Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de cette instance,
En préambule, nous tenons à exprimer toute notre solidarité et notre soutien appuyé à notre collègue, victime d’un malaise lors de la CAP du 8 décembre.
Les débats et les enjeux de nos instances sont exigeants, mais la santé et l’intégrité de nos représentants doivent rester la priorité absolue. Nous lui adressons nos vœux de prompt rétablissement et espérons la retrouver très prochainement parmi nous. Nous profitons également de cette opportunité pour saluer la bienveillance des camarades des autres organisations syndicales et de l’administration à l’endroit de la représentante de Force Ouvrière.
Monsieur le Président,
FO Justice PJJ souhaite exprimer ses réserves concernant la méthode et le calendrier qui nous sont proposés aujourd’hui.
Notre analyse critique se concentre sur deux volets essentiels : le fond des orientations stratégiques annoncées et les modalités de la consultation.
S’agissant du fond, notre organisation syndicale s’inquiète des conséquences de la suppression des Centres Éducatifs Fermés sur les professionnels mais également sur les mineurs.
Pour rappel, FO Justice PJJ n’a jamais inscrit son analyse des CEF dans une logique binaire d’adhésion ou de rejet. Nous avons en revanche toujours considéré que ce dispositif constituait une alternative à l’incarcération, participant à la diversification des réponses éducatives et judiciaires. Cette décision laisse craindre un vide éducatif.
Ce vide, Monsieur le Président, ne pourra être comblé ni par la seule réorganisation du milieu ouvert, ni par la généralisation des UJPE.
Cette dernière doit être déployée avec une évaluation précise de ses effets sur les organisations de travail et, surtout, sur les missions confiées à nos agents. Repenser la justice des mineurs ne se résume pas à transférer des lignes budgétaires. Nous réclamons du temps pour comprendre, pour proposer et surtout pour adapter les ambitions aux réalités de terrain.
Concernant la Forme, nous regrettons un temps de dialogue social trop contraint.
En effet, nous sommes convoqués pour débattre, en moins de deux jours, des procès-verbaux, du bilan social, du calendrier de fermeture des CEF, du déploiement des UJPE et du projet de refonte du milieu ouvert.
Ces sujets vont constituer l’architecture de la PJJ pour la prochaine décennie. Par conséquent, Il convient une nouvelle fois de prendre le temps de s’assurer de la bonne compréhension des enjeux.
Les professionnels de la PJJ, tous corps confondus, doivent pouvoir participer aux projets de transformation et débattre dans le cadre de la rédaction des projets de service.
Notre organisation syndicale doit également pouvoir proposer des amendements autour des annonces. Plus qu’une consultation, nous avons besoin de temps d’échanges nourris.
Monsieur le Président,
La précipitation risque de priver l’administration de l’expertise incomparable de nos personnels de terrain et des organisations syndicales. Nous ne pouvons, par principe, honorer notre engagement lorsque le temps imparti empêche une consultation sérieuse sur l’ensemble du territoire national.
Par conséquent, nous exigeons un moratoire sur ce calendrier. Les réformes de la PJJ nécessitent un changement de paradigme qui ne doit pas se faire dans la précipitation. Il exige un temps raisonnable d’analyse, de débats, et de négociations approfondies.
Nous ne pouvons cautionner une consultation express qui vise à valider des décisions déjà prises.
Cela vaut également pour les annonces de renforts en milieu ouvert. Il y a nécessité de clarifier le plan d’action et sa déclinaison. Nous sommes toujours en attente d’une cartographie des milieux ouverts en tension au-delà d’un recensement objectif de la charge de travail qui pèse sur les agents en milieu ouvert ou au tribunal.
Comme vous le savez, notre organisation syndicale continue de réclamer la baisse des normes afin de permettre aux agents sur le terrain de dégager du temps éducatif auprès des mineurs pris en charge.
Faute d’engagement immédiat et tangible sur un nouveau cycle de dialogue respectueux des enjeux et du temps social et faute d’un plan d’action lisible en milieu ouvert, notre organisation se voit contrainte de ne pas siéger en cette instance.
Pour autant, nous ne manquerons pas d’apporter rapidement nos revendications et les attentes du terrain afin de permettre une déclinaison sereine des futures mesures.
