Le bureau local Force Ouvrière Justice du CP de Fresnes souhaite attirer l’attention sur la situation critique que nous vivons actuellement au CP FRESNES. La surpopulation carcérale atteint des niveaux alarmants, avec un taux de 150 % au 24 février 2025. Ce problème ne se limite pas à Fresnes, mais reflète une crise généralisée dans toute la région parisienne. Malgré cela, notre établissement doit accueillir des détenus supplémentaires en provenance d’autres établissements, également en difficulté.
Nos collègues, que nous tenons à féliciter, continuent de maintenir le service public dans des conditions de plus en plus précaires. Les infrastructures de Fresnes, déjà insalubres, rendent leur quotidien encore plus éprouvant. Par exemple, Fresnes qui est constamment en travaux, ne voit jamais le bout du tunnel. A quand une vraie rénovation de l’établissement ?
Fresnes est devenu un carrefour où stagiaires et agents mutés se succèdent. Cette rotation incessante rend difficile la fidélisation du personnel dans un tel environnement de travail. Pour les nouveaux stagiaires, les logements au petit ou grand foyer représentent une opportunité rare d’accéder à des loyers abordables en région parisienne. Cependant, ces logements au grand foyer sont gérés de manière déplorable par RLF, avec des coupures fréquentes d’eau chaude, de chauffage et d’électricité, sans intervention rapide. Là où des solutions sont vite trouvées pour les détenus. Les surveillants, eux, subissent ces conditions inacceptables. L’administration devrait montrer que le conditions de vie des surveillants sont tout aussi importantes que celle des personnes détenues, en mettant la pression au bailleur RLF sur sa gestion du parc immobilier se trouvant sur le domaine pénitentiaire de Fresnes.
La pression sur les surveillants est immense. Le cycle de travail en 4/2 déjà épuisant ne peux être respecté à la vue du sous-effectif, les heures supplémentaires s’accumulent, et les agents sont souvent rappelés pendant leurs jours de repos, rendant leur vie personnelle chaotique et sans reconnaissance adéquate. Bien que le métier ait évolué, il est crucial de ne pas oublier que la détention reste le cœur de notre métier. Nos collègues affectés en détention, méritent autant de reconnaissance et de bienveillance.
Le manque de formation continue, notamment sur les techniques d’intervention et le self-control, est préoccupant. Autrefois, la force incarnait la loi, mais aujourd’hui, à la moindre occasion, l’administration déclenche l’article 40, retournant souvent la situation contre les agents. Nous dénonçons cette situation et soutenons l’ensemble des collègues mobilisés à Fresnes.
Face à ces défis, Force Ouvrière Justice appelle à une classification des établissements pénitentiaires pour séparer les différents profils de détenus et permettre un travail plus approfondi et sécuritaire en détention. Les récentes arrestations en lien avec le drame d’Incarville de mai 2024 remplissent nos quartiers d’isolement de profils de plus en plus dangereux, augmentant la tension. En attendant cette classification, nous demandons une gestion adaptée à ces profils.
Enfin, pour réduire les risques lors des extractions, Force Ouvrière Justice préconise que la visioconférence devienne la règle et l’extraction l’exception.
Nous restons déterminés à défendre les droits et les conditions de travail de nos collègues de terrain, car ils sont le pilier de notre institution.
Le bureau local FO Justice CP Fresnes tient à féliciter l’ensemble du personnel de Fresnes, tous corps confondus pour leur dévouement au quotidien.