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Prison de Joux-la-Ville : Lettre ouverte à Monsieur le Directeur Interrégional de la DISP de Dijon

Lettre Ouverte à :

Monsieur le directeur interrégional de la DISP de Dijon,

Le 18 janvier 2023 après-midi a eu lieu au CD de Joux-la-Ville un groupe de travail sur les ELSP .

Les convocations ayant été envoyées moins de 48h avant, cela a eu pour inconvénient majeur de mettre plusieurs personnes concernées dans l’impossibilité de se libérer.

Nous ne pouvons que partager la déception de voir l’avancée si laborieuse du projet ELSP sur l’établissement. Notre inquiétude ne se limite pourtant pas à ce seul projet ; le dojo est orné d’un drap tombant en lambeaux ; le tutorat a été sans cesse repoussé ; les AICS pierre angulaire de l’établissement sont à l’abandon pour n’être plus qu’une coquille vide.

Nous pourrions continuer cette énumération, mais cela est-il vraiment nécessaire ? Le fait est que notre établissement tombe en morceaux jour après jour. Personne ne semble s’en émouvoir hormis ceux qui le font survivre, ceux qui le soutiennent à bout de bras chaque jour, le petit personnel de l’administration pénitentiaire.

Les projets se multiplient, les difficultés aussi. Vu d’en bas nous avons l’impression que chacune de nos têtes pensantes y va de son initiative mais néglige l’histoire de l’établissement et ignore les capacités de son personnel. Chaque arrivée est l’occasion de nouvelles priorités déconnectées des contraintes conjoncturelles et structurelles.

Si nous nous accordons sur l’intérêt majeur que représente les ELSP, nous ne pouvons que constater que dans l’état actuel en forcer le déploiement serait condamner l’établissement. Nous ne sommes plus assez d’agents, plus de la moitié d’entre eux dépassent les 108h supplémentaires trimestrielles, et très largement pour certains. Le déploiement des ELSP dans le contexte actuel revient à imposer à 100% des agents de détention de dépasser les 108h par trimestre. A cela il conviendra de rajouter les augmentations liées aux CMO et AT, les départs etc…

Nombre de postes ont été créés à effectifs constants amputant nos effectifs années après années. La bonne volonté, le courage et le dévouement du personnel de Joux la Ville ont été l’excuse pour tourner la tête ailleurs et ne pas regarder en face les baisses de personnel successives.

Aujourd’hui la situation n’est plus tenable, l’établissement est déjà en difficulté alors que les ESLP ne sont pas fonctionnels. Nous allons finir l’année à -20 voire davantage, les départs en retraite vont se succéder.

Afin de pouvoir rendre possible les ELSP nous demandons que soient affectés :

–  10 agents sur la promotion 213

–  5 agents sur la promotion 214

–  5 postes ouverts sur chacune des 2 prochaines CAP

–  2 MAD dont les agents sont volontaires pour venir dès aujourd’hui (régularisable sur la prochaine CAP)

Nous restons à votre disposition pour échanger avec vous sur le sujet.

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Prison de Châteauroux : Enragé

Châteauroux

Lundi 16 janvier 2023, une bagarre éclate à l’atelier MA. L’ordre de raccompagner les deux trouble-fête vers leur unité est donné.

Il est 9h50, le détenu G. est dans les couloirs avec les agents et les premiers surveillants, en route pour son unité. Agressif et mécontent de se voir entouré de « bleus », il jettera sa veste au sol refusant catégoriquement de la ramasser. Comme tout spectacle en plus du visuel les effets sonores sont aussi là, flots d’insultes et de menaces accompagneront cette scène. Face à son agressivité et ses refus d’obtempérer, la mise en prévention fut ordonnée.

Déferlement de violence, le résultat est sans appel !!!!

Le premier surveillant de roulement sera mordu à sang, à la cheville et à la cuisse !

Le premier surveillant de journée sera mordu au pouce, laissant place à une belle plaie ouverte !

La surveillante du BGD prendra un coup au niveau du visage !

Le bilan est lourd, 3 jours d’ITT pour les deux premiers surveillants et 1 jour d’ITT pour la surveillante.

Comme si ce déchaînement de violence ne suffisait pas, voilà que cet énergumène se prendra pour un lama extrémiste ! Crachant sur tout uniforme bleu à portée de mains et proférant des menaces racistes à l’encontre de nos collègues…

Il est important de rappeler que le détenu G est arrivé à la mi-novembre sur l’établissement à la suite d’un transfert MOS pour… des violences !

Le bureau local souhaite un bon rétablissement aux agents victimes de cet animal et leur apportera soutien et aides dans leurs démarches.

Le bureau local félicite les agents qui sont intervenus, pour leur rapidité et leur professionnalisme.

Le bureau local remercie l’attaché de direction pour le travail fourni et sa réactivité, pour permettre la prise en charge des agents blessés.

Le bureau local demande une sanction exemplaire et le transfert immédiat du détenu à l’issue de sa sanction.

Le bureau local demande expressément à la DI d’arrêter de remplir le CP Châteauroux avec des MOS de notre DI ou d’autres DI…

Le bureau local rappelle aussi que le CP Châteauroux est un petit établissement, et qu’il devient très compliqué de gérer MOS, profils psy, ainsi que des détenus de centrales en « passage ».

CHAQUE ÉTABLISSEMENT A SES LIMITES, LES NÔTRES SONT ATTEINTES !!!

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Prison de Majicavo : Silence le centre pénitentiaire coule

Le centre pénitentiaire de Majicavo est en train de couler lentement mais sûrement.

Depuis l’ouverture de cette prison en 2014 le syndicat Force Ouvrière Justice n’a cessé d’alerter mais rien ne bouge.

La surpopulation carcérale à Majicavo vient de battre un nouveau record.

L’effectif de Majicavo vient de franchir la barre des 550 détenus hébergés soit un total de 551 détenus pour 278 places.

Que font nos dirigeants ??

Silence total sur la situation de Majicavo.

Les détenus s’entassent par 5 voire 6 dans des cellules de 9 m2.

Une nouvelle réorganisation était nécessaire pour absorber le flux des nouveaux arrivants quotidiens.

Force Ouvrière Justice est en droit de se demander à quoi joue l’administration pénitentiaire.

Force Ouvrière Justice est en droit de savoir si la situation de Majicavo vous échappe ou bien vous faites exprès de la laisser se dégrader.

Les personnes détenues entassées par 6 dans des cellules de 9 m2, avec plus de 196 matelas au sol, c’est inhumain.

Le personnel qui souffre au quotidien, les arrêts maladies explosent.

Le personnel du Cp Majicavo est en souFrance.

Le pire ce sont les vœux de notre directrice interrégionale qui sonnent creux.

Cynique et pathétique quand on n’a rien à dire aux personnels en souffrance si ce n’est que de la compassion.

Voici les quelques mots de la directrice interrégionale adressés aux agents de Majicavo

« J’ai une pensée particulière pour les personnels des services pénitentiaires qui exercent dans des conditions difficiles à Mayotte en leur assurant un soutien et un appui à la hauteur de leur implication ».

On marche sur la tête.

Pas un mot sur l’avenir de la prison de Majicavo.

Mais de qui se moque-t-on ??

Ça suffit, on en a marre de ces formes de mépris total quand on connaît la surpopulation que subi Majicavo.

Madame la directrice depuis que vous dirigez cette DI vous avez vu la situation de Majicavo se dégrader de jour en jour donc vous n’êtes pas étrangère à cette situation.

Majicavo n’a rien à faire de votre pitié, les agents veulent des annonces fortes et concrètes pour sortir de cet enfer et non de la compassion.

Où sont passées les annonces faites par le garde des sceaux lors de son passage à Majicavo.

Pourquoi vous n’en parlez pas dans vos vœux.

Vous avez détaillé tous les projets en cours et à venir dans les autres départements mais pas un seul mot sur l’annonce faite par le ministre de la justice pour la construction d’un nouvel établissement à Mayotte.

Ou alors il s’agissait d’un fait d’annonce pour nous endormir.

Il n’y aura pas de nouvelle construction à Mayotte, qu’on se le dise. Nous sommes les oubliés de la nation.

On peut crever la bouche ouverte, vous n’avez rien à secouer de nos conditions de travail, avec une surpopulation avoisinant les 200% et ça n’émeut personne à Paris.

C’est ce qu’on appelle « du foutage de gueule ».

Madame la directrice, vous attendez quoi pour prendre enfin la mesure de la situation. Depuis le 1er janvier 2023, plus de 30 nouvelles incarcérations, en l’espace de 15 jours seulement.

L’année 2023 commence très, très mal pour la structure et le personnel de Majicavo.

Nous avons besoin d’un programme de construction d’urgence, d’un DAC (Dispositif d’Accroissement de Capacité) pour sortir de cette spirale négative et non des hypothétiques transferts de détenus vers La Réunion et vers la métropole.

Ce n’est pas l’espace qui manque pour une construction d’urgence, Force Ouvrière Justice vous le répète une énième fois que dans le domaine pénitentiaire existant il y a assez d’espace pour construire un bâtiment supplémentaire qui permettrait de désengorger la structure actuelle.

Mais force est de constater que vous vous en fichez royalement de cette solution.

Vous préférez laisser les choses s’empirer au fil des ans.

L’annonce faite par le Garde des Sceaux pour une nouvelle construction et si ça devait se réaliser un jour, cela prendra au plus tôt 6 ans et pendant ce temps-là les incarcérations vont se poursuivre.

Ce jour où aucune possibilité de faire écrouer de nouveaux détenus pointe déjà à l’horizon et ne saurait tarder à arriver, vu la situation actuelle.

Pendant ce temps-là l’expérimentation d’une direction territoriale suit son cours, avec son lot de décortication.

On déshabille Paul pour habiller Jacques. Comment on peut comprendre que tous les services vont être centralisés à La Réunion pendant que les grosses difficultés se situent à Mayotte ? La directrice territoriale se déplace une fois par mois pour une durée de 4 jours. Si Majicavo fait partie intégrante de cette DT alors il faut nous consacrer plus de temps et plus de moyen pour mettre Mayotte à la même hauteur que le département voisin mais pas regrouper toutes les compétences sur un seul territoire.

Le syndicat Force Ouvrière Justice n’est pas d’accord avec ces méthodes et vous le fait savoir.

Cette expérimentation est vouée à l’échec si vous négliger Mayotte.

Force Ouvrière Justice exige une politique pénitentiaire plus ambitieuse compte tenu de la situation à Mayotte.

Force Ouvrière Justice exige que les organisations syndicales de Majicavo soient informées périodiquement sur l’avancée du projet de la nouvelle construction.

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