Astreintes des Personnels de Direction en SPIP : Un Système à bout de Souffle !

Le dispositif d’astreinte des personnels de direction dans les SPIP n’est plus tenable.

Sur le principe, personne ne conteste la nécessité d’une continuité de service. Mais derrière cet affichage, la réalité est celle d’un système désorganisé, sous-dimensionné et profondément injuste.

Une astreinte permanente… pour une indemnisation dérisoire

Un seul personnel de direction est placé en astreinte :

7 jours consécutifs,

24h/24 du vendredi 20h au lundi 8h,

Puis chaque nuit de 18h à 8h en semaine.

Pour cette disponibilité totale, la rémunération s’élève à 150 euros bruts.

Autrement dit : une présence permanente, une responsabilité maximale, pour une reconnaissance minimale.

Une réalité de travail totalement invisibilisée

Contrairement à ce que laisse penser le dispositif, l’astreinte n’est pas une simple “veille”. Chaque appel correspond à une situation sensible, souvent urgente, parfois critique.

Une intervention, c’est :

Analyser et décider seul, à distance,

Coordonner avec police, parquet, structures, victimes,

Sécuriser une situation potentiellement à risque,

Rédiger et tracer chaque décision.

Une heure minimum par situation. Souvent davantage.

Plusieurs appels dans une nuit ? C’est fréquent.

Des sollicitations simultanées ? Cela arrive.

Au final, une semaine d’astreinte représente régulièrement 15 à 20 heures de travail effectif, non reconnues à leur juste niveau.

Des conditions de travail inacceptables

Après une nuit d’interventions, aucun aménagement systématique : il faut être au travail le lendemain. Un seul cadre pour des services aux réalités diverses.

En effet, comment peut-on ériger un dispositif similaire à des structures ayant des spécificités telles que le nombre de personnes prises en charge, la configuration du territoire, l’importance ou non du réseau partenarial, le nombre de cadres présents pouvant assurer l’astreinte (…) ?

Des décisions lourdes de conséquences prises dans l’isolement, sans appui structuré. C’est une organisation qui expose les agents autant qu’elle fragilise le service.

Ce que révèle réellement l’astreinte

Ce dispositif met en lumière une réalité que l’administration refuse de regarder en face :

Oui, le SPIP est un acteur de première ligne en matière de sécurité publique.

Non, il ne bénéficie ni des moyens, ni de l’organisation, ni de la reconnaissance correspondante.

L’astreinte en SPIP est le symptôme d’un abandon : Celui d’une mission essentielle traitée comme une variable d’ajustement.

Nous refusons que cela continue !

Ce système repose aujourd’hui sur l’engagement individuel des personnels de direction. Cet engagement est réel — mais il ne peut plus servir de palliatif aux carences institutionnelles.

Nous demandons :

Une révision immédiate du dispositif d’astreinte,

Une adaptation des moyens à la taille des services,

Une reconnaissance financière à la hauteur des contraintes réelles,

La mise en place de garanties en matière de repos et de sécurité des agents.

Sans cela, l’administration prend le risque assumé d’épuiser ses cadres et de fragiliser la réponse pénale.

Lire le communiqué

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