ENAP : Déclaration Liminaire du Conseil d’Administration du 26 novembre 2025

Madame la présidente du conseil d’administration,

Monsieur le directeur de l’administration pénitentiaire,

Madame la directrice de l’école nationale d’administration pénitentiaire,

Mesdames et messieurs les membres du conseil d’administration,

Le syndicat FO Justice a souhaité prendre la parole lors de ce conseil d’administration afin de revenir sur plusieurs sujets d’actualité à l’ÉNAP.

Le premier sujet concerne les agents non titulaires (ANT) de l’école et plus particulièrement la rémunération de ces agents.

Il ressort qu’en 2019, un cadre de gestion a été voté lors du conseil d’administration du 27 juin 2019.

Ledit cadre de gestion devait permettre une rémunération plus favorable aux agents contractuels de l’école mais également à ceux recruté postérieurement à la mise en œuvre de ce cadre de gestion. Or, il n’en est rien.

Ce qui est scandaleux sur ce sujet, c’est que la direction de l’administration pénitentiaire, qui rappelons-le, n’ai pas l’employeur des agents non titulaires de cette école ; c’est l’école elle-même et non le DAP.

La tutelle pourtant intervient sans vergogne sur ce sujet et refuse que l’école fasse évoluer ce cadre de gestion de peur de voir les ANT de l’ÉNAP mieux rémunéré que les ANT de l’administration centrale.

C’est purement et simplement un scandale.

Pour FO Justice, la DAP, et je m’adresse à vous Monsieur le directeur de l’administration pénitentiaire, doit laisser l’école gérer la rémunération de ses ANT avec Madame le contrôleur budgétaire dont elle dépend.

Le second sujet concerne les élèves de cette école et notamment les élèves venant du pacifique, il est temps d’entamer des échanges avec la CPAM et trouver des solutions pérennes pour que les élèves issus de ces territoires ne rencontrent pas de difficultés dans la prise en charge de ces agents et de leurs soins.

Il faut aussi avoir une véritable communication auprès de l’ensemble des élèves concernant la mutuelle obligatoire INTÉRIALE.

Le troisième sujet est le plus scandaleux, sous couvert d’une délibération prise en 2019 par le conseil d’administration de l’école, les élèves lors d’une fermeture pédagogique n’ont pas les repas pris en compte.

Le week-end du 11 novembre 2025, l’école était en fermeture pédagogique. Les élèves surveillants, qui ne percevront une rémunération avant fin novembre 2025, n’ont donc pas pu accéder au restaurant administratif.

Ceci ne pose pas de difficultés dès lors que les élèves sont rémunérés.

Près de 106 élèves surveillants sont restés sur le carreau et ne pouvait pas se payer à manger pour ce motif : aucune rémunération depuis le 20 octobre 2025.

La direction de l’école n’a rien fait, ni monsieur le directeur de l’administration pénitentiaire.

C’est un comble d’ailleurs.

Le ministère de la Justice et plus particulièrement l’administration pénitentiaire seraient-ils devenus injustes et inhumains ?

Nous ne sommes tout de même pas une institution du tier monde ? Je vous pose la question.

Ne pas donner à manger à son personnel est purement et simplement scandaleux.

En résumé, tous les décisionnaires, qui auraient pu aider ces élèves surveillants n’ont pas levé le petit doigt. On parle de se nourrir, un besoin vital et élémentaire.

FO Justice s’est substitué à l’ÉNAP et à l’administration.

FO Justice a tout naturellement effectué une distribution alimentaire samedi matin, permettant ainsi aux 106 élèves concernés de se nourrir durant le week-end du 11 novembre 2025.

Ce qui est choquant, c’est que ce n’est pas du fait des élèves surveillants ; ils ne sont pas rémunérés à cause de l’administration qui choisit toujours une date qui ne permet pas aux élèves de percevoir la rémunération due.

FO Justice souhaite que les dates d’entrée en scolarité des élèves et plus particulièrement des élèves surveillants se fasse le 1er du mois. Cela permettra au service UGAFE de l’école de traiter les dossiers et ainsi verser le traitement du auxdits élèves.

Le concours de recrutement de réalisant bien en amont, cela n’aura aucune incidence sur le bon déroulé administratif du concours et de l’entrée en scolarité.

Les élèves CPIP rentrent toujours le 1er septembre de l’année.

FO Justice voulait aussi attirer l’attention des membres du conseil d’administration sur l’état des bâtiments de cette belle école, sur l’état des extérieurs et sur l’état des matériels mis à disposition des acteurs de formation notamment.

Les priorités budgétaires ne sont pas les mêmes pour tout le monde visiblement.

Le budget de fonctionnement aurait pu être utilisé pour rénover les sanitaires des personnels du bâtiment d’enseignement.

Les priorités ne sont visiblement pas les mêmes pour la direction et les personnels de cette école.

Le budget d’investissement aurait pu être utilisé pour rénover, par exemple, les sanitaires des personnels du bâtiment d’enseignement, ces fameuses toilettes dont certaines sont indisponibles depuis plus de cinq ans et dont tous les ans on nous promet leurs réhabilitations. Pour autant, on a préféré investir dans une estrade.

Que dire du budget que nous allons étudier. En 2025, l’ÉNAP disposait de 151.17€ par jour de formation ; en 2026 nous ne disposerons plus que de 137,43€. Alors que nous le savons tous, la formation à 8 mois va entrainer des coûts supplémentaires (plus de séances de tir, plus de stages).

 Et alors qu’allons-nous faire ?

Rien, rien si ce n’est continuer à accroitre la charge de cette école en construisant de nouveaux bâtiments.

Malheureusement sans moyen financier cette école se décrépit : les personnels et les apprenants de cette école ont dû cet été travailler avec des températures atteignant presque 40° dans les salles de classes ou les locaux opérationnels ; et maintenant, il n’y a pas de chauffage, il fait à peine 15° dans les bureaux et les salles d’enseignement. Je ne parle pas des températures dans les hébergements. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres

Les capacités d’investissements de l’école sont comme nos glaciers des Pyrénées, bientôt un vague souvenir.

En 2024, 10.91 millions d’€ soit 108.9 jours de fonctionnement, prévision 2026 : 3,29 millions d’€ soit 32.8 jours de fonctionnement Cette prévision nous semble très optimiste pour ne pas dire insoutenable, après étude de la présentation du budget initial. La question est aurons-nous encore une capacité d’autofinancement suffisante fin 2026

L’ÉNAP est la seule école d’administration pénitentiaire en France. Elle n’est pas à la hauteur structurellement et humainement de ses ambitions. Il suffit de regarder par la fenêtre et de constater l’entretien réalisé dans les locaux mais aussi à l’extérieur.

Monsieur le directeur de l’administration pénitentiaire doit être bien attristé lui qui était si attaché à l’entretien des extérieurs et de voir aujourd’hui le laisser aller.

FO Justice dénonce ce manque d’anticipation, dénonce le manque de réalisation de travaux d’entretien régulier qu’ils soient annuels ou sur une périodicité plus longue.

FO Justice exige :

  • Que l’ÉNAP soit souveraine quant à la rémunération versée aux agents contractuels en lien avec Madame la CBR
  • Que l’administration fixe des dates d’entrée en scolarité des élèves surveillants permettant de les rémunérer dès le 1er mois de scolarité
  • Que les élèves surveillants et l’ensemble des élèves de cette école puissent manger convenablement dès le 1er jour de scolarité

FO Justice continuera, comme toujours, à défendre sans relâche les droits, la sécurité et la dignité des personnels.

Lire le communiqué 

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