Il fut un temps, pas si lointain, ou les extractions médicales et les gardes hospitalières restaient des situations exceptionnelles. Pourtant, la surpopulation pénale était déjà bien réelle. Aujourd’hui ces sorties hospitalières ne sont plus maitrisées, elles sont devenues quotidiennes, systématiques, et viennent gangréner le bon fonctionnement de notre établissement.
Dès hier matin, une première escorte en urgence a dû être déclenchée vers l’hôpital Gui de Chauliac afin de prendre en charge un détenu. En début d’après-midi, une seconde escorte a rapidement suivi, cette fois à destination de l’hôpital Lapeyronie.
Face à cette accumulation de missions et faute d’effectifs dédiés suffisants, la détention a été immédiatement impactée. Des agents d’étage ont été retirés de leur poste pour pallier l’urgence, se retrouvant bloqués à l’hôpital du matin jusqu’ au soir dans l’attente interminable de la mise en place d’une garde statique par la police.
C’est ainsi que certains collègues de détention et de l ELSP, sur le pont depuis 6h30 du matin, ont été contraints de poursuivre leur service jusqu’ à plus de 23h00 accumulant plus de 17 heures de présence d’affilée. Et pour toute prise en charge sur ces amplitudes démesurées ? Un vulgaire « sachet repas » au contenu dérisoire bien loin de constituer un repas décent et suffisant pour soutenir de tels efforts !
Le service de nuit se retrouve à son tour mis à mal dès sa prise de poste, contraint d’aller relever les collègues de jour et d’assurer la garde à l’hôpital toute la nuit. Mais l’engrenage ne s’arrête pas là. Ce matin encore, il a fallu prélever trois agents supplémentaires en détention pour aller relever l’équipe de nuit, saignant à nouveau les postes de travail de l’établissement.
FO dénonce fermement ce dispositif tel qu’il est géré. Il a un impact destructeur sur l’ensemble des agents et les pousse à un épuisement physique et nerveux intolérable !
Il impose des amplitudes horaires hors de toute légalité. Une telle fatigue accumulée entraine une baisse de vigilance qui met directement en danger la sécurité des personnels.
Pendant ce temps, rien de concret ne vient. Les besoins sont connus, les alertes se multiplient, mais les renforts se font toujours attendre. Comme sœur Anne, nous scrutons l’horizon … sans rien voir venir !