Mesdames, Messieurs,
Les représentants Force Ouvrière Justice Lannemezan souhaitent vous faire part d’une déclaration claire, ferme et sans détour.
Après de nombreuses rencontres avec nos collègues, la réunion intersyndicale tenue ce lundi 24 mars a, une fois de plus, mis en lumière l’ampleur du malaise profond qui gangrène notre Centre Pénitentiaire. La situation est devenue intenable. La souffrance, quant à elle, est palpable et généralisée.
Ce malaise est omniprésent : de la détention jusqu’au couloir administratif, sans oublier les techniques, aucun secteur n’est épargné. Il s’est immiscé partout, alimenté par des méthodes de management destructrices et un climat de défiance généralisé.
Au-delà des conditions de travail dégradées et des effectifs insuffisants, nous dénonçons avec force des comportements inacceptables de la part de la Direction envers certains agents. Ces agissements ont conduit plusieurs collègues à l’arrêt maladie, d’autres à un départ anticipé à la retraite, totalement usés, écœurés, dégoûtés.
Alors nous posons cette question, lourde de sens :
Faudra-t-il attendre un suicide pour que la Direction ouvre enfin les yeux ?
Derrière chaque agent, il y a des femmes, des hommes, des familles, des enfants. Ce que vivent les collègues ne s’arrête pas à la porte de l’établissement. La souffrance traverse les murs et détruit des vies.
Aujourd’hui, les agents sont à bout. Ils n’en peuvent plus.
Ils sont prêts à entrer en action, déterminés à ne plus se taire ni subir.
Et ils ne seront pas seuls : les personnels d’autres établissements, pleinement informés de la situation catastrophique de notre site, sont prêts à venir leur prêter main forte.
Force Ouvrière Justice refuse de continuer à siéger dans une instance où le dialogue social n’est qu’une façade, une illusion de concertation. Nous refusons d’être complices de ces actes d’acharnement envers les agents.
C’est pourquoi, après lecture de cette déclaration, les représentants FO Justice quitteront ce CSA.
Ce départ est un acte fort. Il marque une ligne rouge franchie. Il marque surtout notre volonté de ne plus être complices d’un système sourd à la détresse de ses agents.
Nous restons disponibles pour un véritable dialogue, à condition qu’il soit respectueux, sincère, et surtout suivi d’actes concrets.
Dans le cas contraire, nous prendrons toutes nos responsabilités.