
À Villeneuve-lès-Maguelone, la présence en personnel sans rappel se résume à un vide que nul ne peut ignorer. Chaque jour, les bagarres éclatent, les refus de réintégrer se répètent, les sorties à l’hôpital s’enchaînent. Ce n’est plus une exception, c’est la routine. Face à cette réalité, une question s’impose : où en sommes-nous de nos transferts ?
Trop de détenus, toujours trop de travail dans l’urgence, et cette charge qui retombe sans relâche sur les épaules de nos officiers, de nos premiers surveillants et de nos surveillants. Mille vingt-sept détenus pour six cents places, voilà la vérité brute que chacun vit au quotidien. L’usure physique et morale est banalisée !
Quant à la SAS, nous attendons une montée en effectifs. Il n’est pas entendable qu’un établissement affichant 150 places se contente de 143 détenus, ne serait-ce que par égard envers le personnel de Villeneuve-lès-Maguelone qui ploie chaque jour sous une surpopulation étouffante.
Là-bas, tout paraît beau, lisse, une structure dorée, mais derrière le décor une autre réalité s’impose. Tant que l’on suit docilement, tout est présenté comme parfait. Dès que l’on ose penser autrement, l’on devient encombrant. Même l’ébauche d’une pensée, celle qui chercherait simplement à remettre les choses en perspective, se voit aussitôt étouffée, condamnée et désignée comme nuisible pour le bien-être fragile de la cage ensorcelante. C’est un management qui caresse d’une main et écrase de l’autre. Une structure dorée reste une prison de l’esprit. Que dire de celles et ceux qui travaillent dans l’ombre, du côté administratif ? À force de détails exigés, de contrôles répétés, de priorités sans cesse redessinées, combien peuvent encore tenir ce rythme sans vaciller ? Lorsque la souffrance s’installe et se murmure dans les couloirs, peut-on encore détourner le regard ? Les membres du CSA ne devraient-ils pas s’en préoccuper, et peut-être même mandater une enquête, ne serait-ce que pour comprendre ce qui se joue derrière ces murs trop bien polis ?
À nos dirigeants, nul n’ignore les efforts que vous ne déployez ni le poids des responsabilités qui vous incombent. Mais Force Ouvrière attend de vous un autre chemin, celui d’un management réellement humain, responsable et ouvert. Car ni la frustration ni l’orgueil n’ont vocation à guider la conduite d’un service public déjà fragilisé. Seule l’attention portée aux femmes et aux hommes qui le font vivre permettra de relever les défis qui nous attendent, loin des pratiques insidieuses qui se parent de bienveillance mais étouffent la confiance.




