FO Justice PJJ – Grand-Nord : Chronique d’un drame annoncé

Depuis les annonces de fermeture des Centres Éducatifs Fermés et la création des Unités Judiciaires à Priorité Éducative (UJPE), la Protection Judiciaire de la Jeunesse connaît un bouleversement majeur qui ne doit pas occulter la question de la violence et la sécurité voire le respect de la dignité des agents.

Force Ouvrière Justice PJJ Grand Nord alerte sur la situation particulièrement préoccupante de plusieurs unités sur le territoire et le plus particulièrement le traitement inadmissible des situations de violence.

► Tentative de meurtre à l’UEHC de Lille

Les agents de l’UEHC Lille ont eu à vivre ces derniers mois plusieurs épisodes de violence ininterrompus. La semaine dernière, un collègue a été victime d’un étranglement de plusieurs minutes alors que celui-ci ne faisait qu’aider une collègue à lever un mineur placé. Cette tentative de meurtre n’a pas suffi au Parquet pour déferrer, estimant que certaines zones d’ombres les en empêchaient et ce, malgré les écrits de la Direction.

Fort heureusement les jeunes ont été déplacés mais nous nous inquiétons du message envoyé par les juridictions à nos collègues ! Sommes-nous de la chair à canon ? Le traitement aurait-il été le même si un magistrat avait été le réceptacle de la même violence ?

Notre Organisation Syndicale dénonce avec force cette situation ubuesque dans laquelle les agents du ministère de la Justice dépositaires d’une mission de service public sont désormais des cibles de violence extrême dans l’indifférence d’une direction interrégionale située à quelques encablures de l’unité et qui n’a pas jugé utile de se déplacer…

► Procédure abusive et humiliation au CEF de Cambrai

Le CEF de Cambrai traverse actuellement des difficultés majeures, notamment en matière de ressources humaines et d’organisation du temps de travail.

Les équipes sont mises à rude épreuve et les agents doivent faire face à des conditions de travail dégradées qui ne peuvent plus durer.

À cela s’ajoute une situation particulièrement préoccupante : un jeune a récemment accusé un éducateur de l’avoir violenté, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer ces accusations et les poursuites ont été abandonnées,

Suite à cette dénonciation, l’éducateur a été convoqué au commissariat, où il a dû se soumettre à une prise d’empreintes, un relevé photographique ainsi qu’à un prélèvement ADN. Une situation humiliante pour notre collègue et une direction aux abonnés absents.

Pour Force Ouvrière, cette situation est inadmissible.

Les professionnels ne peuvent pas être exposés à de telles procédures et à de telles atteintes à leur intégrité professionnelle sur la base de simples accusations non vérifiées.

► CEF de Liévin

Au CEF de Liévin, la situation est tout aussi préoccupante.

Plusieurs professionnels ont récemment été victimes d’agressions par un jeune, entraînant le dépôt de nombreuses plaintes.

Les agents nous ayant saisi ne comprennent pas la décision ayant conduit à remettre ce jeune dans la même structure, alors que plus de cinq plaintes ont été déposées par des professionnels et par un jeune. La DT 62, informée de cette situation a pris la mesure de la difficulté en essayant de trouver une solution rapidement.

Encore une fois les magistrats ont décidé de replacer le jeune sur la structure en dépit du bon sens.

Lorsque des professionnels considèrent qu’ils ne sont plus en capacité de travailler avec un jeune, et qu’ils arrivent à bout physiquement et psychologiquement, l’Administration et l’autorité judiciaire doivent prendre leurs responsabilités.

Les agents de la PJJ ne peuvent pas être exposés durablement à des situations de violence, de mise en cause ou d’humiliation publique sans réponse institutionnelle adaptée. Notre organisation syndicale s’interroge sur le travail de sensibilisation de la direction interrégionale à l’endroit des juridictions.

► UEHC d’Amiens : des accusations graves et un agent fragilisé

À l’UEHC d’Amiens, un éducateur s’est vu notifier une demande de suspension suite à des dénonciations de jeunes placés, l’accusant de violences physiques.

Ces accusations se sont finalement révélées mensongères, les jeunes ayant reconnu avoir menti.

Le milieu ouvert s’est pourtant empressé de faire un article 40 sans même prendre l’attache de l’établissement de placement ou de la direction territoriale !!! Nous exigeons que la lumière soit faite sur ce traitement honteux !

Pourtant, avant même que la situation ne soit clarifiée, cet éducateur a dû faire face à une procédure de suspension, avec toutes les conséquences humaines et professionnelles que cela implique.

Quid du traumatisme subi par ce professionnel, à qui l’on annonce une suspension avant que l’administration ne se rétracte une fois la fausseté des accusations reconnue ?

Cette fois, la direction interrégionale a été extrêmement réactive. Que faut-il comprendre ?

Pour FO Justice-PJJ, Il ne peut pas y avoir de sanctification de la parole des jeunes.

Cette parole doit être certes entendue, analysée et prise en compte, mais elle doit également être confrontée aux faits et soumise au contradictoire avant toute décision administrative lourde de conséquences.

Nous refusons la systématisation des demandes de suspension lorsqu’il n’existe aucune preuve avérée, mais uniquement des dénonciations.

Dans le même temps, les professionnels se retrouvent régulièrement filmés par les jeunes, puis exposés sur les réseaux sociaux.

Cette situation est inadmissible et il est urgent que l’administration fasse cesser ce fléau qui touche aujourd’hui de nombreuses unités.

► Force Ouvrière exige :

La prise en compte immédiate de la parole des professionnels.

Des mesures concrètes pour protéger les agents victimes de violences.

Une réévaluation des décisions de placement lorsque la sécurité des équipes est compromise.

Des moyens humains suffisants pour permettre aux équipes d’exercer leurs missions dans des conditions dignes.

La fin des décisions précipitées de suspension sur la base de simples accusations.

Des mesures fermes contre la diffusion d’images de professionnels sur les réseaux sociaux.

Les agents de la PJJ méritent respect, protection et considération !

En tant que 1ère organisation syndicale du Grand Nord, FO Justice PJJ est extrêmement inquiète. Dans le cadre de la mise en place des UJPE, la question de la violence à laquelle sont confrontés les agents doit occuper une place centrale. La sécurité des agents dans les futures UJPE doit être absolument priorisé et le positionnement de l’administration clarifié.

FO continuera à porter la voix des personnels et à exiger des réponses concrètes de l’administration.

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