Ce Mardi 16 Janvier 2024 nous avons constaté avec un mélange de stupéfaction et de colère qu’une fenêtre d’une chambre d’élèves avait été vandalisée par des jets de pierre.
Malheureusement, cet événement n’est pas isolé. Il s’inscrit dans la continuité des jours précédents.
En effet la semaine dernière 2 véhicules stationnés sur le parking de la maison d’arrêt ont vu leurs pneus crevés.
Ce week-end des individus sont venus découper le grillage périphérique afin de venir projeter leurs colis.
Doit-on rappeler les évènements de mars 2023 où déjà plusieurs individus à bord d’un véhicule tentaient d’intimider nos collègues en actionnant un « taser ».
Faut-il rappeler lorsqu’un individu avait tenté de renverser des collègues sur le parking de l’établissement au mois de juillet dernier ?
Le bureau Local Force Ouvrière Justice dénonce l’insécurité grandissante sur le domaine de la maison d ‘arrêt ouvert aux 4 vent et l’immobilisme de notre administration quant à la sécurisation de notre établissement notamment son parking.
Force Ouvrière Justice réclame le passage régulier des Forces de l’ordre autour de notre établissement afin de sécuriser l’ensemble des personnels et tenter de mettre fin à ces actes de vandalisme ainsi que la pose d’une caméra à l’angle OUEST de la maison d’arrêt comme la précédente direction s’y était engagée.
Pour finir, notre organisation syndicale revendique une nouvelle fois la pose de filets anti projections afin d’endiguer ce phénomène de projections autour de notre établissement.
Une nouvelle journée dans l’arène ! Le quotidien des agents en détention se colore encore une fois des teintes de la violence. En ce 15 janvier 2024, la réalité carcérale nous a rattrapés avec la brutalité d’une nouvelle agression sur notre établissement.
Un détenu, se prenant apparemment pour le maître des lieux, a refusé sa mutation, comme si choisir « sa cellule » était une option au menu de notre institution !
Face à ce refus catégorique et à la virulence du détenu, le placement en cellule de confinement a été décidé pour mettre pour mettre fin à cette escalade de violence.
Mais, ô surprise, notre protagoniste n’en avait pas fini avec ses caprices ! Au moment de la distribution du repas du soir, il a bousculé l’officier de bâtiment, avant d’asséner un coup au surveillant venu en renfort.
Notre collègue a dû être conduit aux urgences de l’hôpital d’Avignon pour y recevoir des soins médicaux.
L’agresseur a été placé en prévention en cellule disciplinaire.
Cette violence est devenue presque banale pour notre institution, mais elle ne l’est pas pour notre organisation syndicale.
LES DÉTENUS DEVIENNENT DE PLUS EN PLUS VIOLENTS ENVERS NOTRE PERSONNEL, ET IL EST ÉVIDENT QUEL’AUGMENTATION DES ACTIVITÉS NE PARVIENT PAS À LES CANALISER !!!
FO Justice SOUHAITE un bon rétablissement à notre collègue.
FO Justice SALUE le courage de nos agents, qui, jour après jour, font face à un environnement toujours plus hostile.
FO Justice ACCOMPAGNERA le collègue dans toutes ses démarches administratives.
FO Justice EXIGE des sanctions disciplinaires et pénales d’une sévérité à la hauteur de l’attaque subie par notre collègue.
Vendredi 12 janvier 2024, Laurent RIDEL, Directeur de l’Administration Pénitentiaire était en visite au Centre de Détention de Roanne pour l’ouverture du nouveau Quartier de Prévention de la Radicalisation pour les détenues femmes.
Ce quartier pour les prévenues ou condamnées de 14 places dont une cellule PMR doit ouvrir lundi 15 janvier avec l’accueil de 4 détenues et une montée en charge progressive par la suite.
En début d’après-midi, un temps d’échange était organisé avec les organisations syndicales.
Une délégation régionale FO était présente.
Le DAP rappelle le contexte national avec un surencombrement massif des Maisons d’Arrêts, la reprise des extractions judiciaires, des effectifs d’agents en très grande tension, un désamour général de la fonction publique et les concours. Le taux de couverture des établissements est actuellement inférieur à 90%. Il travaille avec les partenaires pour faire entendre une « capacité pénitentiaire » car l’AP ne dit jamais non…Alors qu’une place de prison coûte cher à la société (110€ la journée de par détenu).
800 emplois ont été perdus ces dernières années. La revalorisation des métiers pénitentiaires étaient indispensables ! Les décrets sont parus le 30 décembre 2023 pour le passage en catégorie B du CEA et le passage en catégorie A du CDC !
La réforme en cours est aussi importante que l’obtention du 1/5ème en 1995. La parité Police est obtenue pour les Surveillants, les primes suivront les évolutions de nos homologues de la Police Nationale. La fusion des grades avait couté 35 M€ et la réforme actuelle 110M€. La nouvelle répartition des grades va permettre des promotions massives dans les 3 prochaines années.
Des moyens ont été déployés à la DAP pour que les arrêtés soient faits rapidement afin de permettre une application sur la paye d’avril avec rétroactivité au 1er janvier !
Près de 2000 surveillants ont été recrutés en 2023 et les chiffres du dernier concours sont meilleurs que les années précédentes. Si l’ensemble des postes ne sont pas pris, des surveillants adjoints pourront être recrutés à partir de juin par les DI de Paris, Marseille et Lyon sur des postes non pourvus à l’ENAP.
Il va falloir remettre de l’encadrement en détention avec des gradés de proximité qui ont disparu suite au plan de requalification.
Sur la région, le DI indique un investissement conséquent sur Grenoble des établissements vétustes (21 M€) et Saint-Etienne, un budget de 130 M€ par an pour la maintenance des structures existantes.
Le taux de couverture moyen est équivalent au national.
Pour le CD Roanne, le DAP indique que 14 postes ont été créés pour le QPR, 4 postes à la dernière mobilité et d’autres sont prévus en fin d’année. Il y aura encore des renforts pour l’ELSP. L’absentéisme est inférieur à la moyenne.
Notre organisation a indiqué à la direction locale que les agents auraient apprécié de pouvoir s’immerger sur le fonctionnement du QPRF de Rennes par exemple. La formation étant très théorique.
FO Justice Lyon a abordé et fait parvenir les problématiques suivantes :
– Le manque de personnel pose question sur l’avenir de certaines structures ainsi que sur la sécurité des personnels exerçant dans ces établissements. La vétusté de plusieurs établissements et la surpopulation chronique sur la Savoie alors qu’il n’y a plus de plan de construction sur la région.
> Augmentation de 28% de détenus depuis 2020. 283 surveillants de moins en un an. Le constat est partagé par tous. Le DI fait les mêmes demandes que notre organisation. Pour le DAP, le politique doit aussi prendre ses responsabilités.
– La surpopulation est aggravée avec des personnes détenues atteintes de troubles mentaux. Les difficultés sont nombreuses pour les personnels dans le cadre de ces prises en charge avec des risques accrus d’agressions physiques.
– La prise en charge médicale et psychologique des agents agressés lors de leurs missions est très difficile lorsqu’il n’y a ni psychologue ni médecin du travail présents sur site.
> Le guide des agents victimes qui vient de sortir devrait aider à l’accompagnement.
– Le traitement judiciaire des agressions sur personnels est compliqué : les agents constatent des délais de comparution très longs pour les auteurs de ces infractions. L’utilisation de la comparution immédiate dans le cadre d’infractions graves ne serait-il l’outil le plus efficace ? N’est ce pas là une reconnaissance indispensable de l’Institution Judiciaire envers les personnels de la 3ème force de sécurité du pays ?
Il faut travailler avec les Parquets. Les transferts en MOS souvent utilisés peuvent entrainer des absences de poursuite. Pour le DAP, il faut expliquer les décisions et améliorer la communication aux agents.
Nous nous adressons à vous aujourd’hui pour vous faire part, une fois de plus, de notre profonde inquiétude quant à la situation préoccupante concernant les effectifs du centre pénitentiaire d’Aix-Luynes.
Le Syndicat Local Pénitentiaire FO Justice alerte depuis plusieurs mois sur le sous-effectif chronique du personnel, affectant l’ensemble des corps professionnels, des Directeurs des Services Pénitentiaires (DSP) aux officiers, en passant par les personnels de surveillance, techniques, secrétaires et adjoints administratifs.
L’épuisement est général et la rotation fréquente des personnels sur les postes nuit gravement à la qualité du suivi et à la gestion de l’établissement.
À cette situation déjà critique s’ajoutent de nouveaux facteurs :
– L’effectif de référence pour les CSP est de : 6 – Le nombre réel est de 5 (un écart de 1).
– L’effectif de référence pour les officiers est de : 33 – Le nombre réel est de 27 (un écart de 6).
➢ Les résultats de la CAP du corps de commandement indiquent : 2 départs pour 1 arrivée.
– L’effectif de référence pour les personnels de surveillance est de : 486 – Le nombre réel est de 422 (un écart de 64).
➢ La CAP de mobilité des surveillants et brigadiers annonce : 24 postes ouverts pour 20 arrivées et 61 départs (à partir du 1er juillet 2024).
➢ Le nombre de futurs lauréats du concours de premier surveillant demeure inconnu.
➢ 8 agents du CP Aix-Luynes sont mutés au PREJ d’Aix Luynes, dont la majorité occupe des postes en brigade ou fixes. Les sessions de formation doivent être anticipées et programmées en coordination avec l’établissement.
La pénurie de personnel devenant quotidienne et les prévisions de mutations étant ce qu’elles sont, nous ne pouvons qu’être alarmés pour l’avenir de notre site. Il est essentiel d’agir et d’anticiper cette vague de départs.
Pour réduire l’écart entre l’effectif de référence et l’effectif réel, et ainsi augmenter notre taux de couverture, il est impératif de bénéficier de renforts significatifs.
Malgré une couverture en déclin, nous sommes toujours un site pilote pour de nombreux projets :
➢ La labellisation du surveillant acteur ;
➢ L’expérimentation de chiens d’appui et de défense au centre pénitentiaire d’Aix Luynes ;
➢ La DISP de Marseille sera sollicitée lors des Jeux Olympiques, ce qui entraînera une hausse de notre activité (nous attendons actuellement les précisions du ministère de la Justice).
La réorganisation des services en grande et petite semaine ne pourra être effectuée que si un nombre suffisant de personnels nous est accordé, ce qui est crucial pour augmenter notre taux de couverture.
Il est impératif de nous allouer les ressources humaines nécessaires à la mise en œuvre des projets mentionnés.
Pour ces raisons, nous sollicitons vivement que les agents issus des deux prochaines promotions d’élèves surveillants soient affectés à notre établissement en nombre suffisant, à minima 70.
Nous demandons également l’affectation de deux adjoints chefs de détention lors de la prochaine mobilité du corps de commandement. L’attente des personnels est grande et il est crucial que le centre pénitentiaire d’Aix-Luynes, troisième établissement de France en termes de capacité, soit traité à la mesure de son importance.
Nous comptons sur votre compréhension et sur votre action rapide pour répondre à ces enjeux majeurs. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Interrégional, l’expression de notre haute considération.
Le 27 août 2020, l’horreur avait frappé au cœur du centre de détention de Tarascon. Mais aujourd’hui, FO Justice PACA-Corse tient à exprimer sa satisfaction quant au verdict fort qui a été rendu dans la soirée du lundi 15 janvier 2024 par la cour d’assises d’Aix-en-Provence.
Le criminel a été condamné à une peine ferme de 15 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de deux tiers pour cet acte de barbarie !!!
Imaginez l’inimaginable : un Premier Surveillant ébouillanté, brûlé au deuxième degré sur 20 % de son corps. Une attaque non seulement physique mais préméditée, une tentative de meurtre doublée de menaces effroyables contre sa famille. Cette brutalité, cette cruauté, FO Justice PACA-Corse les dénonce avec la plus grande force.
Mais au-delà de l’acte lui- même, ce verdict reconnaît le traumatisme, la souffrance de notre collègue, héliporté, opéré à plusieurs reprises, un héros face à une adversité qui dépasse l’entendement. C’est une victoire pour lui, pour sa famille, pour nous tous.
Le calvaire de notre collègue est un rappel poignant des dangers auxquels sont confrontés nos agents au quotidien.
FO Justice PACA-Corse salue le travail rigoureux de la cour d’assises d’Aix-en-Provence et des enquêteurs, qui ont su démêler les motivations sordides de cette agression odieuse. La peine prononcée est un message clair adressé à tous ceux qui s’aviseraient de porter atteinte à l’intégrité des agents pénitentiaires :
LA JUSTICE SERA SANS FAILLE !!!
FO Justice PACA-Corse RÉITÈRE son soutien indéfectible à l’agent, à sa famille, et à tous nos collègues qui, chaque jour, assurent la sécurité de nos établissements dans des conditions parfois extrêmes.
FO Justice PACA-Corse CONTINUERA de se battre pour que la protection de nos agents soit toujours renforcée et que de tels actes barbares ne restent jamais impunis. La condamnation de ce criminel est une victoire pour la justice, un avertissement sévère contre la violence en milieu carcéral et un pas vers la guérison de notre collègue.
FO Justice PACA-Corse restera vigilant et engagé pour que la sécurité et la dignité de nos agents soient toujours garanties.