Ce matin peu avant 11H une personne détenue au bâtiment 2 a une fois de plus trouvé opportun de s’en prendre verbalement et physiquement à un de nos collègues afin d’exprimer son mécontentement.
La personne détenue a agressé notre collègue à la sortie de la douche.
L’alarme a été déclenchée. L’ensemble des personnels présent a été réactif, efficace et professionnel. La personne détenue a donc rapidement pu être maîtrisée et mise en prévention.
Heureusement, aujourd’hui nous n’avons pas à déplorer de blessure grave.
Le SLP FO Justice Joux-la-Ville félicite l’ensemble des personnels pour leur réactivité et leur professionnalisme.
Le SLP FO Justice Joux-la-Ville attend que la personne détenue soit sanctionnée sévèrement.
Le SLP FO Justice Joux-la-Ville attend un questionnement, un travail et des réponses concrètes à cette hausse significative des agressions sur l’établissement.
Le jeudi 27 novembre 2025, le ministre de la Justice, M. Gérald Darmanin, s’est rendu à la Maison d’arrêt (MA) de Grasse. À cette occasion, FO Justice, 1ère organisation syndicale représentative des personnels, a été reçue par le chargé de mission sur les questions pénitentiaires au cabinet du ministre.
Dès l’ouverture de l’entretien, FO Justice a interrogé le ministère sur la raison de cette visite.
La réponse est sans ambiguïté : un projet d’agrandissement modulaire de la MA de Grasse, avec 200 places supplémentaires, orientées vers un quartier de semi-liberté ou de courtes peines.
Cet échange a permis à FO Justice d’exposer sans détour, les réalités auxquelles sont confrontés les personnels de la MA de Grasse.
UNE DIFFICULTÉ PERSISTANTE DE FIDÉLISATION
Les surveillants stagiaires, à peine arrivés, envisagent déjà une mobilité. Les causes sont connues : un établissement vieillissant, l’absence de douche en cellules sont autant de freins majeurs à l’attractivité de l’établissement.
FO Justice a réaffirmé l’urgence d’accélérer la création du local douches sur le terrain de sport, une demande portée depuis des années et toujours en attente de concrétisation.
UNE GESTION INTERNE QUI NÉCESSITE UN ACCOMPAGNEMENT RENFORCÉ
Nombreux sont les agents, nouveaux comme expérimentés, qui expriment un malaise lié au fonctionnement managérial actuel, un sentiment de pression, un manque de soutien, et des difficultés relationnelles.
FO Justice ne cherche pas à pointer du doigt, mais à faire remonter une réalité qui impacte la motivation et la stabilité des équipes, et demande que ces problématiques soient objectivement identifiées, analysées et accompagnées, afin d’améliorer le climat de travail.
DES LOYERS INABORDABLES ET UNE INDEMNITÉ DE RÉSIDENCE INSUFFISANTE
Vivre en région PACA est devenu un véritable défi : manque de logements, loyers exorbitants, installation difficile pour les nouveaux arrivants.
FO Justice a rappelé l’impérieuse nécessité de porter l’indemnité de résidence de 1 % à 3 %, une mesure qui vise à soulager le coût de la vie sur la Côte d’Azur.
FO Justice a appelé à un élargissement du parc immobilier du Ministère de la Justice.
LES STAGIAIRES POLYNÉSIENS ABANDONNÉS DÈS LEUR ARRIVÉE
Les agents ultramarins, en particulier les polynésiens, recrutés en nombre se heurtent immédiatement à des obstacles administratifs : absence d’avis d’imposition, rupture de droits CAF, difficultés à se loger…
Résultat : Une démotivation immédiate, alors qu’ils n’ont même pas encore pu s’intégrer dans l’établissement.
FO Justicedemande qu’un travail interministériel et ministériel soit engagé pour anticiper et résoudre ces situations.
UN AGRANDISSEMENT QUI AUGMENTERAIT LES EXTRACTIONS JUDICIAIRES
FO Justice a alerté sur une conséquence directe du projet : Si la finalité de cette extension avait pour objectif de répondre à une surpopulation carcérale niçoise cela entraînerait une augmentation des extractions vers le tribunal de Nice et exposerait davantage les personnels à un risque sécuritaire lors des trajets en véhicule. Le drame d’Incarville, omniprésent dans les consciences de chacun, doit appeler à des prises de décisions visant à protéger les personnels dans l’exercice de leurs fonctions au quotidien.
L’agrandissement ne peut être envisagé sans une prise en compte sérieuse et immédiate des difficultés opérationnelles actuelles, ni sans un apport de personnel adapté dans tous les corps.
Notre quotidien est devenu insupportable. La violence explose, et la gestion des incidents devient une épreuve quotidienne.
Jeudi 27 novembre, dès 7h40, une détenue en crise tente de se suicider. Sauvé in extremis par nos agents, cette mineure, reconnue comme ayant une abolition du discernement, arrive dans un état alarmant. Elle sera évacuée en urgence, et sera menaçante, insultante, et frappera le personnel médical sans aucune limite.
Plus tard dans la matinée, une bagarre éclate entre deux détenus. Malgré un renfort en nombre, l’un d’eux refuse de céder, exigeant de retourner en promenade, car la loi des détenus prévaut depuis trop longtemps, faute de mesures fermes et efficaces.
Vendredi 28 novembre, cette même mineure, lors de son transfert à l’UHSA, agresse deux de nos agents. Deux agents blessés, un climat de tension insupportable.
Et que fait la direction ? Au lieu de faire preuve de compréhension et de soutien face à la gravité des incidents, elle semble privilégier la recherche de la moindre faille, remettant en question notre expertise et notre engagement quotidien. Cette posture est totalement inacceptable.
FO Justice Meyzieu attend de la reconnaissance concrète de nos compétences, notamment par des lettres de félicitations, qui constituent le minimum face à la difficulté et à la dangerosité de notre métier. Ce n’est pas un luxe, c’est une exigence légitime.
Il est temps que la bienveillance et la reconnaissance remplacent la méfiance, le mépris et l’humiliation quotidienne.
Il ne peut y avoir de compromis face à l’insécurité grandissante. Notre professionnalisme doit être reconnu, notre sécurité doit être assurée.
Agissons ensemble. Pour la sécurité, pour la dignité, pour l’avenir de tous. Nous ne laisserons pas notre avenir entre des mains qui refusent de voir la réalité.