Il y a quelques mois, les agents du CP Rennes-Vezin (CPRV) ont été informés de l’obligation de prêter serment devant le tribunal judiciaire de Rennes. Dans une salle ouverte au public, où les magistrats énoncent à haute voix les noms et prénoms des agents.
Dans le contexte actuel, où nos collègues sont menacés, où des véhicules sont incendiés, où les domiciles de personnels sont pris pour cible, il est inacceptable de demander à des agents de se rendre en uniforme dans un lieu public, il est irresponsable d’exiger que des agents montent dans un bus, traversent la ville en groupe, pour se rendre dans un tribunal où leur identité sera exposée publiquement devant n’importe qui. On parle bien ici de personnels qui exercent une mission sensible, dans une période de tension maximale.
Le bureau local et régional FO Justice a donc immédiatement saisi notre direction ainsi que le directeur interrégional pour proposer que les prestations de serment se tiennent exceptionnellement dans l’enceinte sécurisée du CP Rennes-Vezin. Notre hiérarchie, consciente de la gravité de la situation, a relayé cette demande dans un courrier adressé à la présidente du tribunal de Rennes.
Un retour Inacceptable !
Début mai, la présidente du tribunal répond par un courrier à l’établissement. Elle y rejette notre demande, invoquant des raisons grotesques, voici ce qu’on peut lire noir sur blanc :
« Nous sommes attachés au caractère de solennité, de sécurité et de publicité induits par la nature des audiences et les textes applicables ». Et se permet de terminer son courrier par :
« Nous vous remercions de votre compréhension ».
Une belle manière de nous dire poliment qu’ils se fichent de notre sécurité, de notre quotidien et de nos conditions de travail.
Trois magistrats auraient suffi à faire le déplacement. Cela aurait évité de mettre en danger un groupe entier d’agents en les forçant à se déplacer dans un contexte aussi tendu. Sans compter les plus de 13000€ dépensés en location de bus. Cela aurait été une preuve de bon sens. Mais non, ils préfèrent rester au chaud, bien à l’abri, dans leur salle d’audience. Peut-être par peur de salir leurs robes ou tout simplement par mépris.
Et ils osent parler de « compréhension » ?
Non, nous ne sommes pas dans la compréhension, nous sommes dans la consternation.