Prison de Lannemezan : Le compte à rebours est lancé !

Ce jeudi 10 juillet, au bâtiment C (Quartier d’Isolement), une nouvelle agression violente a eu lieu: le Brigadier-Chef en poste a reçu trois coups de poing de la part du détenu Mak…

C’est la deuxième agression en moins d’un mois sur ce même bâtiment !

Ce détenu est bien connu pour sa dangerosité :

➡️ Déjà signalé à de multiples reprises pour ses violences et ses menaces,

➡️ Il avait menacé de mort une collègue, en la bloquant dans son bureau,

➡️ FO Justice Lannemezan avait réclamé son transfert immédiat, après cette menace.

Ce jeudi encore, Madame la Directrice adjointe s’est déplacée pour “discuter” avec ce même détenu, comme cela se fait depuis des mois, mais cette fois-ci directement dans sa cellule… Bonne ou mauvaise stratégie ?

➡️ Résultat : une nouvelle agression gratuite, un collègue blessé, un personnel de moins sur le terrain.

La direction continue de parler d’un transfert imminent en Nouvelle-Calédonie…

Mais cela fait des mois que cette promesse tourne en boucle, et le détenu le sait aussi bien que nous.

➡️ Entre promesses sans lendemain et violence, il choisit la deuxième option !

SÉCURITÉ DES AGENTS : UNE RÉALITÉ QUI S’ÉCROULE

Depuis plusieurs années, des grilles sécurisaient l’entrée des cellules au bâtiment C, assurant une protection réelle des agents face aux détenus, mais elles permettaient aussi d’avoir une vision claire sur la cellule et de communiquer avec le détenu en toute sécurité, sans risque d’agression.

Cette sécurité, pourtant essentielle, a été levée à la demande de la MCI, et validée par Madame la Directrice, pour cocher une case dans les objectifs à atteindre.

➡️ Aujourd’hui, cette grille aurait permis d’éviter l’agression du Brigadier-Chef.

Pire encore, même menottés, les agents doivent désormais sortir les détenus pour déposer les repas en cellule, s’exposant à une agression gratuite face à des profils connus pour leurs violences envers le personnel.

➡️ Des textes, encore des textes, toujours pour “respecter” les droits de la population pénale…

Mais qu’est-ce qui est réellement mis en place pour protéger les agents ???

  • Ce ne sont pas des enfants de chœur face à nous.
  • Avons-nous besoin de rappeler leur pedigree ?
  • Certains sont condamnés à perpétuité, multi-agresseurs, et toujours aussi menaçants !

UN TRANSPORT RAPIDE… MAIS A QUEL PRIX ?

Suite à l’agression, notre collègue blessé a été conduit aux urgences par les collègues ELSP, avec une réactivité exemplaire et un profond sens du devoir. Ils ont agi dans l’intérêt immédiat de leur camarade.

Mais ne pas faire appel aux pompiers ou au SAMU, alors que le collègue avait reçu plusieurs coups à la tête (risque sérieux de traumatisme crânien) c’est faire l’impasse sur une prise en charge médicalisée adaptée.

➡️ Les sapeurs-pompiers disposent du matériel spécialisé, sont formés à ce type d’urgence, et un appel au 15 aurait pu permettre l’envoi d’un médecin.

➡️ Cela n’enlève rien au mérite des collègues ELSP, mais la santé d’un agent mérite l’intervention des secours professionnels.

LE QUARTIER DISCIPLINAIRE EN SURCHAUFFE

➡️ Situation inédite à Lannemezan : le QD est quasiment plein, avec 7 cellules sur 8 occupées.

➡️ Du jamais vu sur notre structure.

➡️ Certains détenus “bloqueurs” y stagnent depuis plus de 6 mois, sans perspective de transfert malgré les signalements répétés.

➡️ Les agents, eux, encaissent une pression constante, dans un climat de tension extrême.Le 30 avril 2025, lors de sa visite, la Directrice Interrégionale Adjointe elle-même déclarait :

“Vous travaillez dans un secteur très particulier, avec des profils très particuliers… Prenez le temps de respirer et de vous poser. Profitez de vos repos, c’est important, surtout quand on travaille au QI / QD / QA.”

Mais depuis, qu’est-ce qui a changé ?

Les collègues jouent le jeu : rappels de nuit, sacrifices personnels, week-ends annulés…

Ils offrent leurs repos et leur vie de famille pour assurer la continuité du service.

Et quelle est la récompense ?

Encore plus de tâches… avec la prise en charge des chariots repas et gestion des auxiliaires cuisines

Avec des délais intenables, une charge de travail importante et un nombre croissant de détenus en QI/QD, la logistique devient impossible à assurer correctement, avec le risque d’envoyer des repas froids et en retard, ce qui ne fera qu’ajouter des tensions supplémentaires en détention !

Trop, c’est trop. Les agents ne sont pas des machines.

EFFECTIFS AU BORD DU GOUFFRE !

Cette agression vient alourdir une situation déjà catastrophique :

➡️ Un nouvel absent, victime d’une violence inacceptable.

➡️ Plus de 22 agents absents actuellement sur la structure !

➡️ Et avec les -20 agents sur l’organigramme, ce sont -42 agents au total pour faire tourner la Maison Centrale !

Et nous ne sommes qu’au début du mois de juillet…

Mais au-delà des chiffres, il est temps de parler des causes :

Un manque total de considération de la part de la Direction

Un flicage permanent des agents, comme si la confiance était interdite

Un climat de méfiance, où chaque absence, chaque démarche, est suspectée

Un dialogue brisé, ou pire, un dialogue vide de sens, sans écoute réelle ni volonté d’agir

➡️ Résultat : les agents s’épuisent, se désengagent, s’effondrent physiquement et moralement, face à uneadministration qui regarde ailleurs.

Combien de collègues devront encore tomber sous les coups ou sous l’épuisement avant que l’on ouvre enfin les yeux ?

FO JUSTICE LANNEMEZAN EXIGE IMMÉDIATEMENT :

➡️ Le transfert immédiat du détenu Mak…

➡️ Le désengorgement rapide du QD

➡️ La prise en compte des alertes agents, systématiquement ignorées

➡️ Un accompagnement total de notre collègue blessé dans toutes ses démarches administratives

➡️ La peine disciplinaire et pénale maximale pour cette agression inacceptable

➡️ Des mesures concrètes pour soulager les équipes et garantir la sécurité réelle des personnels

➡️ Le retrait immédiat de la mission chariots + auxis cuisines, qui ne relève pas des fonctions des agents QI/QD/QA.

FO JUSTICE LANNEMEZAN apporte son soutien total au collègue agressé aujourd’hui.

Nous saluons la réactivité, le sang-froid et le professionnalisme des agents du bâtiment C.

TROP C’EST TROP : FO NE LÂCHERA RIEN

Il est temps de réagir avant qu’un drame plus grave encore ne survienne. La sécurité des agents n’est pas une option.

En cette période où les feux ravagent nos forêts partout en France, il serait profondément regrettable de devoir mobiliser les sapeurs-pompiers pour autre chose que leurs missions prioritaires.

Lire le communiqué 

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