Le samedi 28 septembre 2024, deux de nos collègues exerçant au CSL d’Haubourdin ont été victimes d’une agression d’une gravité notable. Les surveillants du secteur avaient, depuis plusieurs jours, observé un changement de comportement soudain chez l’individu responsable de cette agression.
Il est approximativement 16 heures ce jour-là lorsque nos collègues entendent des cris provenant du premier étage.L’un d’eux se rend sur les lieux afin d’évaluer la situation, où il rencontre un détenu dans un état d’énervement total. Cet individu est accompagné de deux autres détenus qui tentent de le ramener à la raison.
Suite à cette rencontre, les surveillants décident de faire descendre le détenu au réfectoire dans le but de dialoguer avec lui et de réduire la tension ambiante. Toutefois, l’individu, manifestement dans un état second, se met à hurler et commence à se dévêtir, finissant par se retrouver entièrement nu.
La situation a par la suite connu une nette aggravation. L’individu, dans un accès de colère, a porté de violents coups de pied contre la porte vitrée séparant le bureau des surveillants de la détention, celle-ci finissant par se briser.
La tension a alors augmenté de manière significative. En pénétrant dans le bureau des surveillants, l’individu agité a adopté un comportement de plus en plus menaçant et a finalement mis ses menaces à exécution en se jetant sur l’un des collègues, lui infligeant de violents coups de poing au visage.
C’est avec un grand professionnalisme que les deux collègues, aidés par un détenu, parvinrent à se sortir de cette situation en maîtrisant l’individu, puis en le menottant. Réussissant ainsi à l’accompagner et le placer en salle d’attente.
Pour finir, il sera nécessaire de solliciter l’intervention des ERIS, afin de prendre en charge l’individu et de le transférer vers le quartier disciplinaire du CP Lille Sequedin. Ce dernier, dans l’attente de leur arrivée, a choisi de tapisser la salle d’attente de ses excréments.
Le bureau local FO Justice du CP Lille Sequedin s’interroge : comment un individu au profil aussi particulier peut-il se retrouver dans un Centre de Semi-Liberté comme celui d’Haubourdin ? La sécurité de cette structure semble presque inexistante, et pourtant, certains des profils hébergés n’ont absolument rien à y faire.
Cette violente agression aurait pu être évitée si la justice n’avait pas eu l’idée totalement farfelue de placer cet individu dans une structure telle que celle d’Haubourdin. Si cette approche laxiste de la semi-liberté se maintient, il est à craindre que des actes similaires se répètent de manière régulière.
Le bureau local FO Justice exprime son soutien indéfectible envers nos collègues lâchement agressés. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et restons pleinement disponibles pour les accompagner dans toutes leurs démarches administratives.