La Souffrance au Travail Menace la Qualité de l’Insertion
Le 14 novembre dernier, la délégation FO Justice s’est rendue au Centre Pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Notre représentante régionale pour le personnel d’Insertion et de Probation a pu échanger avec les Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et de Probation du SPIP.
Le constat est sans appel : pour exercer au SPIP de Fleury-Mérogis, la première compétence exigée d’un CPIP est d’être un excellent apnéiste.
La Tête Sous l’Eau : Surcharge et Dégradation des Conditions de Travail
La phrase la plus couramment entendue est le cri d’alarme : « Je suis sous l’eau ! »
• Surcharge de Travail Explosive : La majeure partie de nos collègues gère des effectifs se situant entre 90 et 100 personnes détenues, directement impactés par le surencombrement chronique du CP.
• Heures Supplémentaires Systématiques : Aucun CPIP ne parvient à effectuer « QUE » les 7h12 quotidiennes contractuelles. L’accumulation des heures écrêtées est devenue une norme mensuelle inacceptable. Ces “heures invisibles”, souvent effectuées à domicile le week-end (traitement des mails chronophages, rattrapage des rapports en retard), sont une preuve de l’engagement forcé et nuisent gravement à l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle.
• Sacrifice de la Qualité du Service Public : La frustration est immense. Les CPIP estiment ne plus pouvoir garantir un travail d’insertion de qualité et expriment une énorme culpabilité de ne pas pouvoir s’entretenir plus régulièrement avec les personnes détenues de leur effectif.
Les CPIP : Variables d’Ajustement d’une administration carencée
Le SPIP pallie régulièrement les difficultés rencontrées par les autres services, au mépris des missions fondamentales des CPIP.


L’assistante sociale du service n’est pas épargnée, avec une charge de travail exponentielle (à minima 10 heures de travail quotidiennement), face à un public incarcéré de plus en plus défavorisé.
FO Justice Dit STOP !
Nos collègues CPIP sont en souffrance physique et morale. On leur en demande toujours plus.
FO Justice entend les difficultés des autres services, mais se demande : qui vient en aide au SPIP ?
STOP à l’utilisation systématique des CPIP pour combler les carences structurelles de l’établissement.
De plus, le sentiment de manque de reconnaissance revient de manière lancinante.
FO Justice porte haut et fort la parole de nos collègues : ils ont besoin d’un soutien sans faille et d’une Direction qui assoit la place du SPIP au sein du centre pénitentiaire, conformément à ses missions de prévention de la récidive et d’insertion/réinsertion.
Nous mettons en garde contre l’épuisement professionnel (Burn-out) imminent de nos collègues. À force de tirer sur la corde, elle finira par rompre.
