle des mineurs dans l’unité (DVH, fugue, etc), laissant entendre que la règle des 12 OPP n’est plus valable, remplacée par celle du nombre de jeunes présents.
Doit-on aujourd’hui considérer les mineurs comme de simples chiffres à placer dans des cases ?
L’accueil de l’adolescente de l’UEHC de Metz se fonde sur l’hospitalisation en psychiatrie d’une autre adolescente confiée à l’UEHC de Laxou. Il est prévu qu’elle occupera la chambre de cette autre adolescente.
► Que se passera-t-il si cette autre jeune fille sortait plus tôt ?
► À quelle mineure en fragilité donneront-ils la priorité ?
Cette manière d’ingérer dans la gestion des accueils de l’unité fragilise l’ensemble des professionnels des hébergement, et dans le même temps, la situation des mineurs déjà accueillis.
Si nous sommes sensibles à l’épuisement des professionnels de l’EPEI de Metz, la multiplication des victimes et des ruptures n’est pas une réponse adaptée à la situation de la jeune fille.
► À l’heure actuelle, quels moyens vont être mis en place par l’administration pour garantir la sécurité de la jeune fille et des agents ?
► À quand une vraie politique de gestion sur les situations complexes ?
Soit cette adolescente relève du pénal, et auquel cas, aux vues des multiples agressions, un dispositif plus adapté qu’une UEHC est requis, soit l’adolescente n’est pas accessible à une sanction pénale, elle relève donc d’un établissement de soin ou d’un placement au civil.
► Comment l’administration prévoit d’accompagner les séquelles physiques et psychologiques des agressions sur les agents de l’UEHC de Metz ?
► Comment l’administration prévoit de prévenir les répercussions d’un climat de violence chronique sur les agents de l’UEHC de Laxou ?
À noter que l’établissement n’est pas préservé des actes de violences des mineurs, et déplore déjà depuis plusieurs années l’absence de réponse des magistrats et la non prise en compte de l’administration.
Combien d’agents en souffrance, de jeunes mal accompagnés faudra-t-il avant le déploiement d’une politique raisonnée et cohérente de la part de l’administration ?