UISP – Lille : Des Leçons de Syndicalisme ? NON MERCI !

Avant de donner des leçons à FO, l’UFAP devrait peut-être commencer par regarder son propre bilan !

Visiblement, notre dernier tract sur la Maison d’Arrêt de Douai a fait réagir l’UFAP. Plutôt que de répondre sereinement aux interrogations soulevées, cette organisation a préféré la caricature, les attaques et les sous-entendus, allant jusqu’à nous accuser de vouloir casser la mobilisation des personnels.
Remettons donc quelques pendules à l’heure !

1. Informer n’est pas promettre !

Notre tract n’a jamais promis 60 à 70 transferts de personnes détenues. Il a simplement retranscrit les informations communiquées par la Direction interrégionale, tout en interrogeant légitimement l’administration sur les modalités et le calendrier de sa mise en œuvre.

Depuis quand informer les personnels et demander des explications à l’administration constitue-t-il une entrave à l’action syndicale ?

Nous n’avons jamais appelé les agents à ne pas se mobiliser le 16 octobre. Nous n’avons jamais remis en cause leur droit à la mobilisation ni la légitimité de leurs revendications.

Nous avons simplement estimé que les personnels avaient aussi le droit d’être informés, de connaître les annonces de l’administration et de s’interroger sur les objectifs et les perspectives d’une mobilisation.

FO ne transforme pas des annonces administratives en victoires syndicales avant même qu’elles ne soient concrétisées.

Nous avons d’ailleurs été parfaitement clairs :

nous jugeons l’administration sur les actes !

2. Et le bilan d’avril, on en parle ?

Avant de distribuer les bons et les mauvais points en matière de mobilisation syndicale, l’UFAP ferait peut-être bien de regarder dans son propre rétroviseur !

En avril 2026, cette même organisation appelait au blocage total des structures pénitentiaires, avec des revendications nationales fortes :

  • Le comblement des 5 000 vacances de postes ;
  • Le retour à des CAP de mobilité dignes de ce nom ;
  • Des mesures d’urgence face à la surpopulation carcérale ;
  • Et même « toute autre mesure permettant de sortir de cette situation ».

Un mouvement d’ampleur, des revendications ambitieuses, des personnels sollicités… mais pour quels résultats ?

Aujourd’hui, les vacances de postes sont toujours là, la surpopulation carcérale demeure et, pour illustrer la situation de la mobilité, la prochaine CAP ne propose que
37 postes à la mobilité sur l’ensemble de la DISP de Lille !

Si ce grand mouvement national avait permis d’obtenir les avancées attendues, pourquoi faut-il aujourd’hui repartir au combat à Douai pour dénoncer les mêmes difficultés ?

L’UFAP reproche à FO de s’interroger sur une mobilisation locale,
mais ferait bien de s’interroger sur le bilan de sa propre mobilisation nationale !

Car appeler à bloquer les établissements est une chose.
Obtenir des avancées concrètes pour les personnels en est une autre.

3. La cohérence, c’est aussi dans les votes !

Et puisque l’UFAP semble particulièrement attachée aux revendications contre la surpopulation carcérale, parlons également de cohérence !

En avril, elle réclamait des mesures d’urgence et allait jusqu’à demander « toute autre mesure permettant de sortir de cette situation ».

Pourtant, lors du CSA-M de février 2026, cette même organisation s’est abstenue de voter en faveur de l’article 7 de la loi SURE, qui constitue pourtant un dispositif susceptible de contribuer à endiguer et à maîtriser la surpopulation carcérale.
Seule FO Justice l’a soutenue !

Réclamer toutes les solutions dans les tracts, mais refuser d’en soutenir certaines lorsqu’elles sont soumises au vote : voilà une conception pour le moins particulière de l’action syndicale !

Dans les tracts, toutes les solutions semblent bonnes.
Dans les instances, beaucoup moins !

Les personnels sont en droit d’attendre un minimum de cohérence entre les discours, les revendications et les positions prises par leurs représentants.

CSA-M FÉVRIER 2026
ABSTENTION UFAP
ARTICLE 7 LOI SURE
SOUTENU PAR FO JUSTICE

4. Les personnels méritent mieux que des guerres de tracts !

La surpopulation pénale ne date pas d’hier. Le manque d’effectifs non plus. Les difficultés de mobilité et la dégradation des conditions de travail sont une réalité quotidienne pour les agents.

À moins de deux mois des élections professionnelles, les postures, les caricatures et les slogans ne remplaceront jamais un bilan.

Les personnels de Douai n’ont pas besoin qu’on leur explique qui détient le monopole de la mobilisation. Ils ont besoin d’organisations syndicales capables de défendre leurs intérêts, d’assumer leurs positions et d’obtenir des avancées concrètes.

FO JUSTICE continuera d’informer, de revendiquer, de négocier lorsque cela est utile et de se mobiliser lorsque cela est nécessaire.

Nous ne confondons pas agitation et action, communication et résultats annoncés et avancées.

Et nous n’avons certainement pas de leçons de syndicalisme à recevoir de ceux qui, après avoir appelé au blocage national en avril, doivent aujourd’hui repartir au combat pour les mêmes revendications.

Les discours engagent. Les votes aussi. Les résultats encore davantage.

Lire le communiqué

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