Prison de Val-de-Reuil : Un p’tit tour et puis s’en vont !

Depuis plusieurs mois, une pratique interroge de plus en plus les personnels du Centre de détention de Val-de-Reuil. Après une agression, des insultes ou des menaces envers un surveillant, le placement en prévention qui devrait constituer une réponse immédiate de l’institution, devient une vaste plaisanterie !

Très régulièrement, il suffit au détenu mis en prévention de réclamer « le SMPR » et sortir les violons pour amadouer le personnel de l’USP. Celui-ci n’hésite donc pas à sortir le parapluie en invoquant des comportement soi-disant suicidaire pour aider le cher et tendre « patient » et regagner sa cellule d’affectation !

Comment les personnels pourraient-ils encore croire à la portée d’une telle mesure lorsque la durée d’une prévention se compte parfois en minutes ?

Le problème ne se limite pas au retour du détenu en détention. Le véritable problème est le message qui accompagne ce retour. Les collègues voient réapparaître, parfois avant même d’avoir terminé leur compte rendu, celui qui vient de les insulter ou de les agresser. Les détenus, eux aussi, observent ce manège et en tirent leurs propres conclusions.

À force de transformer le quartier disciplinaire en simple lieu de passage, on finit par banaliser la violence envers les personnels et par affaiblir une autorité qui, chaque jour, devient pourtant plus difficile à faire respecter !

Ce qui choque le plus les équipes, c’est le contraste saisissant entre la rapidité avec laquelle certaines situations sont traitées et le silence qui entoure les conséquences de ces agressions sur les surveillants. Le détenu est immédiatement pris en charge, tandis que le collègue agressé reprend son service avec ses questions, son découragement et parfois la colère de revoir son agresseur revenir presque aussitôt sur le bâtiment, le sourire aux lèvres !

FO Justice refuse cette logique. Une administration qui prétend protéger ses agents ne peut accepter de telles mesures et une telle politique !

FO Justice demande au service médical d’arrêter de sortir le parapluie au moindre chantage de détenus qui ont trop bien compris le système !

Car à force d’oublier les victimes, on finit par encourager les agresseurs !

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