Madame la Directrice,
Mesdames et Messieurs les membres du CSA,
Ce n’est pas dans les habitudes de FO Justice de multiplier les déclarations liminaires. Mais il est des moments où le silence n’est plus une option. Aujourd’hui, nous ne pouvons rester muets face à la situation préoccupante que traverse le CP de Longuenesse.
Cela fait désormais quatre ans que vous êtes en poste. Quatre années au cours desquelles vous avez pu mesurer la qualité du travail de vos agents, leur professionnalisme, leur implication, leur humanité. Mais aussi quatre années marquées par des événements graves, à commencer par l’assassinat d’un détenu, drame qui restera dans les mémoires.
Nous ne cherchons pas ici à vous imputer la responsabilité de tels faits, mais à rappeler que ces événements marquent profondément les agents et révèlent les limites de notre système.
Aujourd’hui, notre établissement affiche un taux d’occupation alarmant : 768 détenus, auxquels s’ajoutent 75 en SAS et 27 au QSL, soit un total de plus de 870 personnes écrouées.
On compte plus de 50 matelas au sol.
Chaque jour, QUATRE agents doivent être rappelés pour combler le sous-effectif chronique. À cela s’ajoutent la gestion de nos collègues en MAD, dont l’une concerne un collègue récemment victime d’une agression particulièrement violente. Malgré notre appui et les promesses entendues lors d’un entretien avec la DI, aucune régularisation n’est intervenue.
Encore une fois, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Madame la Directrice, vos agents en ont assez de devoir compenser l’incompétence de notre administration centrale. Cette politique de l’attente et de l’apaisement a ses limites. Il est inacceptable que le CP de Longuenesse serve de variable d’ajustement pour la DISP de Lille sous prétexte que “l’établissement tourne”. Si cela tourne, c’est grâce à l’investissement sans faille des personnels.
Concernant la décision DAP d’implanter des détenus au régime fermé dans la SAS : FO Justice est seul à s’y opposer. Cette mesure est inacceptable, d’autant plus que nos collègues y travaillent cet été sans officier et avec un seul brigadier-chef encadrement pour tout gérer. La situation est similaire au QSL, où le seul brigadier-chef est réquisitionné ailleurs, laissant un étage et un poste PEP tenus par un seul agent. Pour FO Justice, la sécurité des personnels doit primer, d’autant plus que de nombreuses réintégrations sur le CP concernent des profils au comportement inadapté. Faudra-t-il attendre un nouveau drame pour que l’on réagisse ?
Nous vous demandons également de revoir votre note de service relative au module Respect.
Avant votre arrivée, des agents étaient dédiés par secteur, assurant un suivi permanent des profils. Il est inacceptable de revenir sur cette organisation en imposant une rotation qui met en péril la cohérence du dispositif.
De nombreux sujets restent en suspens depuis notre dernier CSA :
• Le fonctionnement du service de nuit avec la mise en place des quatre rondes,
• La proposition de FO Justice et des agents ateliers concernant la journée continue,
• Le manque de réponse sur le devenir des équipes en brigade parloir (jours de travail, de repos, plannings…).
Sur le plan managérial, FO Justice sera particulièrement vigilant. Nous dénonçons fermement les pratiques de copinage et les atteintes au secret professionnel. Il semble qu’à Longuenesse, certains soient “intouchables”, mais les agents ne sont pas dupes. Si ces comportements persistent, FO Justice se réserve le droit de les dénoncer publiquement…
Nous exigeons que les tours de nuit soient planifiés mensuellement, agent par agent. En cas d’absence, le rappel doit assurer le remplacement, que ce soit pour les nuits ou les services de jour.
FO Justice annonce également qu’il ne validera pas le planning “12h” proposé pour 2026.
CE DOCUMENT EST TOUT SIMPLEMENT INACCEPTABLE :
• Les agents partant à la retraite, en mutation ou affectés sur de nouvelles structures (SAS, QSL, ELSP) ne sont pas pris en compte,
• Les agents en CMO ou AT en sont arbitrairement retirés,
• Des tours de nuit sont manquants ou mal redistribués,
• Des rappels injustement concentrés sur certains jours, sans équité.
Concernant les équipes pérennes, FO Justice valide l’ensemble des plannings, car ces brigades doivent s’autogérer. Des recrutements ont été réalisés sur appel à candidature : il est hors de question qu’elles soient pénalisées par le manque d’effectif. Cela est d’autant plus crucial sur les secteurs sensibles comme le QI/QD, où les conditions de sécurité sont loin d’être réunies.
Un seul agent à l’étage pour gérer ces quartiers, des ouvertures nécessitant trois agents, et aucun officier nommé, remplacé par un brigadier-chef encadrement SANS APPEL D’OFFRE…
En son absence, c’est encore le gradé de brigade qui cumule les responsabilités : gestion de la détention, du vestiaire, des arrivants… Est-ce cela, le respect des fonctions d’encadrement ?
Nous vous rappelons que le QI/QD est le secteur le plus sensible de l’établissement, et qu’une présence permanente d’un cadre y est indispensable. Mais ici, à Longuenesse, cela semble secondaire…
FO Justice vous interroge également sur le devenir de la brigade parloir : à quels jours de travail et de repos doivent-ils s’attendre ? Comment établir un planning sans connaître leur organisation future ? Un peu de bon sens, Madame la Directrice.
Enfin, FO Justice rappelle que les RH sur rappels sont dus aux agents. Les lignes de poste doivent être respectées, notamment pour les tours de nuit. Mais là encore, à Longuenesse, on a le sentiment de parler dans le vide.
Pour finir, FO Justice vous informe qu’en l’absence de changement concret et rapide, il ne pourra plus y avoir de communication possible avec votre direction.
Nous exigeons la reprogrammation d’un CSA dans les plus brefs délais.
Nous ne voulons pas de confrontation, mais si aucune réponse n’est apportée, nous saurons nous faire entendre.
IL EST GRAND TEMPS D’AGIR !