Monsieur le Directeur de l’Administration Pénitentiaire,
Lors de la séance du CSA-AP de ce jour, nous allons enfin aborder la question de la formation initiale des élèves surveillants, rallongée de deux mois, ainsi que le recrutement, la formation et les missions des surveillants-adjoints. Ces points constituant des éléments essentiels de la réforme historique négociée et obtenue par notre seule Organisation.
►Ce sera pour nous l’occasion de démonter les mensonges et de répondre aux détracteurs de notre réforme.
« Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier.
Elle met du temps, mais finit toujours par arriver. »
►Que n’a-t-on pas entendu sur le surveillant-adjoint, après avoir tout entendu sur la catégorie B ? Souvenez-vous :
- Certains disaient que ce serait la fin du paiement des heures supplémentaires.
- Certains ont constamment affirmé qu’ils n’occuperaient que les postes protégés, reléguant les Surveillants à ne faire que de la coursive.
- Certains ont soutenu que les surveillants-adjoints compromettraient les opportunités de mobilité dans les établissements difficilement accessibles, y compris en Outre-Mer.
- Certains affirmaient même que l’administration privilégierait le recrutement de contractuels au détriment des titulaires, et bien d’autres inepties qui, aujourd’hui, ont fait pschitt… !
Le Secrétaire général de l’UFAP-Unsa Justice a même écrit dans son éditorial du « Réveil Pénitentiaire » n°145 – décembre 2024, « …ce ne sont pas moins de 560 surveillants adjoints qui seront recrutés… ». Mais ils sont où ??
Aujourd’hui, la réalité est tout autre. Les textes proposés pour ce CSA AP le prouvent : rien de tout cela. Non, rien ! Tout est conforme aux annonces et négociations soutenues par FO Justice !
Aujourd’hui, pas l’ombre d’un surveillant-adjoint dans nos établissements. Pourquoi ? Parce que depuis la mise en place de la réforme historique, nous recrutons enfin des Surveillants et Surveillantes, permettant ainsi d’atteindre le schéma d’emploi. Et quand bien même, si demain cela n’était plus le cas, les surveillants-adjoints seraient recrutés uniquement sur les postes laissés vacants à la sortie de l’ENAP, en exerçant leurs missions, exclusivement en doublure, avec au moins un Surveillant stagiaire ou titulaire.
Pschitt, Pschitt et encore Pschitt pour le « flop syndical » !
Abordons maintenant la formation initiale portée à huit mois. Pour rappel, cette formation était déjà de huit mois par le passé. À l’époque, l’UFAP-UNSA Justice, avec la complicité de l’ancien DAP, Stéphane Bredin, qui était plus prompt à distribuer des milliers de trentièmes afin de réprimer la rébellion de ceux qui exigeaient la catégorie B, avait réduit cette formation de deux mois pour la ramener à six mois. Pour mémoire, FO Justice avait voté seul contre cette modification en juillet 2018.
L’idée regrettable de réduire la durée de la formation initiale, pensant pouvoir abonder plus rapidement les établissements en personnels, sans même s’attaquer à l’attractivité du métier, comme l’a fait FO Justice avec sa réforme, n’a eu pour seule conséquence que de creuser, d’année en année, les vacances de postes. Aujourd’hui, c’est plus de 4000 postes qui ne sont plus pourvus…
Que de temps perdu ! Merci à l’UFAP-UNSA Justice.
Obstinément contre ce que FO Justice obtient, il a été demandé le report de la mise en place de la formation à 8 mois sur le seul argument que l’Administration manquait de ressources, de formateurs, et que la filière de formation est compromise. En effet, sur ce point, ils ont entièrement raison ! Parce qu’ils ont mis à mal la filière formation avec un plan de requalification de la chaîne de commandement qu’ils ont monté de toutes pièces, évinçant sciemment les Personnels de formation. Il serait donc opportun d’assumer pour une fois !
Cette nouvelle formation de huit mois, qui est discutée aujourd’hui, s’inscrit dans un vaste projet lancé par le biais des États généraux de la formation, dans le but de réinvestir des ressources formatives et de reconstruire une filière, tout en redonnant sa valeur au formateur, pilier essentiel de notre administration.
Cette formation à huit mois va également permettre de tenir les engagements du protocole d’accord d’Incarville, puisque les surveillants stagiaires arriveront dans les établissements, avec l’habilitation ESP. FO Justice avait donc vu juste !
Avec ces textes, la période transitoire de notre réforme, qui s’arrêtera au 1ᵉʳ janvier 2027, sera finalisée, et les Personnels jugeront. En 2027, s’ouvrira une nouvelle étape dont l’objectif sera de retravailler la cartographie des officiers, brigadiers-chefs et majors encadrement, afin de permettre à ces derniers d’occuper d’autres postes que le roulement, dans lequel l’UFAP-Unsa Justice les a cantonnés. Ce sera enfin l’occasion de redonner du sens à la chaîne hiérarchique qu’ils ont désorganisée, avec le plan de requalification de la chaîne de commandement.
Notre seul regret est que, par leur faute, cette réforme n’ait pas pu être mise en place dès 2018, car elle aurait déjà permis de changer la vie des Personnels que nous représentons.
►Il reste toutefois un point que nous n’avons pas encore obtenu dans notre réforme historique et que nous portons depuis le début : une prime d’encadrement ! Alors, le « flop syndical » qui crache sur la réforme alors que leurs Secrétaires généraux en ont tous bénéficié les premiers, vont s’accrocher et œuvrer en coulisses afin qu’elle ne soit pas validée dans le budget 2026, car il ne leur reste que cela pour tenter d’exister.
Car oui, que personne ne s’y trompe, depuis le début de la réforme, nos détracteurs n’ont qu’un objectif : empêcher sa mise en place uniquement pour décrédibiliser notre action mais certainement pas pour l’intérêt des Personnels.