Le bureau F.O local, lors de son tract du 12/08/2024, évoquait déjà la limite de notre structure.
Aujourd’hui, V.L.M déborde de toutes parts. 1046 détenus ce jour pour 600 places et un effectif de -21 surveillants postés actés par notre DIOS !!
Le quartier arrivant est devenu un fourre-tout, à la fois mouroir mais aussi unité pour tuberculeux. Les gestions isolées et les gestions équipées sont toujours aussi nombreuses, avec une récupération de profils à troubles psy, faisant de notre quartier labellisé le réceptacle résilient, déversoir multi-catégoriel de notre maison d’arrêt.
Le RDC du C connaît des profils à troubles psy de plus en plus compliqués. Les gestions isolées sont contenues par aile, il faut y être psychiatre non diplômé pour y travailler. En atteste encore l’intervention de ce matin.
Le QI/QD voit la liste de ses CDD augmenter. Nos camarades ne ressentent pas la reconnaissance de leur expérience. On met parfois des gestions équipées en place pour peu, alors que l’on demande à nos camarades de servir à ces mêmes détenus, toujours en gestion équipée, le repas à la louche ? Mais où est le bon sens ??! Gestion équipée = repas en barquette !!
Le quartier mineur et ses 5 MOS depuis septembre !! Des agents qui se partagent entre CAP, CPU, gestions isolées, gestion du 3 A presque journalière et doivent assurer toutes les activités socioculturelles, assurer le suivi avec tous les intervenants. Le quartier mineur brasse énormément de travailleurs, l’intendance et les multiples menaces de mort, mise à tabac, coup dans la trogne pour séparer nos phénomènes ! Encore 5 jours de CDD prononcés pour un de nos jeunes hier !
La détention ! Haaa !!! Quel plaisir d’évoluer dans un casse-tête sans fin. Refus de réintégrer, refus de mutations, mises en préventions, punaises de lits rongeant jusqu’à la ferraille, souris, rats, cafards malgré les nombreuses désinfestations. Les étages débordent, la tension est à son comble, les trafics en tout genre sont incessants et rendent la sécurité active plus que délicate.
Les saisies sont nombreuses, mais nous ne voyons pas le côté immergé de l’iceberg, tous ces couteaux en céramique trouvés, ces recherches d’armes .., toujours autant de drones mais toujours pas de brouilleur!!
Les services USMP, cantines, cuisines, buanderie tournent à plein régime dans des locaux trop petits. L’USMP et ses personnels de surveillance et travailleurs médicaux doivent faire un tri dans les urgences de plus en plus conséquentes. Il nous manque toujours 2 salles d’attente pour affronter les besoins actuels, il n’y a toujours pas assez de salles pour les intervenants et nous perdons en plus un psy, rallongeant de ce fait la liste d’attente déjà bien longue pour nos personnes détenues. Et le socio/culturel avec une surveiallant pour parfois plus de 100 detenus sur zone!!! Le régime efreiné du suivi, des mises à jour des listes etc..
Les ELSP/EJV : à effectif doublé, leur cadence de travail l’est aussi. Les risques le sont également.
Nos administratifs : les solutions d’aide avec stagiaire ou aménagement de poste ne sont pas une solution à long terme. Leur responsabilité est largement engagée, ils se doivent d’être doublement vigilants sur chacune de leurs tâches. Car, ne nous leurrons pas, si une faute est commise, ils seront les premiers visés alors même qu’ils travaillent pour un double effectif !
À défaut de nous trouver du budget pour agrandir la zone de stockage Alat cuisine, à défaut de nous trouver une solution pour agrandir notre infirmerie ou notre cuisine, à défaut de nous offrir nos 21 surveillants, de remplumer nos administratifs, de nous mettre la climatisation dans les étages en détention, de nous installer les brouilleurs anti-drones, ne pourriez-vous pas, Monsieur le D.I, saisir la DAP sur le besoin évident d’équilibrage du surencombrement au national ? Les RPE ont une limite, Monsieur le D.I.
Vaut-il mieux des conditions insalubres et indignes ou simplement moins bien veiller au maintien des liens familiaux ? Combien encore de matelas au sol ou de lits rajoutés pour faire baisser les statistiques ? Est-ce que la sécurité de nos personnels importe si peu à nos dirigeants ? Il est inacceptable d’entendre que certaines DISP sont à 80% d’encombrement quand nous sommes en souffrance avec plus de 900 matelas au sol en Occitanie ! Nous sommes sans cesse en réunion pour trouver des solutions à ce « travailler plus avec moins d’agents et le double de détenus, chercher un nouveau planning avec un effectif présentiel et non théorique ». L’heure des sacrifices n’est plus dans le camp des surveillants.
Monsieur le Directeur interrégional, Monsieur le Directeur de l’Administration Pénitentiaire, nous avons besoin d’équité, d’équilibrage de l’effectif national, de pouvoir transférer (ce qui nous aurait évité 3 blessés au QI/QD dernièrement). La gestion de surencombrement régional voulue par notre DAP est inadaptée à cette situation historiquement sans précédent avec plus de 80000 détenus. La régle doit changer !!!
Le point de rupture est prononcé en ce jour. Monsieur le D.I, cette prison risque bien des jours de blocages si une solution n’est pas trouvée dans les plus brefs délais !