La Commission Outre-mer FO Justice exprime son indignation et condamne fermement l’usage, par le syndicat UFAP de Bois-d’Arcy, de l’expression “république bananière de la détention“.
Une telle formule, profondément méprisante et chargée d’un héritage colonial, n’a aucune place dans le discours syndical ni dans le débat public.
Le terme « république bananière » n’est pas une image neutre.
Il trouve son origine dans une rhétorique impérialiste et racialisée.
Derrière cette expression se cache une vision coloniale et condescendante des peuples du Sud, perçus comme corrompus, instables et incapables d’autonomie.
L’utiliser aujourd’hui pour qualifier le système carcéral français revient à réactiver ce vocabulaire de mépris et à banaliser une insulte historique envers des populations encore marquées par ce passé.
Ce n’est pas une formule “forte”
Ce n’est pas un “coup de gueule syndical”.
C’est une faute de langage et une violence symbolique inacceptable.
Un syndicat, quel qu’il soit, a le devoir d’exercer sa liberté d’expression avec conscience et responsabilité, surtout lorsqu’il prétend défendre la dignité et la justice.
La Commission Outre-mer FO Justice appelle l’UFAP de Bois-d’Arcy à retirer ses propos, à reconnaître publiquement leur portée offensante, et à présenter des excuses aux personnels ultramarins et à l’ensemble de la communauté pénitentiaire.
La lutte syndicale doit s’inscrire dans la justice, la dignité et le respect, pas dans la reproduction de stéréotypes coloniaux.
Les mots ont un poids : celui-ci écrase bien plus qu’il ne libère.
