Monsieur le Président
Mesdames et Messieurs,
L’Union Interrégionale des Syndicats Pénitentiaires Force Ouvrière Justice Paris exprime au sein de cette instance sa plus vive inquiétude et son profond mécontentement face à une situation devenue intenable dans les établissements pénitentiaires relevant de la DISP de Paris : la surpopulation carcérale chronique et le manque criant de personnels pour y faire face.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : des taux d’occupation moyens qui dépassent allègrement les 150 %, où s’entassent plusieurs détenus, des matelas au sol devenus la norme… Cette situation est plus que préoccupante : elle est dangereuse pour les agents qui doivent exercer leurs missions dans un climat tendu, dégradé, et de plus en plus violent. Et indigne pour les détenus.
À cela s’ajoute un déficit structurel en effectifs, tous corps confondus. Agents de surveillance, personnels administratifs, personnels techniques, personnels des SPIP, personnels de santé : partout, les postes vacants s’accumulent, augmentation de la charge de travail, risques psychosociaux accentués, les agents en poste s’épuisent, les arrêts maladie explosent.
Le constat est alarmant, les rappels sur repos sont incessants, les heures supplémentaires explosent, l’écrêtage des heures est monnaie courante … Et tout cela au détriment de la santé physique et mentale des agents.
Les missions d’extractions judiciaires en sont un parfait exemple : elles deviennent de plus en plus difficiles à réaliser avec un effectif réduit à peau de chagrin. Malgré les alertes, aucune mesure sérieuse n’est prise pour alléger cette pression croissante. La sécurité des escortes comme celle des personnes extraites est mise en jeu quotidiennement.
Autres laboratoires des risques psychosociaux c’est l’asphyxie des greffes pénitentiaires où pointe une insécurité judiciaire en dépit de nos alertes tous azimuts !
Parallèlement, la politique de lutte contre l’absentéisme ne faiblit pas. Pire encore, elle semble totalement déconnectée du contexte actuel. Au lieu d’entendre la souffrance des agents, l’administration préfère stigmatiser ceux qui s’absentent, comme si cela relevait du confort ou du choix personnel. Faire plus avec moins est devenue la nouvelle boussole de nos technocrates, au mépris du terrain, de la réalité, et de la santé des personnels.
Il est aujourd’hui urgent de prendre des mesures concrètes au plus haut sommet de l’Etat pour sécuriser nos missions régaliennes.
Les agents exigent du respect, des moyens et des actes. À défaut, ce sont les fondements mêmes de notre mission de service public qui vacillent.
L’UISP FO Justice attend aujourd’hui des réponses précises, chiffrées et assorties d’un calendrier.
A défaut Force Ouvrière Justice prendra ses responsabilités dans l’intérêt de la profession et de ses hommes et femmes qui servent l’institution avec dévouement et abnégation.