Déclaration liminaire : Formation spécialisée du 17 octobre 2023

Madame la Présidente,

Le plan d’action SST 2021-2024 que vous abordez avec les représentants du personnel ce jour se présente encore et toujours comme une simple posture. Votre plan qui aborde les risques liés à la spécificité des métiers de la PJJ en citant le travail isolé, le travail de nuit, les risques routiers et la violence de notre environnement n’a pas suffi à l’administration pour une reconnaissance de la pénibilité de nos métiers. Au contraire, celle-ci a acté une prolongation de la durée de cotisation de 7 années supplémentaires pour les éducateurs et la retraite à 64 ans pour tous !

Votre plan effleure la question de la crise sanitaire alors qu’elle a été la démonstration du manque de préparation et d’anticipation totale de la DPJJ face au risque pandémique. Il en est de même aujourd’hui pour éradiquer la prolifération des punaises de lit dans les établissements d’hébergements.

Votre plan passe sous silence la question de la transformation numérique de nos métiers.

Rappelons ici le piètre accompagnement des déploiements de Chorus DT et Parcours dans les unités et services créant une fracture numérique entre les agents et leurs nouveaux outils de travail. Les éducateurs ne sont pas des intelligences artificielles et le temps éducatif ne peut se faire au détriment du temps de saisie devant des logiciels nouveaux et complexes.

Que dire aux professionnels qui n’arrivent plus à se déplacer convenablement avec des annulations de réservation en dernière minute et une agence de voyages « fantôme » lorsqu’il s’agit de répondre aux appels et aux mails ? Combien de temps encore allons-nous laisser démunis les gestionnaires en DIR qui se retrouvent isolés dans un rôle de paratonnerre ?Combien de temps doit-on encore subir des choix de l’administration qui a troqué un marché voyagiste qui fonctionne contre un marché de service au rabais ?

Vous inscrivez dans votre plan le télétravail sous l’angle de « la qualité de vie au travail » alors même qu’il s’agit là d’un mode de travail dont la mise en place sur le terrain se fait en défaveur des agents : des équipements à leurs domiciles inadaptés, du retard et des impayés d’indemnités sans compter un droit à la déconnexion souvent bafoué. Non seulement l’administration ne compte pas les économies réalisées sur le dos des télétravailleurs, mais elle va plus loin en réduisant drastiquement les surfaces de nos unités et services par l’adoption de l’arrêté du 3 mars 2023 sur le nouveau ratio d’optimisation immobilière sans aucun dialogue social préalable !

Nous ne pouvons que constater l’inadaptation de nos sites et leurs failles sécuritaires avec une augmentation du nombre d’intrusions, d’incendies volontaires, de cambriolages et de détentions d’objets dangereux au sein de nos unités et services.

FO Justice PJJ exige plus de transparence et d’impartialité dans le traitement des situations de violences externes et internes. Notre organisation estime indispensable l’association systématique d’un élu du personnel aux enquêtes administratives. Rappelons que les agents ne bénéficient que trop rarement de la protection fonctionnelle.

FO Justice PJJ réclame l’effectivité des décharges pour les représentants du personnel membres des formations spécialisées conformément à la réglementation en vigueur ainsi que pour les conseillers de prévention et les assistants de prévention par l’identification d’un temps de travail sous forme d’ASA.

Pour conclure, votre plan occulte la question des agents en situation de handicap, ce qui n’est pas admissible. FO Justice PJJ exige la déclinaison des mesures en faveur de leurs insertions et de leurs inclusions par la DPJJ.

FO Justice PJJ se tient aux côtés des personnels pour garantir le droit à la santé tant physique que mentale tout au long de la vie professionnelle.

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