Surpopulation carcérale : 137 %, les personnels pénitentiaires ne peuvent plus subir les décisions des autres !

Au 1er février 2026, la France bat un nouveau record en atteignant le seuil inacceptable de 86 645 personnes détenues pour un peu plus de 63 000 places opérationnelles.

137 % de densité carcérale moyenne !

Derrière ces chiffres froids, il y a une réalité quotidienne : des coursives saturées, des cellules doublées ou triplées, des matelas au sol, des tensions permanentes, une violence quotidienne qui s’installe, des Personnels épuisés qui tiennent les établissements, à bout de bras.

Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat d’un système qui laisse les flux entrants et sortants des prisons hors de toute régulation opérationnelle réelle. Aujourd’hui, les incarcérations, les maintiens en détention, comme les libérations, relèvent exclusivement du pouvoir décisionnaire des magistrats. Mais lorsque les établissements explosent, lorsque les seuils de criticité et de sécurité sont dépassés, lorsque les Personnels travaillent dans des conditions indignes, ce ne sont ni les tribunaux ni les cabinets ministériels qui en subissent immédiatement les conséquences : ce sont les Personnels Pénitentiaires.

►FO Justice le dit avec force : il est temps de mettre un terme à ce fonctionnement tendant à faire de nos prisons le réceptacle automatique de décisions prises sans considération de leur adéquation avec la capacité réelle des établissements. Il est impératif que la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire dispose enfin d’un véritable pouvoir de régulation des flux.

L’Administration Pénitentiaire ne peut plus être un simple exécutant, contraint d’absorber sans limite les conséquences de décisions déconnectées de la réalité opérationnelle. Lorsqu’un établissement atteint son seuil critique, des mécanismes doivent pouvoir se déclencher automatiquement afin d’éviter l’asphyxie des structures et la mise en danger des Personnels.

►Ainsi, FO Justice exige que le garde des Sceaux et le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire se saisissent immédiatement de ce dossier. Le pouvoir législatif doit avancer sans délai sur les dispositifs que nous avons travaillés et portés dans le cadre de la Loi SURE qui, rappelons-le, a été votée favorablement par notre seule organisation lors de sa présentation en CSA Ministériel. Les textes doivent désormais donner à la DGAP les moyens d’agir concrètement sur les flux, et non plus de constater seulement l’explosion des chiffres, mois après mois, en espérant que le drame ne survienne pas.

►Notre priorité est claire : déployer les moyens matériels et humains nécessaires au développement massif du régime de la détention à domicile sous surveillance électronique afin de désengorger les maisons d’arrêt et de redonner de l’oxygène aux établissements. Il ne s’agit ni de faiblesse ni de laxisme, mais de responsabilité. La prison doit être réservée aux profils les plus dangereux. Continuer à entasser sans régulation ne protège personne, ne participe aucunement à notre mission de réinsertion, et met en péril la sécurité collective et surtout celle des Personnels.

Les agents pénitentiaires ne peuvent plus être les variables d’ajustement d’un système déséquilibré. La surpopulation carcérale est devenue une urgence opérationnelle majeure

FO Justice continuera à se battre pour que l’Administration Pénitentiaire puisse décider, réguler et protéger ses Personnels.

FO Justice ne se résignera pas !

Nous ne laisserons pas la situation s’enliser ! Nous ne lâcherons rien !

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