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Prison de Longuenesse : CSA du 21 mai 2024

Madame la Présidente,

Mesdames, Messieurs,

Nous ne pouvons ouvrir ce Comité Social d’Administration sans avoir une pensée émue pour la famille, les proches ainsi que les collègues d’Arnaud et de Fabrice, lâchement assassinés en service mardi dernier. Nous souhaitons également un prompt rétablissement aux trois autres collègues gravement blessés lors de cette attaque.

PLUS RIEN NE SERA JAMAIS PAREIL. Ce 14 mai 2024 restera gravé à jamais dans nos mémoires. Il doit marquer la fin de la naïveté et de l’ignorance. Nous devons collégialement et rapidement reposer les bases pour que nous puissions effectuer nos missions de la manière la plus sécurisée possible.

En ce qui concerne le centre pénitentiaire de Longuenesse, notre structure, nous devons remettre à plat la question des extractions médicales. Il est indispensable qu’elles soient effectuées de manière armée et que leur nombre soit le plus limité possible. Nous devons également envisager le recours à la télémédecine afin de minimiser les déplacements et renforcer la sécurité. Cette sécurité passera également par une lutte sans relâche contre l’ensemble des objets introduits illicitement dans nos murs, à commencer par les téléphones portables. À quand un dispositif de brouillage ?

Les personnels sont déterminés à obtenir des réponses concrètes. Leur mobilisation et leur solidarité, qui se sont exprimées par le blocage total et plusieurs jours de prison morte, en sont une démonstration.

Nous remercions également les personnels de l’administration pénitentiaire tous corps confondus, le médical et les partenaires privés pour cette solidarité.

Nous remercions le corps d’encadrement pour s’être rendu disponible pour renforcer nos agents ce week-end pour travailler en sécurité.

Nous Remercions les personnels techniques pour la mise en place de la cérémonie d’hommage qui aura lieu ce mercredi à 12h.

Nous apportons notre soutien aux agents agressés ce jeudi lors de leurs interventions au quartier disciplinaire et nous leurs souhaitons un prompt rétablissement.

Cela démontre à qu’elle point notre métier est difficile.

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Prison de Châlons-en-Champagne : 4 jrs, 2 inters, 2 ATAs

Ce jour, 4 jours seulement après le terrible accident survenu lors d’une intervention, sur un détenu rebelle et incontrôlable, pour notre confrère SERGE en stage dans notre établissement, c’est notre collègue GILLES qui, cette fois, est victime des lubies psycho-agressives d’un autre « usager » de notre établissement.

Ce jour, encore une fois, comme trop souvent, notre établissement et ses personnels devront

« faire avec » et trouver la force psychologique pour venir effectuer les trop nombreuses heures supplémentaires mensuelles, qui les diminuent physiquement et moralement, en espérant pouvoir rentrer chez eux sans un détour par l’hôpital pour soigner plaies et blessures qui les empêcheront de serrer leurs proches, dans leurs bras, afin d’y trouver le réconfort nécessaire pour se remettre de cette barbarie.

Ce jour, comme beaucoup d’autres passés, et probablement avenir, si les personnels avaient été équipés d’EPI, comme il se devrait lors de ces agressions, on est en droit de penser que ces martyrs ne seraient, pour la plupart, pas occupés à panser leurs meurtrissures.

Monsieur le Directeur, pour rappel, lors de votre rencontre avec le secrétaire national FO JUSTICE, ce dernier vous évoquait la note signée par le Directeur de l’administration pénitentiaire, Monsieur Ridel, en date du 11 octobre 2021, permettant d’équiper l’encadrement en EPI, vous vous engagiez alors à vous renseigner sur sa mise en œuvre en équipant ces derniers de bombes incapacitantes, comme le permet cette dernière, qui auraient probablement permis de régler ces situations, sans heurts ni fracas, sans cette obligation de « corps à corps » âpre, cause de tant d’âmes blessées dans leur chair, dans leur vie, de bons et loyaux soldats. Or, à ce jour, les brigadiers/chef, bien souvent les premiers au contact, n’en sont toujours pas équipés.

Monsieur le Directeur, même si lettres de félicitations ou autres récompenses réchauffent leur fierté, ces satisfecits ne suffisent malheureusement pas à panser les plaies physiques et psychologiques de ces professionnels, pleins de bravoure, qui permettent à la France et notre établissement d’être en sécurité.

Monsieur le Directeur, la « chair à canon » de votre établissement n’a plus envie de se risquer au pire, par pusillanimité, il est urgent de permettre à vos personnels de légitimement se défendre et se protéger pour éviter toutes ces tragédies.

Vous nous avez démontré être à l’écoute….Il est maintenant urgent d’être dans l’action !!!

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Prison de Saintes : Menteur, incompétent, dangereux

Ce sont les trois adjectifs qui définissent le mieux notre chef d’établissement par intérim (si seulement la mission d’intérim pouvait se terminer rapidement et qu’il navigue vers d’autres horizons).

Menteur : il nous indique fièrement qu’un collègue muté bénéficie d’une arrivée anticipée au 01 Juin, sans signaler au Gradé Origine que ce collègue bénéficiera néanmoins de ses délais de route et de ses congés en arrivant sur Saintes, il ne sera donc vraiment présent qu’au début du mois de Juillet.

Le Gradé Origine ayant effectué le planning de Juin avec cet agent, sans cet agent, des postes en détention ne seront pas couverts.

Incompétent : au lieu de désencombrer notre établissement (137 détenus pour 81 places) en vue de travaux prévus de longue date, il préfère accepter sans rechigner une dizaine de détenus d’un autre établissement de la DI, il ne faut pas dire non au Directeur Interrégional. Monsieur le Chef d’établissement par intérim nous commençons à croire que le costume de Numéro 1 est bien trop grand pour vous.

Dangereux : au vu de notre sous-effectif flagrant de personnel dû en partie à la mise en place forcée des ELSP (et oui il ne faut pas froisser le responsable des ELSP de la DI), nous effectuons les nuits à 3 agents depuis quelques semaines et depuis peu, nous sommes obligés de demander au 1er Surveillant de renforcer les équipes qui se retrouvent à 2 agents, de plus des postes ne sont pas pourvus depuis de longues semaines.

Malgré nos demandes répétées, nous n’avons toujours pas la démarche à suivre (demandée depuis plusieurs semaines) concernant une intervention à 3 agents en service de nuit.

Il veut également découvrir le Quartier Femme afin qu’elle puisse effectuer le travail de poste fixe vestiaire (et oui nous n’avons plus de postes fixes depuis début janvier).

Il est urgent que la Direction Interrégionale vienne aider et soutenir le personnel de la Maison d’Arrêt afin qu’il puisse de nouveau travailler en toute sécurité et sérénité, et également combler les lacunes de plus en plus évidentes et grandissantes de notre chef d’établissement par intérim.

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Hommage national : Le président de la République absent…

La nouvelle est tombée aujourd’hui à 11h38 : le président de la République part dès ce soir en Nouvelle-Calédonie.

Sauf à posséder le don d’ubiquité, Emmanuel MACRON ne présidera donc pas l’hommage national rendu demain à nos collègues morts il y a une semaine, contrairement à l’engagement pris et aux annonces faites par le service communication de l’Élysée.

C’est un nouveau coup de massue pour les personnels pénitentiaires !

Ils voyaient, dans la présence du président de la République, l’honneur de toute la Nation envers leurs camarades Arnaud et Fabrice, tombés pour la France.

Plus largement, être à leurs côtés en cette circonstance tragique témoignait la reconnaissance officielle de leur propre engagement sans faille au service de la Justice.

Si l’urgence de la situation en Nouvelle-Calédonie justifie la mobilisation pleine et entière de l’État et du Gouvernement, le déplacement du président de la République pouvait sûrement s’envisager à l’issue de l’hommage national.

Cette cérémonie marque le temps du recueillement et du souvenir du sacrifice ultime que nos camarades ont fait.

Avant même qu’il ne se déroule, ce moment privilégié est d’ores et déjà marqué par la cruelle désillusion que suscite l’absence du président de la République dans cette mise à l’honneur du courage et de la générosité de Fabrice et Arnaud.

Cela pourrait également être considéré comme un manque de respect des personnels pénitentiaires dont les missions sont essentielles au maintien de la sécurité publique de notre nation.

Monsieur le président, les mots d’Edgard MORIN résument l’amertume ressentie par chacune et chacun d’entre nous…

« À force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel »

L’Intersyndicale, le 21 Mai 2024

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