Madame la Présidente,
Nous siégeons aujourd’hui dans un contexte social tendu, marqué par des annonces budgétaires préoccupantes. La volonté gouvernementale d’étendre les jours de carence à trois jours pour les arrêts-maladie suscite une profonde indignation. La fonction publique est prise pour cible et l’État pointe une nouvelle fois du doigt les fonctionnaires.
Les attaques répétitives de nos acquis sociaux sont l’expression d’un mépris décomplexé et inacceptable.
FO Justice PJJ dénonce fermement cette mesure injuste, qui ne ferait qu’aggraver les inégalités sociales et affecterait durement les agents. Notre organisation demeure mobilisée pour empêcher cette réforme et défendre les droits des agents de la PJJ.
Monsieur le Président,
Nous déplorons la perte de substance des instances de dialogue social et particulièrement la CAP.
Il est inacceptable de se retrancher derrière des formalités administratives en opposant systématiquement des règles juridiques. Le principe du dialogue social est de permettre un temps d’écoute et d’échange. Il est indispensable de prendre en compte les réalités de terrain et d’accorder une place conséquente à la négociation. FO Justice PJJ refuse de se limiter à un exercice administratif de validation et à un simulacre de dialogue social.
Monsieur le Président,
Nous constatons également, une fois de plus, un nombre élevé de recours liés aux campagnes CREP. Le constat est d’autant plus alarmant que nous approchons de la campagne CREP 2025.Nous insistons sur l’importance de mener ces évaluations dans un esprit de bienveillance et de respect envers les agents. Il est essentiel que l’entretien professionnel ne devienne pas un outil de sanction ou un prétexte pour régler des comptes.
L’évaluation professionnelle a des conséquences directes sur la mobilité des agents ainsi que sur l’attribution du CIA. Il est donc indispensable que les évaluateurs soient préparés en amont et sensibilisés aux conséquences de leurs évaluations pour limiter le nombre de recours lors des prochaines commissions paritaires.
Monsieur le Président,
FO Justice PJJ exige que les décisions prises dans le cadre des recours CREP au sein de cette commission soient obligatoirement appliquées par les cadres. Il est impératif que cette instance ne se limite pas à émettre un simple avis. Les agents sont en droit d’exiger une décision opposable à l’administration.
Monsieur le Président,
FO Justice PJJ milite pour la fin du profilage spécifique des éducateurs en CEF et des cadres de manière générale.
En effet, les campagnes de mobilité s’apparentent à un parcours du combattant. Pour rappel, le choix des recruteurs se base essentiellement sur les CREP.
Certains agents n’ont pas de CREP, d’autres font l’objet de recours, d’autres encore n’ont pas pu exercer leur recours, d’autres enfin ont simplement renoncé.
Pour autant, c’est sur la base du compte rendu professionnel que se joue l’avenir des agents. Le niveau de contestation des CREP est tellement important que cet outil ne peut être utilisé comme support à un entretien de recrutement.
FO Justice PJJ réclame l’arrêt du profilage ou à tout le moins la non-prise en compte des CREP dans le cadre des entretiens de mobilité.
Enfin, notre organisation syndicale réaffirme son attachement à un dialogue social sincère où les échanges permettent des avancées réelles pour les agents. Nous demandons des évaluations professionnelles qui respectent les droits et attentes légitimes des personnels de la PJJ, pour des carrières construites sur la reconnaissance de l’engagement professionnel et des compétences.