Nous atteignons des sommets d’absurdité. Alors que les établissements sont étranglés par une déficience RH massive et une surpopulation endémique, l’administration réussit l’exploit de gaspiller les rares ressources disponibles avec une légèreté déconcertante.
Dans quel monde peut-on encore justifier qu’un agent soit obligé de refaire une formation déjà validée, simplement parce que personne n’a pris soin d’en garder une trace ?
Pire encore : 4 apprenants présents sur 6 suffisent à maintenir une session… sauf quand il s’agit d’un FIO. Là, subitement, on annule tout, sous prétexte qu’il n’est pas payé. C’est une blague ou un retour au fonctionnement de l’état colonial ?
Faut-il vous féliciter de faire déplacer un FIO à des centaines de kilomètres de chez lui, sans indemnité, sans considération, et tout ça pour pénaliser inutilement les établissements de 8 RH (4 agents en formation + 4 remplaçants mobilisés pour rien) ? Pourquoi ? Pour recommencer dans quelques semaines ? C’est ça votre gestion RH exemplaire en période de carence ?
Cerise sur le gâteau : des jeunes titulaires sont encore en attente de leur arrêté de mutation à quelques jours de leur prise de fonction. En région parisienne, aller donc trouvez donc un logement en quelques jours!
Vos négligences jettent des agents à la rue. Mais s’ils demandent l’annulation de leur mutation dans de telles condition, le refus claque, intransigeant, froid, pratique courante d’une administration incapable d’admettre ses échecs ou d’assumer ses responsabilités.
Implacable envers les agents, laxiste envers soi-même : belle démonstration d’éthique !
Nous en avons assez de cette déontologie à géométrie variable, de cette irresponsabilité permanente maquillée en rigueur administrative.
Nous en avons assez de cette politique perpétuelle du parapluie, nous en avons assez de travailler en mode dégradé, en sous-effectif dans des établissements prêts à exploser.
Nous en avons assez de vous voir vous autocongratuler pendant que notre sécurité n’est jamais votre priorité.
Nous en avons assez de voir nos heures s’accumuler et être payées à crédit.
Nous en avons assez de sacrifier nos vies familiales et sociales pour satisfaire vos ambitions et carrières, d’accumuler la fatigue et détériorer nos santés, de vous voir implacables à la moindre petite erreur.
Vous surfez sur une colère sourde que vous refusez de voir. Mais sachez-le : un volcan muet n’est pas un volcan éteint. Prenez garde à l’éruption, elle risque d’être sèche, brutale et explosive !