Prison de Caen-IFS : Le SAS – La Cour des Miracles à Ciel Ouvert !

Depuis des semaines, un sentiment d’impunité alarmant règne au sein de la SAS de Caen. Les détenus se présentent désormais devant la commission de discipline avec un sourire provocateur ! La possession de téléphones portables et de produits stupéfiants semble être devenue tout à fait tolérable, puisque la direction a donné consigne par mail de ne pas prononcer de sanctions disciplinaires fermes. Les retours de permission alcoolisés font eux aussi partie de notre quotidien, et de la même façon, les détenus ont droit à plusieurs “beuveries” avant de réintégrer le CP Caen-Ifs. Les agents qui s’efforcent de faire leur travail en procédant aux contrôles de sécurité essentiels, passent pour des surveillants procéduriers, voire pire, pour des guignols n’ayant plus aucun moyen de pression pour maintenir un semblant de discipline ! Cette situation est inacceptable et met en péril la sécurité de tous.

Des Promesses Bafouées et des Risques Accrus

L’amertume de nos personnels ne fait que s’accentuer lorsque nous nous remémorons les belles promesses initiales concernant la sélection des profils. On nous envoie désormais des détenus au comportement violent, à l’influence négative, des personnes ne sachant ni lire ni écrire, des poly-toxicomanes qui passent leur temps à ingérer tout ce qu’ils trouvent pour planer… En somme, une partie des indésirables délestés par notre hiérarchie ! Malgré nos alertes répétées et nos remontées de terrain, la direction continue d’ignorer nos avertissements, nous laissant gérer des situations potentiellement explosives avec des effectifs notoirement insuffisants. C’est une négligence dangereuse qui met en péril notre sécurité et celle des détenus.

“Débrouille-toi, Cher Surveillant Acteur !” : Le Zéro Moyen face aux Vaines Promesses

Et avec tout cela, me demanderez-vous ? La réponse est cinglante : “Débrouille-toi pour organiser des activités gratuites, cher surveillant acteur.” Zéro centime pour les activités, zéro moyen pour un réel accompagnement. On nous vend un projet de réinsertion, on nous parle de résilience, de préparation à la sortie… Mais avec quoi ? Avec quelles ressources ? Avec quels outils ? Une structure censée motiver, stimuler et redonner du sens se retrouve à fonctionner à coups de promesses creuses et d’illusions administratives. Comment permettre à des détenus de se reconstruire si la SAS n’a rien à leur proposer ? À part les faire tourner en rond dans la cour ou leur dire d’attendre patiemment la fin de leur peine, que fait-on concrètement ? Aucune activité structurante digne de ce nom, aucun programme éducatif, et des personnels livrés à eux-mêmes, contraints de faire des miracles avec le néant.

SEMI-LIBERTÉ : Le quartier des multirécidivistes « en réinsertion »

Au quartier de semi-liberté, c’est encore pire. Ce qui devrait être une étape vers l’autonomie s’est transformée en zone grise où la discipline est inexistante et où la JAP (Juge d’Application des Peines) distribue des secondes chances comme des confettis, même après des comportements gravissimes.

  • Drogue dure, évasions, manquements répétés… sans réelles conséquences
  • Des PPSMJ cumulant incidents sur incidents mais continuant à bénéficier du régime de semi- liberté
  • Une gestion laxiste qui met en danger non seulement les surveillants, mais aussi les citoyens.

Nous sommes évidemment favorables à la réinsertion, mais à condition qu’elle repose sur des bases solides et qu’elle ne devienne pas un prétexte à fermer les yeux sur des comportements criminels.

Quel Avenir pour la Réinsertion à Caen ?

Entre les “cadeaux disciplinaires” offerts à la population pénale, les profils inadaptés que nous accueillons sans discernement, et les engagements non tenus en termes de mobilisation de ressources humaines et matérielles par la direction du CP Caen-Ifs, les agents s’interrogent légitimement sur l’avenir de ce quartier censé préparer à la réinsertion. Il est clair que cette gestion irresponsable ouvre grand la porte à la récidive. La structure restera cet été une quinzaine de jours sans personnel de Direction ni officier. Qui gérera cette “Cour des Miracles” pendant ce temps ? Nous exigeons des réponses et des actes concrets pour la sécurité de tous et l’avenir de la réinsertion.

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