Prison de Rennes-Vezin : QSL – Une situation ALARMANTE

Le 25 octobre 2024, le bureau local FO Justice s’est rendu dans un secteur trop souvent négligé : le Quartier de Semi-Liberté (QSL), situé sur le site de la direction interrégional et dépendant de Rennes-Vezin. Nous avons échangé avec plusieurs agents qui nous ont fait part des graves dysfonctionnements de cette structure.

Depuis 12 ans, un seul surveillant est présent, de jour comme de nuit. Faut-il attendre un drame pour que les choses changent ? En cas de problème de santé ou incident, combien de temps faudra-t-il avant que quelqu’un ne s’en rende compte ?

Les risques au QSL sont multiples : retours tardifs des pensionnaires, projections de colis, détenus revenant alcoolisés, parfois avec des bouteilles d’alcool, sans crainte de sanctions ! Finis les retours au centre pénitentiaire de Vezin en attendant un dégrisement puis un passage en commission de discipline ; désormais, l’agent du QSL gère seul, espérant que rien de grave ne survienne. Quant au juge d’application des peines, il ne sanctionne plus ; il étend même les horaires de sortie de certains !

Les équipements de sécurité sont quasi inexistants. Dans le bureau, un écran unique pour une seule caméra, qui ne couvre que deux moitiés de coursive. Aucune caméra dans la cour de promenade, le hall, la salle de sport, ni dans les escaliers. La caméra extérieure pour la porte d’entrée des détenus ?

Inefficace, aucune visibilité sur la porte. La zone des parloirs n’est pas sécurisée, et la clé de la porte de retour en détention est obsolète, digne d’un musée !

Mais que craindre ? Ah oui ! Les cellules sont ouvertes 24h/24, les détenus sont maîtres des lieux ! Car aucune cellule n’est équipée de WC, avec pourtant une arrivée d’eau dans chacune d’entre elles.

Le protocole d’alerte du QSL est à revoir de manière approfondie. Le 25 octobre, lors d’un test d’alarme par le nouveau Directeur Interrégional, un incident au CPF a entraîné un délai de 20 minutes pour l’arrivée des renforts.

Enfin, sur les 23 détenus présents au QSL, seuls 3 travaillent. La majorité n’a aucun projet de réinsertion. Et lorsque l’auxiliaire est absent, c’est le surveillant qui distribue les repas, faute de remplaçant.

Le bureau local dénonce la problématique du travailleur isolé et demande le renforcement des effectifs afin de ne plus laisser d’agent seul.

Le bureau local réclame des équipements de sécurité modernes et efficaces, tel que des caméras couvrant l’ensemble des zones sensibles et d’équiper les cellules de toilettes afin de pouvoir enfin fermer les portes la nuit.

Le bureau local demande une révision complète du protocole d’alerte pour réduire au maximum les délais d’arrivée des renforts.

Les agents seraient heureux de faire découvrir le QSL à Monsieur le Directeur du CPRV, qui n’a pas encore eu l’occasion de se rendre sur place, afin de lui faire découvrir les réalités de leur quotidien.

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