Ce mercredi 26 novembre, le ministre de la Justice a annoncé le lancement d’une intensification massive des fouilles dans l’ensemble des établissements pénitentiaires de France d’ici au 31 décembre. Il a présenté cette campagne comme une « réponse nécessaire » face à la circulation des téléphones portables, des stupéfiants et des objets interdits, et a insisté sur la volonté de « reprendre le contrôle » dans les détentions. Le garde des Sceaux a également mis en avant les opérations d’ampleur, dont la fouille XXL menée ce matin à la maison d’arrêt (MA) de Nanterre, qualifiée de modèle à généraliser. Selon le ministre de la Justice, ces actions doivent devenir la norme dans les semaines à venir.
FO Justice PACA-Corse est évidemment favorable à ces opérations, qui par ailleurs n’apportent rien de nouveau, mais une réalité incontournable s’impose, pour multiplier les fouilles sectorisées, générales ou ciblées, il faut des effectifs disponibles.
Et c’est là que les annonces se heurtent au réel, comment mener ces opérations sans fragiliser les établissements déjà en tension, quand mobiliser l’équipe régionale de fouille et l’équipe locale de sécurité pénitentiaire (ELSP), signifie retirer des agents de détentions et de missions judiciaires déjà sous pression ?!
Intensifier les fouilles exige automatiquement du renfort !!!
Or, sur le terrain, les saisies explosent, les drones deviennent plus performants et plus discrets, les trafics se renforcent… Et les outils mis à disposition des agents ne suivent plus la technologie employée pour livrer drogues, téléphones et objets illicites. Le matériel anti-drone repère, mais ne neutralise pas. Il faut désormais des systèmes capables de détecter, suivre et stopper réellement.
CONTINUER AVEC LES MÊMES MOYENS ACTUELS, C’EST COURIR DERRIÈRE LE PROBLÈME
Les moyens de détection interne doivent aussi évoluer. Certains établissements en France, disposent déjà de scanners corporels, mais ce type d’équipement doit être déployé dans toutes les structures … RESTER AU NIVEAU ACTUEL, C’EST RECULER !!!
À cela s’ajoute un chiffre trompeur diffusé ce matin dans les médias avec un taux de surencombrement de 137 % en PACA. Ce chiffre, fourni par l’administration et relayé par une organisation syndicale, englobe maisons d’arrêt (MA), centres de détention (CD), Maison Centrale (MC), quartiers centre de détention (QCD), quartiers de semi-liberté (QSL) et structure d’accompagnement vers la sortie (SAS) NON SATURÉES.
UN CHIFFRE RASSURANT SUR LE PAPIER… SUR LE TERRAIN RIEN À VOIR !!!
Car la réalité, la VRAIE, celle que vivent les agents dans les MA et les QMA dépasse les 150 %, pus proches des 160 % de surpopulation carcérale ! C’est là que les tensions explosent, que les incidents se multiplient, que la pression est maximale et quotidienne.
Les établissements pour peine, MC et CD ne sont pas épargnés, en sous-effectif, face à une population pénale plus jeune, plus instable, plus violente. Le climat est tendu dans toutes les catégories d’établissement, pas seulement en MA et leur travail mérite la même reconnaissance.
À L’EXTÉRIEUR, MÊME CONSTAT, LA PRESSION EST TOUT AUSSI FORTE !!!
La population sous bracelet électronique atteint des niveaux records. Les CPIP, les surveillants ASE et équipes du SPIP le vivent chaque jour avec des effectifs en baisse et du matériel vétuste. Le SPIP 13 l’a rappelé dans sa lettre ouverte du 20 novembre, le nombre de DDSE explose pendant que les moyens diminuent. ON DEMANDE TOUJOURS PLUS, AVEC DE MOINS EN MOINS.
Pendant que les annonces s’enchaînent, l’insécurité, elle, ne s’arrête jamais : drones, téléphones, stupéfiants, violences, surpopulation, matériel obsolète, mobilités insuffisantes. RIEN NE RALENTIT.
LA SÉCURITÉ, TOUT LE MONDE LA VEUT, MAIS LA SÉCURITÉ NE SE FAIT PAS AVEC DES DÉCLARATIONS,
ELLE SE CONSTRUIT AVEC DU CONCRET, DES EFFECTIFS SUFFISANTS, DES OUTILS MODERNES ET UNE TECHNOLOGIE ADAPTÉE.
Et si l’on veut vraiment aller au bout des intentions affichées ce matin, alors il faut passer de l’annonce à l’action :
- Le chien d’appui, aujourd’hui utilisé uniquement pour l’appui sécuritaire, doit enfin être développé en chien de détection de stupéfiants, d’explosifs et de matériel illicite. Le test en cours au CP Aix-Luynes doit déboucher sur un déploiement, car cet outil est indispensable pour atteindre les objectifs fixés par le ministre.
- La brigade motorisée, actuellement en phase de test sur la DISP de Paris, doit être étendue à la DISP Marseille, elle doit disposer des mêmes moyens d’intervention rapide et de sécurisation.
AUJOURD’HUI, LE TERRAIN RÉCLAME SIMPLEMENT DU CONCRET, DES MOYENS, ET UNE VISION FIDÈLE DE LA RÉALITÉ QUE LES AGENTS AFFRONTENT CHAQUE JOUR
