Le 24 octobre 2024, un incident, qui aurait pu être dramatique, s’est produit au sein du milieu ouvert du SPIP de la Nièvre : une collègue a été « prise en otage » par un probationnaire semblant avoir des troubles psychiatriques, lors d’un premier entretien. Cet événement, qui aurait pu avoir des conséquences graves, rappelle avec force les risques auxquels sont confrontés quotidiennement nos collègues. Cet incident met en lumière la nécessité urgente de renforcer les mesures de sécurité et de protection pour l’ensemble des personnels, notamment sur les milieux ouverts.
FO Justice CPIP, en sa qualité de syndicat majoritaire au sein du CSA SPIP de la Nièvre, souhaite tout d’abord exprimer son soutien total à notre collègue récemment titularisée, qui a fait preuve d’un courage exemplaire dans cette situation particulièrement éprouvante. Nous saluons également la gestion rapide et appropriée de cet incident par la direction du service. La prise en charge de notre collègue une fois l’incident terminé, a été assurée de manière professionnelle et humaine, avec l’accompagnement psychologique nécessaire pour l’aider à surmonter ce traumatisme.
Toutefois, cet événement souligne une fois de plus les insuffisances dans les dispositifs de sécurité au sein des MO des SPIP. Les agents sont régulièrement exposés à des situations potentiellement dangereuses, souvent en l’absence de moyens adéquats pour prévenir et gérer ces risques. Comme indiqué dans le PLNV (plan de lutte national contre les violences) qui a été travaillé avec la DAP et les différentes OS représentatives, la formation sur la gestion des situations de crise doit être renforcée et étendue à l’ensemble des personnels ; et les dispositifs de sécurité en place doivent être réévalués de manière urgente.
Ainsi, comme évoqué au sein de notre plateforme revendicative et comme cela est déjà mis en place au sein de certains SPIP (notamment sur la DISP de Paris), FO Justice CPIP revendique :
- La sécurisation des SPIP via la présence de portiques, ouverture ou accès avec effet de SAS, et d’agents d’accueil PA/PS en doublure.
- La création et le renforcement de vrais protocoles de sécurité pour les MO
- L’amélioration de la formation des personnels : Il est crucial de renforcer la formation en gestion des situations de crise, y compris les techniques de désescalade et de protection personnelle. Cette formation doit être systématique pour tous les agents, et non réservée à un groupe restreint.
- L’évaluation et la révision des conditions d’accueil des probationnaires : Une meilleure évaluation des profils à risque et l’adaptation des modalités d’entretien pour les cas potentiellement sensibles pourraient prévenir de tels incidents.
- Le soutien psychologique renforcé pour les agents : Un suivi systématique et prolongé doit être assuré pour les agents ayant vécu des incidents violents ou traumatisants, afin de les aider à se reconstruire et à reprendre leur activité dans les meilleures conditions possibles.
Cet événement ne doit pas être traité comme un fait isolé, mais comme un signal d’alarme qui appelle des réponses structurelles et durables pour l’ensemble des SPIP. La sécurité des agents n’est pas négociable, et il est du devoir de l’AP de garantir un environnement de travail sécurisé et protecteur.
Nous appelons l’ensemble des personnels à rester vigilants et à signaler toute situation à risque, et nous invitons l’ensemble des directions à engager, sans délai, une réflexion approfondie sur les mesures de sécurité à renforcer au sein de leurs SPIP.