Prison de Châlons-en-Champagne : Vingt mille lieu sous les mers

Nous qui apprécions tant notre navire, reconnu par notre plus haute hiérarchie et l’ensemble des services en visite ou en mission comme un bel établissement avec des personnels compétents, nous ne pouvons désormais que constater son naufrage annoncé et notre impuissance au quotidien malgré les nombreuses bouteilles à la mer, et leur écrit, de ses matelots désespérés qui, comme trop souvent, restent lettres mortes

Des dizaines de cellules infestées par des punaises de lit qui, après avoir envahi une division, se répandent sur le reste de l’établissement faute de réel protocole et d’une véritable prise en charge, autre « qu’à la petite semaine », par nos plus hautes instances.

Des détenus classés au service général sur des postes « confiance » (cantines, vestiaires, cuisines,…) avec des pages de « mauvaises » observations, qui trafiquent éhontément téléphones, PCS et drogues en tous genres, et qui, malgré la reconnaissance de leur culpabilité, ne sont pas déclassés ou sont reclassés sur le même poste, quelque temps après un déclassement au rabais.

Des « voyous » qui commettent des infractions graves vis-à-vis des personnels de l’établissement qui devraient, comme cela se pratique dans les établissements de la DISP GRAND EST, voir au de là, pour qui cela est coutume, être transférés sans délai par MOS mais qui, après le temps de l’oubli, restent sur la MA au détriment des personnels blessés dans leur chair et dans leur être.

Des « perturbes aigus », déjà dénoncés par ailleurs, qui continuent à affluer, sur décisions des tribunaux, alors qu’aucune réelle prise en charge ne peut être mise en place au sein de l’établissement, pour ces détenus qui, dans une autre époque, seraient patients à PEPSDM.

Des activités dignes d’une maison centrale ou d’un centre de détention organisées à tout-va au détriment de la sécurité de l’établissement et des personnels.

Un problème technique laissant, sans émoi ou frayeur, les portes d’accès aux « cales » grandes ouvertes pendant 1 semaine.

Des décisions actées en CSA peu ou jamais mises en place, ni appliquées.

Un service des agents face au mur des lamentations quotidienne des personnels, au bord du gouffre des risques psycho-sociaux, dûs au manque de personnel qui ne cesse de s’accroître et dont le futur s’annonce sombre, mais dont les alertes restent vaines.

Le bateau sombre avec, dans son malheur, des personnels qui, fort heureusement, œuvrent au détriment de leur santé et de leur vie personnelle, lui permettant de ne pas encore avoir atteint « 20 mille lieues sous la mer ».

Il est temps que de véritables décisions soient prises en plus haut lieu. Des décisions nécessaires au sauvetage de notre institution locale. Des décisions qui permettent de rétablir la sécurité de l’établissement et de ses personnels.

Le bureau local attend de sa direction que soient prises des mesures fortes qui permettront de sortir la tête de l’eau plutôt que le « quoi qu’il en coûte » du management par objectif, faire valoir de notre administration, qui nous l’enfonce, de jour en jour, un peu plus.

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