Aujourd’hui, les prisons françaises connaissent une crise sans précédent.
Avec 80779 détenus pour seulement 62357 places, la surpopulation atteint 129,3%.
La situation de la maison d’arrêt de Montpellier est critique : pour 600 places disponibles, ce sont 1020 détenus qui sont incarcérés. Cette population de 170% rend l’encellulement individuel impossible, en violation des règles européennes.
Les détenus en fin de sanction disciplinaire refusent de quitter les quartiers disciplinaires, faute de place en cellule individuelle. Cette surpopulation transforme la gestion quotidienne en un casse-tête pour surveillants, officiers, et direction, confrontés à des choix impossibles en mettant en péril la dignité de tous. Le nombre de mutations de cellules et les soucis qui en découlent explosent de manière exponentielle mettant la responsabilité de nos surveillants en sous-effectif en avant ; faisant parfois passer l’homme le plus respectueux pour un bourreau qui ne sait plus reconnaitre la véracité des propos de nos détenus à leurs mensonges, souvent quotidiens pour obtenir la moindre once de confort de jour comme de nuit.
L’observatoire International des Prisons (OIP)a déjà dénoncé ces conditions indignes et dangereuses, et propose plusieurs mesures :
– A court terme, mettre en place un mécanisme de régulation carcérale contraignant
– A moyen terme réexaminer les facteurs contribuant à l’augmentation des incarcérations, comme l’usage excessif de la détention provisoire, les jugements rapides, l’allongement des peines, et le manque d’investissement dans les alternatives à l’emprisonnement.
Il est urgent d’agir pour garantir des conditions de détention dignes et sécurisées pour tous. 33 % des peines sont de moins de 6 mois, le processus d’aménagement des peines ne nous laisse que peu d’option pour attribuer ce pourcentage en structure d’accompagnement à la sortie. Pour autant, un automatisme pourrait être mis en place. Et le TIG ? Ne me dites pas que notre département n’aurait pas besoin de faire travailler ces 33% sur la réfection de nos infrastructures ?
Nous exigeons des solutions concrètes face à cette crise sans précédent.
La maison d’arrêt de Montpellier doit être vidée. Les attentes de transferts de détenus instables à profil violent ayant mis le feu par deux fois sont toujours en attente !! Inimaginable !!